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La Russie a cherché à faire d'Ebola une arme militaire, qu'en est-il aujourd'hui?

Temps de lecture : 2 min

Ebola virus.NIAID via Flickr CC License by
Ebola virus.NIAID via Flickr CC License by

Le 11 octobre, la ministre russe de la Santé a affirmé que son pays serait en mesure de fournir trois vaccins contre le virus Ebola d’ici à six mois. Pendant la Guerre froide, rapporte le Washington Post, la Russie s’était lancée dans un programme de recherche visant à transformer le virus en arme biologique, et l’on ignore ce qu’il en est exactement aujourd’hui.

Le programme aurait compris notamment des prélèvements de sang sur des animaux contaminés. D’après les chercheurs et les autorités américaines, les Russes auraient ensuite tenté de manipuler le codage génétique du virus. Le programme de recherche sur les armes biologiques en Russie a officiellement pris fin en 1991. Comme les Américains, les Russes auraient fini par considérer qu’Ebola était mal adapté à une guerre biologique.

Mais le président russe Boris Eltsine aurait confirmé au début des années 1990 l’existence d’un programme secret. La recherche aurait continué dans les laboratoires du ministère de la Défense, sans que la transparence ne puisse être faite pour affirmer qu’elle n’a plus de but militaire. Le Washington Post recense l’existence de quatre anciens laboratoires militaires en Russie, qui restent fermés aux contrôles extérieurs et éveillent les soupçons:

«C’est une cause d’irritation récurrente dans les relations diplomatiques, et une source d’inquiétude pour les experts de la santé et de la sécurité, qui citent les risques d’expériences solitaires ou non autorisées pour le vol ou la fuite accidentelle de bactéries mortelles.»

Seuls deux cas mortels ont permis d’avoir connaissance de recherches sur Ebola en Russie. En 1996, une technicienne de laboratoire s’est coupée lors d’un prélèvement de sang à Serguiev Possad, dans la banlieue de Moscou.

En 2004, une scientifique s’est plantée par accident dans la main une aiguille touchée par le virus. L’incident, qui a eu lieu au Vector, le Centre national de recherche en virologie et biotechnologie, situé en Sibérie, a soulevé des inquiétudes concernant la sécurité.

Dans le livre The Soviet Biological Weapons Program, le microbiologiste américain Raymond Zilinskas suppose que des formes artificielles du virus, créées par les chercheurs russes, ont été stockées par le ministère de la Défense de la fédération de Russie.

La Russie, de son côté, défend son droit au secret militaire, et souligne que d’autres pays, dont les Etats-Unis, mènent des recherches militaires sur la défense contre les menaces biologiques. Des rumeurs courent également sur d’éventuelles recherches menées par les Etats-Unis en Sierra Leone.

Il n'y aurait néanmoins pas lieu de s'inquiéter sur l'éventuelle utilisation d'Ebola dans une guerre biologique. Le virus ne se diffuse pas rapidement, et son mode de propagation (par les fluides corporels) le rendent difficilement transformable en arme qui passerait inaperçue.

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