Histoire

Le gouvernement américain employait des nazis pendant la Guerre froide

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 27.10.2014 à 11 h 51

Repéré sur The New York Times, The Atlantic

De nouveaux documents déclassifiés le confirment: le gouvernement américain a protégé et utilisé d’anciens nazis pour espionner l’URSS.

Soldats allemands à Varsovie lors du soulèvement du ghetto en 1943 Photo Wikimedia CC (auteur inconnu)

Soldats allemands à Varsovie lors du soulèvement du ghetto en 1943 Photo Wikimedia CC (auteur inconnu)

Au moins 1.000 anciens nazis ont été employés par la CIA et d’autres agences du gouvernement américain comme espions et informateurs pendant la Guerre froide. Et certains vivent encore aux Etats-Unis.

Eric Lichtblau est journaliste au New York Times et auteur du livre The Nazis next Door. Il révèle dans le journal que de nouveaux documents confirment ce que beaucoup pressentaient depuis les années 1970. Selon le journal, la CIA et le FBI estimaient que «la valeur de renseignement des anciens nazis contre les Russes outrepassait ce que certains appelaient “les défaillances morales” sous le troisième Reich.»

Ainsi, certains nazis, pourtant responsables de crimes de guerre, ont été protégés par les agences du gouvernement américain. En 1980 par exemple, le FBI a refusé de livrer aux chasseurs de nazis du département de la Justice ce qu’ils savaient de 16 personnes suspectées d’être d’anciens nazis vivant aux Etats-Unis.

Tom Soobzokov, que beaucoup accusent d'être un ex-nazi, a longtemps vécu dans le New Jersey. The Atlantic, toujours d'après le livre d’Eric Lichtblau, explique que certains en Russie l’appelaient le «Hitler du Nord Caucase». «Soobzokov répétait à qui voulait l’entendre qu’il était innocent et victime de mensonges», explique l’article, qui rappelle que son nom sera cité à plusieurs reprises dans les journaux à l'époque, créant chez lui une grande inquiétude.

Certains même avaient des postes très importants pendant la Seconde Guerre mondiale. Un ancien officier SS, Otto von Bolschwing, était le mentor et un grand soutien d’Adolf Eichmann, l’architecte de la «Solution finale». Après la guerre, la CIA l’a embauché et l’a installé avec sa famille à New York. Il y vécu tranquillement jusqu’en 1981, année où il dû abandonner sa citoyenneté américaine. Il mourra quelques mois plus tard.

Photo d'Alexandras Lileikis lors de sa naturalisation. Cet ancien officier nazi, impliqué dans la mort de 60.000 juifs, a ensuite travaillé pour la CIA. (Département américain de la Justice)

Au cœur de ces embauches particulières dans les années 1950, deux hommes: Allen Dulles et John Edgar Hoover, respectivement patrons de la CIA et du FBI. Selon des documents d’archive, le premier pensait que «les nazis modérés» pouvaient être «utiles» aux Etats-Unis, et le second a personnellement approuvé l’emploi de certains anciens criminels de guerre.

Pour l’instant, face à ces révélations, ni la CIA ni le FBI n’ont souhaité faire de commentaires. Le livre d’Eric Lichtblau sort mardi 28 octobre aux Etats-Unis.

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