Culture / Parents & enfants

Les comptines françaises parlent de prostitution, de torture et de cannibalisme

Temps de lecture : 2 min

Un père-Noël et une petite fille dans le Minnesota, le 29 novembre 2002.  Reuters
Un père-Noël et une petite fille dans le Minnesota, le 29 novembre 2002. Reuters

«Il court, il court le furet, le furet du bois, mesdames.

Il court, il court, le furet, le furet du bois joli».

Si vous avez des enfants, vous leur avez certainement chantonné cette célèbre comptine. Vous avez aussi probablement repéré la contrepèterie dans les paroles. (si ça n'est pas le cas, concentrez-vous et chantez-là à voix haute. C'est bon, vous l'avez?).

«Le furet», comme bon nombre d'autres comptines françaises, possède donc un sens caché, une double lecture qui échappe aux enfants mais aussi à beaucoup d'adultes. Avouez-le, vous ignoriez totalement que dans «Une souris verte», le rongeur est en réalité un officier vendéen qui se fait courser puis torturer par un soldat républicain, pendant la Révolution Française.

Sur le réseau social français Sens critique, des membres ont entrepris de décrypter les comptines et d'en révéler l'origine historique, et donc le sens caché. Si dans beaucoup de cas, il ne s'agit que d'hypothèses, il convient pourtant de noter, qu'à l'inverse de la culture anglo-saxonne, la littérature française a toujours abordé des sujets effrayants avec des personnages monstrueux. Il y a peu de tabous dans la littérature jeunesse. Rien d'étonnant donc à ce que les comptines de notre enfance abordent des sujets réjouissants tels que les maisons closes ou le cannibalisme.

C'est le cas de la chanson «il était un petit navire» dont on apprend sur sens critique qu'elle raconte en effet comment des marins ont été à deux doigts de bouffer un collègue.

Au bout de cinq à six semaines,

Les vivres vin- vin- vinrent à manquer Ohé ! Ohé ! (refrain)

On tira à la courte paille,
Pour savoir qui, qui, qui serait mangé, Ohé ! Ohé ! (refrain)
Le sort tomba sur le plus jeune,
Le mousse qui, qui, qui s'mit à pleurer Ohé ! Ohé ! (refrain)
On cherche alors à quelle sauce,
Le pauvre enfant, -fant, -fant sera mangé, Ohé ! Ohé ! (refrain)
L'un voulait qu'on le mît à frire,
L'autre voulait, -lait, -lait le fricasser, Ohé ! Ohé ! (refrain)

Au même instant un grand miracle,

Pour l'enfant fut, fut, fut réalisé Ohé ! Ohé !

(refrain)

Des p'tits poissons, dans le navire,

Sautèrent par, par, par plusieurs milliers,

Ohé ! Ohé !

(refrain)

On les prit, on les mit à frire,

Le jeune mou- mou- mousse fut sauvé,

Ohé ! Ohé !

Résumons: Sur un bateau, des matelots sont menacés par la famine. Ils décident alors de tirer à la courte-paille celui va ca servir de pitance à ses amis. Pas de bol, ça tombe sur un jeune mousse. Mais ce dernier est finalement sauvé quand des centaines de poissons se jettent sur le ponton.

Pour découvrir que «Nous n'irons plus au bois» parle du projet de Louis XIV de fermer les maisons closes pour endiguer une épidémie de MST ou encore que la Mère Michel a bien perdu quelque choses, mais pas son chat, c'est ici.

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