Monde

Tant qu'elles ne seront pas libérées, voici le calvaire que les otages de Boko Haram subiront

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 20.10.2014 à 7 h 58

Repéré sur AP, The Guardian, Time, Newsweek

Les autorités nigérianes viennent d'annoncer un cessez-le-feu avec Boko Haram et une possible libération, alors que la presse internationale a multiplié récemment les articles alarmistes à l'occasion des six mois de détention des jeunes filles.

Des lycéennes philippines en juin 2014. REUTERS/Erik De Castro

Des lycéennes philippines en juin 2014. REUTERS/Erik De Castro

Les plus de 200 lycéennes retenues prisonnières par le groupe terroriste Boko Haram depuis avril pourraient être prochainement libérées, selon le gouvernement nigérian.

Le chef d’Etat-major de l’armée nigériane, Alex Badeh, a annoncé, vendredi 17 octobre, la conclusion d'un cessez-le-feu avec le groupe islamiste armé, tandis que le premier secrétaire de la présidence, Hassan Tukur, a affirmé qu’un accord avait été conclu pour la libération des otages, un peu plus de six mois après leur enlèvement dans le nord-est du pays.

Si elle se concrétise (l'AFP fait encore état de «doutes» et le ministère de la Défense nigérian affirme à l'AP que les négociations sont toujours en cours), cette bonne nouvelle risque d'être vite ternie par les récits des lycéennes. 

Il y a deux semaines, à la fin septembre, le Guardian, dans un article sur la fuite d'une des jeunes femmes détenues par Boko Haram, se voyait raconter par un membre de la «Abuja Family», un groupe de proches et soutiens, «qu'elle était extrêmement traumatisée et incapable de parler ce qu'il appelait "sa torture"».

Cette semaine, Newsweek donnait une idée de ce que vivaient ces jeunes femmes:

«Des premiers témoignages de ce qui est arrivé aux filles ont commencé à peindre un sombre tableau. En mai, Boko Haram a envoyé une vidéo à l'AFP dans laquelle le leader du groupe, Aboubakar Shekau, a menacé de "vendre" les jeunes femmes. Le groupe explique qu'elles n'auraient pas dû être à l'école, mais auraient dû se marier à la place.

"On ne peut qu'imaginer combien sont aujourd'hui enceintes, combien sont malades", raconte Kimberly Brown, une conseillère juridique qui travaille au bureau de Nairobi de Equality Now. "On ne peut même pas commencer à spéculer sur ce qu'elles ont pu vivre."»

Ce ne serait pas la première fois que Boko Haram agirait ainsi. Comme le rappelle Time, des femmes enlevées par le groupe terroriste sont déjà tombées enceintes au cours de leur détention. 

Et comme l'explique un peu plus loin dans l'article soeur Rosemary Nyirumbe, qui gère un atelier de couture à Santa Monica, en Ouganda, où elle aide les femmes victimes d'abus sexuels à reconstruire leur vie avec ces enfants, elles sont souvent marginalisées à leur retour :

«Elever l'enfant d'une personne qui vous a maltraitée est toujours compliqué. C'est pour cela qu'il y a une certaine violence et colère contre ces enfants. Parce que la mère a toujours le souvenir de la douleur qu'elle a endurée.»

Selon elle, les jeunes filles, si elles sont effectivement libérées, auront peut-être des problèmes pour retrouver leur famille et communauté. «Et c'est pour cela que l'éducation sera cruciale pour les aider à avancer.»

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