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«Un degré Celsius supplémentaire, cela signifie une hausse de 20% des conflits en Afrique»

Repéré par Alphonse Corone, mis à jour le 23.10.2014 à 15 h 14

Repéré sur Washington Post, The national bureau of economic research

Climate Emergency -Families facing Climate Change/Takver via Flickr CC licence by

Climate Emergency -Families facing Climate Change/Takver via Flickr CC licence by

Le réchauffement climatique entraînerait une hausse de la violence dans nos sociétés.

Le Washington Post rapporte les nouveaux travaux réalisés pars Marshall Burk du National Bureau of Economic Research de Stanford. Alors que depuis plusieurs années déjà ce scientifique met en avant la corrélation entre la hausse des températures et celle de la violence, il a cette fois-ci décidé de clouer définitivement le bec aux sceptiques. Dans son document de travail, Burk a recherché, analysé, et trié un large corpus d’analyses scientifiques traitant de ce phénomène. Il en a finalement gardé plus d’une cinquantaine, les plus sérieuses.

Dans cet ensemble, c’est autant l’augmentation de la température que ses conséquences qui sont prises en compte (hausse des précipitations, ou à l’inverse, sécheresses, par exemple), puis comparées à l’évolution statistique des manifestations de violence. Le rapport est en suite analysé au regard de la zone géographique soumise à une variation de température:

«Pour un degré Celsius supplémentaire, cela signifie une hausse de 20% des conflits en Afrique […] Aux Etats-Unis, l’estimation serait bien plus faible […], nous tablons sur 1% d’augmentation des violences faites aux personnes.»

Selon Burke, il y aurait «moins d’une chance sur un million» que la corrélation soit due au hasard, «c’est comme jouer à pile ou face et obtenir à chaque fois face».

Comment est née une telle relation?

Dans un autre article publié en avril dernier, le Washington Post rappelait que les modifications climatiques, notamment dans les parties sensibles du globe, poussent des populations entières dans la pauvreté et les exposent directement à la violence. Mais ici, c’est un autre aspect de la question qui est mis en avant: le facteur psychologique.

Le professeur Richard Larrick de la Duke Fuqua School of Business, lui-même auteur d'une étude sur le sujet, explique au Washington Post:

«Les recherches en psychologie sociale se sont penchées sur la relation entre température et agression depuis des décennies. Les recherches ont montré que la chaleur modifie la façon dont les gens ressentent les choses, accroissant leur énervement, et donc, la possibilité d’agression.»

Même si pour l’instant la corrélation ne reste que principalement statistique, Burke reste persuadé «qu’il y a une relation très profonde entre l’évolution de la température et les différents types de conflits humains».

Et pour illustrer son propos l'universitaire n'hésite pas à citer William Shakespeare:

«Je t’en prie, bon Mercutio, retirons-nous; la journée est chaude; les Capulets sont dehors, et, si nous les rencontrons, nous ne pourrons pas éviter une querelle: car, dans ces jours de chaleur, le sang est furieusement excité!»

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