Monde

Le président de l'assemblée qui choisira le prochain Guide de la révolution iranien est mort

Filipa Ioannou, traduit par Grégor Brandy, mis à jour le 24.10.2014 à 11 h 44

Mahmoud Ahmadinejad et l'ayatollah Mohammad Reza Mahdavi-Kani, en août 2008. REUTERS / Raheb Homavandi

Mahmoud Ahmadinejad et l'ayatollah Mohammad Reza Mahdavi-Kani, en août 2008. REUTERS / Raheb Homavandi

L'ayatollah Mohammad Reza Mahdavi-Kani est décédé ce mardi 21 octobre, en Iran, à l'âge de 83 ans. S'il n'était pas un personnage très connu en dehors de son pays, sa mort risque d'avoir des conséquences au niveau international. Mohammad Reza Mahdavi-Khan était le président de l'assemblée des experts, le corps qui choisira la prochain Guide de la révolution. L'état de santé du Guide Ali Khamenei, qui a récemment été opéré de la prostate, pourrait pousser l'assemblée des experts à faire ce choix plus tôt que prévu.

L'assemblée des experts, un groupe qui a été décrit comme semblable au Collège des cardinaux du Vatican, est un corps composé de 86 leaders religieux. Ils sont élus –mais doivent être choisis dans le clergé et être pré-approuvés par un conseil différent de douze experts légaux, nommés par le Guide suprême et le parlement. Bien que la mort de Mohammad Reza Mahdavi-Khan n'ait que peu de chance de provoquer des troubles ou conflits, la composition de l'assemblée des experts a toujours été un indicateur clé de paysage politique iranien et une sorte de mise à l'épreuve de ce qui tiennent le pouvoir politique. 

Mohammad Reza Mahdavi-Khan –«un conservateur modéré» selon AP– est devenu président de l'assemblée des experts en 20011 quand le modéré Akbar Hachemi Rafsandjani s'est retiré de la course pour une possible réélection à la suite d'intenses pressions et menaces de violence de la part de la frange la plus dure des soutiens de Mahmoud Ahmadinejad. Un peu plus tôt en 2014, l'ayatollah Ahmad Jannati, un des membres les plus à droite du clergé et le chef du conseil des gardiens de la constitution qui approuve les candidats à l'assemblée ont vaguement annoncé qu'un complot (supposément pas conservateur) pour régner sur l'assemblée se préparait.

Avec les rumeurs sur l'état de santé de santé détériorant d'Ali Khamenei, et l'idée d'une mort prochaine qui revient –à tel point que son opération de la prostate a été accompagnée d'une grosse campagne de communication censée contrer les ragots–, il n'est pas improbable qu'une transition au sommet de l'Etat se déroule dans un futur proche.

Si et quand cela se produira, la vieille garde de l'assemblée des experts et les gardiens de la révolution islamique devraient se battre pour le pouvoir. Ces derniers –qui sont puissants dans les domaines plus matériels de de l'armée et de l'économie– ont joué un rôle de plus en plus important sous Khamenei, avec qui ils ont lié une relation étroite et de dépendance mutuelle. On ne s'attend pas à ce qu'ils renoncent à ce pouvoir si facilement.

Mohammad Reza Mahdavi-Khan était dans le coma depuis une crise cardiaque, en juin. Depuis, l'ayatollah Seyyed Mahmoud Hashemi Shahroudi a pris sa place en tant que président de l'assemblée des experts et il devrait conserver ce poste jusqu'à l'élection de la prochaine assemblée, début 2016. Bien que Mahmoud Hashemi Shahroudi ne soit pas considéré comme faisant partie de la frange dure, selon les standards iraniens, Al-Monitor précise que la mort de Mohammad Reza Mahdavi-Khan laisse le clergé le plus modéré d'Iran «à la merci de leaders beaucoup plus extrêmes».

Filipa Ioannou
Filipa Ioannou (2 articles)
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