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Apple envoie du porno à des développeurs pour leur prouver que leur app peut servir à ça

Temps de lecture : 2 min

«Not safe for work» / Jonathan Lidbeck via FlickrCC License by
«Not safe for work» / Jonathan Lidbeck via FlickrCC License by

Apple n’aime pas le porno (Steve Jobs se vantait qu’Apple nous «libérait du porno»). Et fait tout pour que les applications présentes sur l’App Store ne permettent pas d’en héberger. Même envoyer elle-même du contenu pornographique pour prouver que l’app peut servir à cela. C’est ce que rapporte ReadWrite qui raconte comment l’entreprise à la pomme a envoyé une image «inappropriée» à des développeurs de nGen.

Carl Smith, de nGen, raconte sur son blog:

«C’était un lundi matin comme les autres. Tasse de café et prise de contact avec l’équipe, quand j’ai vu cette conversation sur Hipchat:

“Ne sois pas vilain comme Apple!”

Quand j’ai demandé en quoi Apple avait été vilain, un de nos développeurs m’a répondu : “Ils nous ont envoyé une photo d’un gars en train de se masturber.” [...]

Apparemment, Apple s’est dit que la meilleure façon de nous dire que notre application pouvait être utilisée pour du porno était de l’utiliser pour du porno.»

Evidemment, Carl Smith commence par dire combien il trouve que la politique anti-porno d’Apple est une «bonne chose». Et que donc, bien sûr, son équipe fait tout pour que ses apps ne puissent pas servir à véhiculer un tel contenu. Et qu’il aurait donc compris qu’Apple l’avertisse de la faille dans le dispositif.

Mais Carl Smith est choqué par la méthode employée par la marque de Cupertino.

«Apple nous a envoyé de la pornographie sans chercher à masquer ce contenu et sans nous avertir du tout de ce que nous allions voir. Cela signifie qu'ils ont exposé les employés de mon entreprise à des choses qu'Apple considère comme répréhensible. Comment cela pourrait-il être acceptable?»

Carl Smith détaille ensuite ce qu’Apple aurait pu faire, comme flouter l’image, par exemple.

La photo envoyée par Apple, «censurée» par Carl Smith, qui entend montrer comment Apple aurait pu s'y prendre.

Il continue, pointant la position de force d’Apple:

«Si un employé avait envoyé du porno, nous aurions licencié cet employé. Si un client nous avait envoyé du porno, nous aurions arrêté notre collaboration avec ce client. Mais quand Apple vous envoie du porno, vous ne pouvez arrêter de travailler avec eux sans changer complètement de business model. Ils sont en position de force.»

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Comme nous le rappelions en 2013, «le problème d'Apple avec le porno s'inscrit plus largement dans le problème de nos géants de l'Internet avec le sexe, dont la culture profondément conservatrice impose ses normes désuètes à des milliards d'utilisateurs. C'est ce qu'expliquait Evgeny Morozov dans une passionnante tribune du New York Times en novembre 2012, dans laquelle il estimait que nous étions désormais dans un nouvel âge de la censure. Les algorithmes, qui déterminent automatiquement les limites de ce qui est acceptable culturellement, sont les véhicules de ces normes». Un problème qu’Apple partage avec Google, Facebook et les autres.

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