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En approuvant le Big Bang et la théorie de l'évolution, le pape François n'est pas si moderne

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 29.10.2014 à 14 h 50

Repéré sur The Independent, The New York Post, The Telegraph, Reuters

Il se contente de renouer avec la position antérieure de l’Eglise sur le sujet.

Le papa François, le 29 octobre 2014, au Vatican | REUTERS/Tony Gentile

Le papa François, le 29 octobre 2014, au Vatican | REUTERS/Tony Gentile

Modernité et Vatican: voilà bien deux images qu'on ne s'attendrait pas à voir accolées. Pourtant, le pape François, en office depuis 2013, y parvient. Et même très bien: il n'y a pas si longtemps, les commentateurs des réseaux se félicitaient de le voir assimiler Internet à un «don de dieu».

Ce 27 octobre, même unanimité pour ce pape qui vient de donner sa bénédiction aux théories du Big Bang et de l'évolution, à l'occasion d'une réunion de la Pontifical Academy of Science, un «organisme indépendant accueilli au Vatican et largement financé par le Saint-Siège», explique le New York Post.

Selon Reuters, le pape aurait ainsi dit à propos du Big Bang –cette théorie qui présume qu'il y a quelques 14 milliards d'année, l'univers s'est créé en s'étandant de façon exponentielle:

«Le "Big Bang", qui est aujourd'hui considéré comme les origines du monde, n'est pas en contradiction avec l'intervention créative de Dieu, au contraire, il la nécessite.»

Quant à la théorie de l'évolution, que certains chrétiens, partisans du créationnisme, remettent en cause, le pape estime selon The Telegraph:

«L'évolution dans la nature n'est pas incompatible avec la notion de création, parce que l'évolution requiert la création de choses qui évoluent.»

Le pape allant même jusqu'à mettre en garde contre une interprétation hâtive de la Création dans la Genèse, où l'on risque, dit-il, «d'imaginer Dieu comme un magicien, avec une baguette magique capable de tout faire.» Et de conclure:

«Mais ce n'est pas ainsi.»

Ces déclarations ont largement été relayées ces dernières heures, de nombreux observateurs soulignant donc la modernité du pape. Une appréciation qui n'est qu'en partie vraie.

Elle l'est dans la mesure où le pape François rompt avec son prédécesseur, comme l'ont noté de nombreux médias, notamment sur le plan du créationnisme, mouvement qui suscitait un positionnement assez ambigu de la part du pape Benoît XVI. Comme le rappelle le site io9, ce dernier affirmait par exemple ne pas voir l'intérêt du conflit entre créationnisme et partisans de la théorie de l'évolution, glissant que cette dernière ne parvenait néanmoins pas «à répondre à toutes les questions».

Mais comme l'écrit toujours io9, ce point de vue tranchait avec la tradition de l'Eglise catholique en la matière, qui «sur les 60 dernières années, a reconnu l'évolution darwinienne». Et le Telegraph de conclure:

«Les remarques du pape sont dans la lignée de l'enseignement de l'Eglise catholique ces dernières dizaines d'années.»

Malgré son aura sympathique, et une communication aux petits oignons (notamment sur Internet), le pape François n'est donc pas si original en matière de sciences, mais se contente de revenir à un positionnement qui est depuis quelques temps celui de l'Eglise.

L'intérêt de cette histoire est donc peut-être davantage à chercher du côté de ce réajustement, de la nécessité de réaffirmer ces positions et donc de l'évolution récente de l'Eglise et de certains croyants.

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