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On ne sait toujours pas qui est Jack l'Eventreur

Jack l'Eventreur attaque une femme. Wikimedia Commons / Domaine public

Jack l'Eventreur attaque une femme. Wikimedia Commons / Domaine public

Septembre 2014: On sait qui est Jack l'Eventreur

Octobre 2014: En fait, on ne sait toujours pas qui est Jack l'Eventreur

Vous êtes perdus? C'est logique. Un peu plus d'un mois donc après la nouvelle de l'identité percée du tueur en série le plus célèbre de l'Angleterre victorienne, le mystère règne à nouveau.

Selon The Independent, le scientifique qui affirmait qu'un coiffeur juif polonais du nom d'Aaron Kosminski était derrière les nombreux meurtres a fait une grosse erreur sur l'ADN. 

C'est le site australien casebook.org qui l'a remarqué le premier, puis quatre experts de l'ADN l'ont mis en évidence: Jari Louhelainen aurait fait une «erreur de nomenclature» quand «il a utilisé une base de données d'ADN pour calculer les chances d'une correpondance génétique. Si cela est avéré, cela prouverait que ses calculs sont faux et que techniquement, n'importe qui aurait pu laisser cet ADN alors que le scientifique affirmait que c'était celui de Jack l'Eventreur».

Le quotidien britannique détaille que la mutation en question aurait dû être «315.1C» et pas «314.1C».

«Si le Dr. Louhelainen avait fait cela et avait suivi les pratiques médico-légales standards, il aurait découvert que la mutation n'est pas rare du tout et qu'en fait, elle est partagée par plus de 99% des personnes de descendance européenne.»

Comme l'expliquent les personnes derrière Casebook:

«La beauté de la science, c'est qu'elle peut être indépendamment testée et vérifiée. Aujourd'hui, il semble que les annonces de M. Edwards (qui a écrit le livre sur la véritable identité de Jack l'Eventreur, d'après les recherches faites avec Jari Louhelainen) doivent être prises avec une beaucoup de recul, tant qu'elles n'ont pas été indépendamment vérifiées et publiées dans un journal réputée.»

A l'époque de la révélation, certains avaient déjà préféré ne pas se réjouir trop vite. Parmi les quatre experts qui donnent tant de crédit à la révélation de Casebook, se trouve ainsi Sir Alec John Jeffreys, un généticien britannique qui a développé des techniques d'empreinte génétique. En septembre, Slate.com relevait son sceptiscisme quant à la découverte de Jari Louhelainen:

«C'est une intéressante mais remarquable annonce qui doit être sujette à une évaluation par les pairs, avec une analyse détaillée de la provenance du châle (sur lequel avait été retrouvé le soi-disant ADN de Jack l'Eventreur) et la nature dudit ADN pour qu'il corresponde aux descendants de l'auteur du crime; pour l'instant, aucune preuve n'a été fournie.»

Retour à la case départ donc. Comme le rappelle le Washington Post:

«En l'espace de 120 ans, le moulin à rumeurs, une armée de détectives amateurs et la machine à fakes britannique a fait circuler de très nombreux noms. On a cru à un boucher, à un docteur et même au petit-fils de la Reine Victoria. Les regards se sont ensuite tournés vers Robert Mann, un employé de la morgue. Ou peut-être était-ce l'artiste victorien Walter Sickert, qui était "lié" –le verbe préféré dans ces affaires– à plusieurs lettres supposément écrites par Jack l'Eventreur.»

A priori, ce n'est pas non plus le coiffeur polonais.

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