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Dès 2008, Poutine aurait proposé à la Pologne un «partage» de l'Ukraine [Démenti]

Temps de lecture : 2 min

Donald Tusk et Vladimir Poutine, le 8 février 2008 à Moscou. REUTERS/Pool/Natalia Kolesnikova.
Donald Tusk et Vladimir Poutine, le 8 février 2008 à Moscou. REUTERS/Pool/Natalia Kolesnikova.

Mise à jour: Finalement, Radek Sikordki ne sait plus trop, ou a été mal compris. Ou les deux. Alors qu'il affirmait dans une interview à Politico que Vladimir Poutine avait proposé en 2008 à Donald Tusk de se partager l'Ukraine, il est revenu sur ses propos, comme le rapporte Reuters:

«On a fait une interprétation abusive du texte, et ma mémoire m'a trompé, car après vérification, il est apparu qu'il n'y avait eu aucune rencontre de ce genre à Moscou entre Tusk et Poutine.»

Retrouvez ci-dessous ce que l'article de Politico expliquait.

Selon l'ancien ministre polonais des Affaires étrangères Radek Sikorski, la Russie avait proposé à la Pologne de participer à une «partition» de l'Ukraine dès 2008.

«Cela a été une des premières choses que Poutine a dit à mon Premier ministre Donald Tusk [futur successeur de Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen, NDLR] quand ce dernier est venu à Moscou» pour la première fois après sa nomination, en 2008, explique le dirigeant dans une longue enquête sur la Russie publiée par le site américain Politico.

«Il a poursuivi en disant que l'Ukraine était un pays artificiel, que Lviv était une ville polonaise et que nous pourrions nous en occuper ensemble. Heureusement, Tusk n'a rien répondu, il savait qu'il était enregistré. [...] Nous avons expliqué très, très clairement que nous ne voulions rien avoir à faire avec ça.»

Lviv, plus grande ville de l'ouest de l'Ukraine avec plus de 700.000 habitants, a été polonaise jusqu'en 1772 sous le nom de Lwow, avant d'être intégrée à l'empire austro-hongrois puis de redevenir polonaise après la Première Guerre mondiale, jusqu'en 1939. Ce n'est qu'en application du pacte germano-soviétique que la ville a ensuite été intégrée à la République d'Ukraine au sein de l'URSS, après l'invasion de la Pologne par les deux alliés.

Ce n'est pas la première fois que des propos belliqueux attribués à Vladimir Poutine sont rapportés par une autre source.

«Si je veux, je peux être à Kiev dans deux semaines», aurait-il lancé fin août au président de la Commission européenne José Manuel Barroso –des propos qui ont ensuite fuité dans la presse italienne.

«Si je le voulais, les troupes russes pourraient arriver en deux jours, non seulement à Kiev, mais aussi à Riga, Vilnius, Tallinn, Varsovie et Bucarest», aurait-il ensuite renchéri lors d'une rencontre avec le nouveau président ukrainien Petro Porochenko –des propos qui, là encore, avaient fuité, cette fois-ci via des documents internes à l'Union européenne.

A chaque fois, le Kremlin s'était insurgé contre la publication de ces propos, parlant de «citation extraite de son contexte» ou de «signes d'une psychose collective».

Slate.fr

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