Culture

Dix choses que vous ne saviez peut-être pas sur «The West Wing»

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 20.10.2014 à 12 h 35

La série culte sur les coulisses de la Maison Blanche fête ses quinze ans cet automne.

Josiah Bartlet (Martin Sheen) dans «The West Wing».

Josiah Bartlet (Martin Sheen) dans «The West Wing».

Qui aurait cru à l'époque qu'une série télévisée sur les coulisses du gouvernement américain pourrait retenir devant leur poste plus de 17 millions de personnes et devenir culte? Cet automne, À la Maison Blanche (The West Wing), dont le premier épisode a été diffusé le 22 septembre 1999, fête ses quinze ans, et la presse américaine a décidé de souffler dignement ses bougies. Au premier rang, Empire consacre un impressionnant dossier à la série (avec notamment une «histoire orale» en cinq épisodes, forme qu'avait déjà utilisée The Hollywood Reporter en mai), tandis que USA Today a également interrogé plusieurs de ses acteurs ou que Time ressort sa critique de l'époque. Des articles fourmillants d'anecdotes: en voici dix que vous ne connaissiez peut-être pas encore.

1.La bulle .com a aidé au lancement de la série

Le créateur de The West Wing, Aaron Sorkin, raconte à Empire que, lors des projections-tests, le pilote n'avait pas réussi de performances particulièrement impressionnantes auprès du public, mais avait été sauvé par celles réalisées auprès de catégories-clé, dont les Américains disposant d'un accès internet chez eux:

«Cela ne paraît pas très important, mais cela l'était à l'époque. En 1999, nous étions au sommet de la bulle .com, et les gens qui avaient accès à internet chez eux formaient une catégorie qu'il valait le coup de viser.»

2.La série n'a pas été très bien reçue au début

Il est facile de l'oublier quand on en parle des années après et qu'elles sont devenues des classiques, mais certaines séries sont assez mal reçues au début, spécialement quand les critiques les jugent au bout de seulement un épisode. Le magazine Time a ainsi eu la bonne idée de ressortir sa critique de l'époque: «Telle une présidence ambitieuse, À la Maison Blanche oscille brutalement entre l'impressionnant et l'insupportable.» Le New York Times expliquait lui que «The West Wing, une des séries les plus à la mode et anticipées de l'automne, est de loin sa plus grande déception», tandis que le Washington Post la plaçait en dessous de Sports Night, autre création de Sorkin.

3.Martin Sheen n'avait signé que pour quelques épisodes...

Au départ, le personnage du président des Etats-Unis Josiah Bartlet, interprété par Martin Sheen, n’avait pas l’importance qu’il a pris dans la suite de la série. «J’avais signé pour quatre ou cinq épisodes de la première saison, dont le pilote», explique Sheen à USA Today. «La seule condition qu’ils avaient posée était que je ne joue pas un autre rôle de président pendant toute la durée de la série. Je me suis dit: "Quelle est la probabilité que cela arrive?"». En négociant son contrat final, Sheen a notamment exigé que son personnage soit catholique –ce qui n'avait rien d'évident sachant qu'un seul a occupé la Maison Blanche, John F. Kennedy.

4.Alan Alda et Sidney Poitier auraient pu jouer Bartlet

Martin Sheen n'était pas un choix incontestable pour incarner l'homme le plus puissant du monde. Le premier choix des producteurs était Sidney Poitier, avec qui un accord n'a pu être trouvé. Avaient aussi été évoqués Jason Robards ainsi qu'Alan Alda, qui ne souhaitait pas s'engager dans une série au long cours... mais reviendra à la fin dans le rôle du candidat républicain à la Maison Blanche Arnold Vinick. Parmi les autres rôles disputés, notons celui de Toby Ziegler, qu'Eugene Levy (le père de Jim dans la série des American Pie) a longtemps disputé à Richard Schiff.

5.De nombreuses stars de séries actuelles ont fait une apparition

En mai, le site Mental Floss dressait la liste (impressionnante) des acteurs qui ont fait une apparition dans The West Wing et sont aujourd'hui devenus les premiers rôles d'autres séries. En vrac: Ty Burrell (Modern Family), Jane Lynch (Glee), Danny Pudi (Community), Nic Offerman (Parks and Recreation)...

6.Aaron Sorkin n'a jamais regardé les dernières saisons...

Aaron Sorkin raconte que, quand il a quitté la série à la fin de la quatrième saison, Larry David, qui avait lui-même lâché les manettes de Seinfeld en cours de route, lui a expliqué qu'il ne pourrait plus jamais la regarder: «Soit elle va être géniale sans toi, et cela va te rendre malheureux, soit elle va être tout sauf géniale sans toi, et cela va te rendre malheureux.» Le scénariste explique à Empire avoir désobéi pendant les quinze premières secondes de l'épisode suivant son départ («C'était comme regarder quelqu'un en train de se taper ma petite amie») avant de se rendre à la raison. Il n'a jamais regardé aucun des épisodes suivants.

7.... et ne savait pas comment la série se poursuivrait

Sorkin a quitté The West Wing sur un cliffhanger d'anthologie: la fille du président des États-Unis (Elizabeth Moss) a été enlevée par des terroristes, et Bartlet a lâché les commandes du pays à l'imposant président de la Chambre des représentants, incarné par John Goodman. Quand le producteur John Wells lui a demandé ce qu'il avait prévu pour la suite, le scénariste a répondu: «Oh, je n'en ai aucune idée. En fait, c'est une des raisons pour laquelle je démissionne.»

8.Les experts qui ont conseillé aux scénaristes de s'inspirer d'Obama ne pensaient pas qu'il serait élu

On savait déjà que le personnage de Matt Santos, candidat à la Maison Blanche issu d'une minorité (les Latinos, en l'occurrence), était inspiré de Barack Obama, alors depuis quelques mois sénateur de l'Illinois. John Wells raconte une anecdote amusante sur la façon dont des consultants ont conseillé aux scénaristes de s'inspirer du futur président: «En gros, ils nous ont dessiné ce que serait sa stratégie si jamais il devait se présenter à la présidence, tout en nous disant sans cesse: "Cela ne se produira jamais, bien sûr".»

9.À la fin, le républicain Vinick devait gagner l'élection

La septième et dernière saison de The West Wing est pour partie consacrée à l'élection présidentielle opposant Arnold Vinick à Matt Santos. Afin de créer un contraste, c'est le premier qui devait l'emporter, et plusieurs scènes ont alors été écrites pour attirer la sympathie du public envers ce républicain modéré et indépendant d'esprit. La mort de l'acteur John Spencer, qui jouait Leo McGarry, bras droit de toujours de Bartlet et candidat démocrate à la vice-présidence, a convaincu les scénaristes d'inverser le résultat.

10.Une huitième saison était dans les tuyaux

Les producteurs avaient le projet de boucler la série sur une huitième saison qui aurait pu permettre d'examiner plus en profondeur le passage de l'administration Bartlet à l'administration Santos. «Je me disais que peut-être je pourrais être un genre de Jimmy Carter que le nouveau président enverrait dans le Tiers monde où Dieu sait où», explique Martin Sheen à Empire. Là encore, la mort de John Spencer a changé les choses: «Je ne sais pas si NBC nous aurait prolongé une année de plus, mais je les ai appelés et je leur ai dit "Je crois que c'est fini"», expliquait John Wells en mai au Hollywood Reporter.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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