Culture

«St Vincent», plaisir coupable du week-end pour fans de Bill Murray

Temps de lecture : 2 min

Sorti directement sur Netflix en France, le dernier film avec Bill Murray accumule tous les clichés du cinéma indépendant américain. Tant pis, Bill reste merveilleux.

Bill Murray, l'ami des bêtes
Bill Murray, l'ami des bêtes

Mi-octobre, notre chouchou Bill Murray abandonnait l'animateur David Letterman au beau milieu d'un entretien pour s'entraîner à courir le marathon de New York:

Cette performance absurde était proposée par l'acteur en pleine tournée promo pour la sortie de St Vincent, le premier long métrage de Theodore Melfi (qui n'a hélas rien d'un biopic d'Annie Clark).

Murray y incarne Vincent, un vétéran grincheux et alcoolique qui s'improvise baby-sitter/mentor d'un jeune voisin élevé par une mère célibataire, un dispositif de personnages intergénérationnels qui pourrait rappeler Gran Torino ou Bad Santa.

A ses côtés, on retrouve Naomi Watts et son accent improbable dans le rôle d'une prostituée russe, Chris O'Dowd en professeur-curé, Terrence Howard en requin des paris hippiques et Melissa McCarthy en mère overbookée.

Dans la foulée de cette performance promo improbable, on désespérait alors de ne voir aucune date de sortie en salles françaises prévue. Quelques jours plus tard, surprise: Netflix France annonçait que le film serait mis à disposition de ses abonnés dès le vendredi 24 octobre, soit exactement le même jour que sa sortie américaine!

On s'est évidemment précipité sur le film, et même s'il serait idiot d'affirmer que distributeurs et exploitants français n'ont rien perdu au change, l'absence de St Vincent au cinéma nous semble depuis nettement moins regrettable.

Produit par les frères Weinstein qui s'étaient rués sur le projet une fois l'intérêt de Murray confirmé, le film cumule les artifices et clichés du cinéma américain pseudo-indépendant –à 13 millions de dollars de budget, un tel qualificatif n'a ici aucun sens.

Allers-retours entre comédie et tragédie (mais toujours débordant de bons sentiments), casting généreux (jusqu'aux seconds rôles, peu importe leur intérêt), répliques décalées (mais insuffisantes pour créer des personnages), bande-son gâtée (The National, Bob Dylan, Jefferson Airplane) évoquant plus un iPod en mode shuffle qu'une véritable direction artistique: tout dans St Vincent supplie l'approbation du spectateur, à défaut de prendre des risques ou d'être inventif.

Face à un tel arsenal, difficile de résister totalement à cet anecdotique comédie, quitte à frôler l'overdose de guimauve à mesure que le film approche de sa conclusion. Oui, Bill Murray est une fois de plus impeccable en vieux loser aigri. Et à 64 ans, les occasions de le revoir se dandiner et sautiller comme un ado excité devant une caméra ne se multiplieront sans doute pas.

Rien que pour lui, apprécions donc ce gentillet St. Vincent pour ce qu'il est: une pas si mauvaise excuse pour Bill Murray d'avoir refusé une énième fois de participer à un troisième SOS Fantômes.

Alexandre Hervaud Journaliste

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