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Le marathon de Pékin aurait-il dû être interdit?

Repéré par Charlotte Pudlowski, mis à jour le 19.10.2014 à 15 h 43

Repéré sur South China Morning Post, Le Monde, Le Monde

Participants devant la porte de Tiananmen à Pékin, le 19 octobre 2014. REUTERS/Stringer

Participants devant la porte de Tiananmen à Pékin, le 19 octobre 2014. REUTERS/Stringer

Dimanche, la pollution formait un duvet blanc sur Pékin, mais le marathon prévu a bien eu lieu: les coureurs portaient des masques pour faire face à la nocivité de l'air.

«La course, de 42 kilomètres, prenait fin au parc Olympique de la capitale chinoise, en ce jour où les immeubles les plus hauts de la ville disparaissaient dans le brouillard grisâtre», rapporte le South China Morning Post. «En fait, si c'était une journée normale, personne ne courrait dans des conditions pareilles» témoigne un participant. «Mais l'événement, c'est aujourd'hui, alors qu'est-ce qu'on peut y faire?»

A Pékin, le 19 octobre 2014. REUTERS/Stringer 

Le comité d'organisation a mis a disposition 140.000 éponges le long du parcours, pour que les coureurs puissent «nettoyer leur peau, exposée à l'air». Le dégré de pollution était élevé au point d'attendre le plus haut niveau sur l'échelle en vigueur; il était même recommandé aux enfants et personnes âgées de rester chez eux. 

Aurait-il fallu interdire ou reporter la course? 

En France, en avril dernier, la question d'interdire le marathon prévu s'était posé. Le Monde rapportait ce mois-là qu'entre janvier et avril, le niveau d'alerte sur les particules fines (PM10) avait déjà été franchi trois fois, et une fois sur le dioxyde d'azote (NO2), ajoutant «Le mois de mars a été marqué par un pic de pollution aux particules fines, contraignant la préfecture de police à imposerla circulation alternée. Se pose dès lors une question: courir le marathon de Paris peut-il être dangereux, en cas de pollution?»

Martine Duclos, chef de service de médecine du sport au Centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand et conseillère scientifique pour le ministère des sports, répondait alors au quotidien: «Les coureurs ont une condition physique et un état métabolique et cardio-vasculaire qui est bien meilleur que la population moyenne française. C'est sûr que la ventilation augmentant pendant cette période, ils vont inhaler un peu plus de polluants. Sauf que la pollution est moins importante [ce qui n'est pas forcément valable en Chine] le dimanche que le reste de la semaine, et c'est sur une durée courte, 3-5 heures. Ce sont des gens qui ne sont pas à risque.»

Mais le niveau de pollution à Pékin est bien plus élevé encore. La concentration en PM2,5 –«les particules les plus dangereuses car, étant de toute petite taille, elles peuvent plus facilement pénétrer dans l'organisme» selon un autre article du Monde– y est bien plus forte: en mars dernier, au moment d'un pic à Paris, le niveau était d'une fois et demi supérieur à Pékin.

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