Culture

Les bandes annonces ne sont plus le meilleur moyen de faire la promo d'un film

Temps de lecture : 2 min

Frozen

«Libéréééééée! Délivréééééée!» Si vous êtes parent, ou si vous traînez sur Internet, ces deux petits mots devraient suffire à réactiver chez vous le souvenir du film Frozen (La Reine des Neiges en français). Particulièrement s'ils sont chantés très forts.

«Let it go» (ou donc, sa version française «Libérée, délivrée») est en effet le marqueur incontournable du dessin animé sorti en 2013 des studios Disney, et peut-être aussi la preuve, à en croire une étude publiée ce mois-ci par la société de marketing en ligne Unruly, que la promo d'un film ne se fait plus par le vecteur de la traditionelle bande annonce.

Cette entreprise spécialisée a examiné quelles vidéos promotionnelles émanant de six grands studios de cinéma (Walt Disney, Warner, Sony, 20th Century Fox, Universal, Paramount) ont été les plus partagées sur Internet sur l'année écoulée. Résultat: les vidéos musicales, mais aussi les très courts clips tournés parallèlement aux bandes annonces pour générer un mini-ramdam autour du film, arrivent en tête des contenus.

Rien qu'avec sa chanson star, et ses multiples interprétations, Frozen et Disney «ont attiré près de la moitié du nombre de vues totalisés par les six grands studios»! Il faut dire que la seule version originale de Let It Go cumule plus de 350 millions de vues (soit dix fois plus que la version française, qui totalise tout de même déjà un beau score).

Les vidéos virales tournées en amont du film Devil's Due (un bébé flippant dans les rues de New York) ou du remake de Carrie, totalisent également un joli score.

Pour autant, cela ne signifie pas, comme le note io9, que la bonne vieille bande annonce est morte. D'ailleurs, celles des gros budgets X-Men: days of future past et The Amazing Spider-Man 2 font également partie des contenus promotionnels les plus partagés.


Mais il faudra désormais compter avec une autre tranche de marketing: celle qui misera sur les blagounettes d'avant sortie, commes les musiques de film. Comme le souligne toujours io9, il suffit de voir l'association de l'artiste Lorde et du prochain opus cinématographique de la série Hunger Games pour s'en convaincre, ou bien encore la place importante donnée au cultissime «Hooked on a Feeling» dans le film Guardians of the Galaxy.

Plus intéressante encore est d'ailleurs la stratégie des studios de cinéma eux-mêmes face à l'engouement que peut susciter un morceau, ou un bout de scénario d'un film. Disney, par exemple, pas franchement connu pour être laxiste en termes de propriété intellectuelle et d'exploitation des produits portant son sceau, n'a pas levé le petit doigt pour faire interdire les innombrables reprises, dans toutes les langues, et parfois vraiment absurdes (comme le mini-hit «Let it poop») du tube de Frozen. Alors même que «YouTube a un système robuste permettant de repérer les atteintes au contenu protégé par le droit d'auteur», rappelle Business Insider. Qui conclut:

«[...] Ces vidéos ont aidé le marketing du film de Disney –en d'autres termes, de la publicité gratuite.»

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