Science & santé

Le scientifique qui a tué la plus grosse araignée du monde s'explique

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 24.10.2014 à 18 h 22

Repéré sur The Smaller Majority

Theraphosa Blondi John via Flickr CC License by

Theraphosa Blondi John via Flickr CC License by

En début de semaine, nous vous parlions du scientifique Piotr Naskrecki et de sa rencontre avec un spécimen d’araignée Goliath, la plus grosse espèce d’araignée au monde. Depuis que ses aventures ont été relayées sur la toile au-delà de son blog, le chercheur a reçu des mails menaçants qui l’accusent d’avoir assassiné l’animal, rapporte le site Business Week. Il a répondu à ses détracteurs en préambule de l’article original.

Dans une interview à LiveScience, il avait en effet raconté que l’araignée Goliath avait été capturée et placée dans un musée. Ce qui implique donc qu’elle ait été tuée. Le scientifique a expliqué que la collecte de spécimens pour le Centre pour l'étude de la diversité biologique à l'Université de Guyane faisait partie des objectifs de sa mission, à la demande notamment de l’Agence de protection de l’environnement du pays. Il s’étonne des réactions:

«J’ai vraiment peur pour la Smithonian Institution, cette collection nationale prééminente dans l’histoire de la nature. Si une seule araignée collectée par un scientifique provoque un tel scandale, alors, les 126 millions de spécimens dans son patrimoine justifieront de la réduire en cendres et de crucifier tous les scientifiques qui y travaillent.»

Piotr Naskrecki explique que les collections dans les musées ont une importance pour le travail des chercheurs, mais aussi pour intéresser les générations futures à la nature qui les entoure. Selon lui, même s’il existe d’autres méthodes pour documenter l’environnement (photographies, échantillons d’ADN, etc), aucune ne permet une connaissance aussi complète de l’animal que son corps naturalisé.

«On trouve difficilement une branche de la biologie qui ne repose pas sur l’examen des corps des organismes [...] Les collections de musée [...] sont un cas spécial, très important. Par exemple [...] la propagation de la chytridiomycose, qui décime les espèces d’amphibiens sur toute la planète, a été comprise en examinant des spécimens qui dataient d’il y a cent ans.»

Certains commentateurs s’inquiètent de la menace que représente la collecte scientifique pour l’espèce animale. Le chercheur les rassure: tuer un spécimen ne met pas en danger l’araignée Goliath. Elle n’est ni classée comme protégée ni en voie de disparition. Par ailleurs, «il n’y a absolument aucune preuve qu’un scientifique ait déjà conduit une espèce à l’extinction», ajoute-t-il. L’existence de certaines espèces serait même probablement inconnue pour la génération actuelle si des spécimens n’avaient pas été collectés par le passé.

Quant à ceux qui lui reprochent la cruauté du geste-même, il explique sur Business Week:

«Nous apportons en général les substances prévues pour les euthanasier très en douceur.»

Le scientifique dénonce des attaques «bien-pensantes»:

«C’est très facile de faire une fixation sur le cas individuel d’un organisme délibérément euthanasié. Nous le faisons parce que c’est émotionellement commode [...] mais nous n’aimons pas penser à ces milliards d’animaux et de plantes que nous tuons par le simple fait d’aller chez l’épicier.»

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte