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Marseille, capitale du coworking

Espace de coworking à Marseille. Crédit: Group union

Espace de coworking à Marseille. Crédit: Group union

Ces nouveaux lieux hybrides, ni bureau ni domicile, séduisent beaucoup de travailleurs indépendants nouvelle génération pour leur aspect collaboratif. A Marseille, les espaces de coworking font le plein.

Devant la cheminée, sur un faux tapis d'herbe verte, quelques playmobils miment un chantier de travail. On jurerait que des enfants les ont laissé ici, après avoir joué avec, mais ce n'est pas le cas. Au-dessus, une fausse pendule est accrochée au mur, juste à côté du frigo orange aux accents vintage et du canapé moelleux recouvert de coussins.

Au milieu de cet univers de récup et d'images rétro découpées dans les magazines, Christophe Gauthier, 39 ans, ancien directeur dans l'industrie automobile pour les pays de l'Est, qui est aujourd'hui l'animateur de cet espace de coworking surnommé Group Union et situé rue de Paradis, en plein cœur de Marseille, déambule comme s'il était à la maison.

«C'est un peu le principe, oui, explique-t-il deux ans après le début de l'aventure dans ce lieu de 150 m2 qu'il loue et où cohabitent 39 membres, de neuf nationalités différentes. On a fait la déco avec ma fiancée, c'est tout simple. L'idée, c'était de créer un endroit où l'on se sentait aussi bien que chez soi, confortable mais amovible...».

Son bureau, sur lequel trône un ordinateur portable et une tablette, est au milieu de l'open space. Une place stratégique pour observer tous les « coworkers», sentir les situations, être à l'écoute. À première vue, on est ici dans une joyeuse auberge espagnole, où il règne malgré tout une ambiance studieuse. Car c'est là tout le principe du coworking: le mélange, l'échange, l'ouverture, en vue de créer de la richesse. «Je dis souvent que le coworking m'a rendu riche... humainement», cabotine Christophe Gauthier, qui ne trouvait plus de sens dans son précédent travail, rythmé par les allers-retours à l'étranger.

L’utopie du bureau partagé

À l'inverse, il a trouvé dans le coworking une version plutôt idyllique d'un «vivre-ensemble» professionnel original, où chacun peut apporter à son voisin ce qui lui manque, le conseiller, le guider, dans un bel élan de solidarité. Utopiste? «Il y a de ça dans le coworking», assure Martine Sousse, 56 ans, à la voix guillerette et dynamique. Ex-cadre d'Orangina, elle a lancé «La Boate» en 2007, le premier espace de coworking à Marseille (dont elle est propriétaire), au même moment que la Cantine à Paris. Pour elle, il y a plusieurs formes de coworking. Et elles ne séduisent pas tout le monde. «Certains ne sont pas restés parce qu'ils ne supportaient pas l'open space. Mais s'il n'y a pas d'open space il n'y a pas de coworking», juge-t-elle.

C'est vrai qu'il faut quand même être un peu fou pour s'embarquer dans une telle aventure, qui dans l'image paraît parfaite, si l'on en croit la plupart des témoignages des convertis. Le concept, lui, est simple. Né en 2005, il se divise en deux pôles: un espace de travail partagé et un réseau d'utilisateurs qui encouragent l'échange et l'ouverture. Fin 2012, on comptait 1.800 espaces de coworking répartis sur les cinq continents. L'Europe est la grande championnne du genre, avec plus de 800 initiatives recensées. La France se classe elle-même au sixième rang mondial, avec 121 lieux en activité, derrière l'Allemagne (230), l'Espagne (199) et l'Angleterre (154).

Démocratisation des nouvelles technologies, développement du free-lance et des auto-entrepreuneurs, besoin de dispositifs de collaboration: les raisons de cette révolution sont nombreuses. Selon l'enquête du magasine Desmak, dédié au coworking, 70% des occupants d'un lieu de coworking en font la promotion, 50% l'ayant découvert par un ami ou collègue, 17% seulement par Internet via Google. Une belle réussite, donc. À noter également qu'il est très rare qu'un coworker utilise son poste de travail plus de 70% du temps.

Les témoignages de ceux qui ont testé cette situation sont, la plupart du temps, très positifs. Ils mettent en avant le côté décalé de cette méthode, l'originalité de la démarche, la créativité qui en découle. Romain Lavagna et son associé ont monté une start-up en 2013: une application mobile de rencontres professionnelles, d'abord appelée Hunear, puis renommée Imet. À 28 ans, son partenaire dans l'affaire avait déjà un lourd passé de web-entrepreneur, alors que Romain sortait à peine de son master en marketing. Ils débarquent près de Belleville, à Paris, et plus précisément à la Mutinerie. 

«Ce qui nous a poussé à travailler là-bas, plutôt que seuls dans un petit bureau ou dans notre appart, c'était surtout un communauté d'entrepreneurs actifs, innovants», raconte-t-il. Et les profils, justement son très variés: «Ça allait de l'ex-trader qui vient en short à fleurs aux anciens de chez Google, développeurs, designers, ingénieurs, graphistes, jeunes entrepreneurs...». On se croirait presque dans un film avec Bill Muray en guest.

«Ca évite de traîner en slip»

«Oui, c'est vrai, il faut être un peu taré pour bosser en coworking», réplique Sébastien Choupas, qui porte un projet de coworking comprenant une galerie d'art, un café et une librairie à Marseille. Il cherche actuellement un lieu, vient de boucler son financement et commence à esquisser des plans avec un architecte. C'est qu'en soi, la méthode n'a rien de naturel. «Je dirais que les problèmes du coworking sont les mêmes que ceux liés à l'open space, témoigne Antoine, qui a travaillé quatre mois à la Ruche, dans le 10e arrondissement de Paris, comme chargé de projet pour Puerto Cacao, qui fabrique du chocolat issu du commerce équitable et s'implique aussi dans des projets d'insertion. Soit il y a un brouhahaha constant, soit il faut parler tout bas, et quand tu as des coups de fil à passer, tu murmures où tu t'éloignes»

Il poursuit: 

«Côté positif, ça permet de faire du réseau, d'échanger des bonnes pratiques sur certains thèmes. Par exemple à la Ruche il y avait plein de mini-conférences où quelqu'un venait partager son expertise ou son expérience sur le crowdfunding, le community management... Pour ceux qui travaillent seul, ça donne aussi un cadre sécurisant et un rythme»

Plus prosaïquement, «ça évite de traîner en slip chez soi, pas lavé, pas rasé et seul au monde...», ironise-t-il.

Derrière la plaisanterie, il aborde le cœur du sujet. Le nouveau marché du travail ne correspond plus aux standards d'autrefois, lorsqu'un salarié entrait dans une entreprise et y gravissait les échelons un à un pour devenir cadre dix ans après son arrivée. Avec 10% de chômage (soit 3,5 millions de personnes), la France est une machine à produire de la crise. Mais paradoxalement, le chômage de masse incite à l'innovation, force certains secteurs de l'économie à se renouveller, alimente l'imagination de ceux qui sont tentés par une aventure personnelle, où ils seraient leurs propres patrons. Sauf que le fantasme se confronte parfois à la réalité. Pas facile de se lancer, surtout lorsqu'on ne connait rien à l'administratif. Et difficile de supporter la pression, la solitude, les doutes, les échecs.

Jérémy Favret n'avait aucune expérience en entreprise avant d'entrer à Group Union, l'espace de coworking marseillais dirigé par Christophe Gauthier. À 26 ans, de retour du Canada, il décide de sauter le pas, et propose des services web: création de site, animation de réseaux sociaux, coaching pour que ses clients augmentent leur influence et leur carnet de commande. Il s'adresse en particulier à des artisans du BTP, de la biscuiterie, de la plomberie ou à des coiffeurs... Bien qu'il ne soit pas développeur, il se lance dans un marché en plein boom. «Tu commences, tu as quelques clients, et tu essaies de développer une solution nouvelle, confie-t-il, en avalant sa boite de pâtes à la tomate à peine réchauffées au micro-ondes, alors qu'il est 17h. Puis tu gères ton administratif, ton statut, tu dois apprendre à faire payer les gens, ce n'est vraiment pas facile d'avoir la bonne attitude».

Au départ, il travaille de chez lui: 

«L'aspect psychologique est fondamental. Après quelques mois, j'étais dans un état lamentable. J'ai enchaîné les burn-out. Trop de stress, d'incertitude, tu es seul chez toi. Tu pètes un cable». 

C'est alors qu'il prend la décision de venir travailler à Group Union, en octobre 2013. «En coworking, tu apprends la vie. Ça devient ta deuxième maison. Ton travail est pacifié, tu résistes mieux à la pression, plus rien ne te fait peur, tu peux tester tes idées, confier tes doutes aux autres, expulser ta frustration...», convainc-t-il. Il a même profité des services d'un coach psychologique au sein de Group Union, qui propose 12 séances pour écouter les problèmes de ces travailleurs d'un nouveau genre, qui échappent aux codes et aux cases du marché traditionnel.

En coworking, tu apprends la vie. Ça devient ta deuxième maison.

Jérémy, coworker

Aujourd'hui, il emploie des graphistes, propose des solutions complètes et adaptées à ses clients. Gagne entre 4.000 et 5.000 euros par mois, en travaillant 13 heures par jour, six jours sur sept (même si certains mois tombent à 800 euros). Le jeune homme jure que son entreprise est arrivée à maturité récemment, grâce au coworking. «Je suis plein à craquer parce que je fais du réseautage», explique-t-il, alors qu'il se lance dans un projet de réseau social d'un nouveau genre. Les contacts, le réseau, c'est ce qui revient souvent dans la bouche des coworkers. Mais sous sa version soft, comme lâvée des oripaux de l'entre-soi qui lui collent à la peau dans le Tout-Paris. Group Union a même mis en place un système de recommandations, avec un profil numérique: celui qui apporte une affaire à un autre touche une commission de 5% si la commande est honorée. Et ainsi, les petits tuyaux débouchent sur du concret.

En coworking, pas une journée ne passe sans que les discussions, sur tout et sur rien ne s'engagent, à l'heure des pauses, du déjeuner... Comme le détaille Christophe Gauthier, de Group Union:

«On voit clairement qu'il y a des groupes qui se créent, des synergies: il y a de plus en plus de projets collaboratifs. 

Souvent, un coworker a une compétence insuffisante et il se connecte, s'allie avec un autre, et le projet se fait ensemble. C'est arrivé cinq fois en un an et demie ici. Un graphiste rencontre quelqu'un qui veut développer une appli Iphone. Mais on a aussi des projets plus atypiques, avec deux architectes qui sont là et travaillent ensemble. L'un sait faire les plans 3D, l'autre ne sait pas».

L'une de ces deux architectes, Virginie, la trentaine décontractée, ne dit pas autre chose. Posée au milieu de l'open space, des papiers autour d'elle, elle défend son nouveau lieu de travail: 

«Avant je travaillais dans un cabinet. Là je suis dans une tout autre ambiance. On dispose d'un réseau, on bosse dans la convialité. Finalement, quand on est chez soi, on n'a pas de recul: le coworking restructure notre énergie et notre travail».

Christophe Gauthier, dont le quotidien est rythmé par la gestion de cette petite communauté alternative, a lui aussi connu les mêmes galères du travail en solo. En quittant l'automobile, il a débarqué dans le sud, s'est mis en indépendant. Très vite, il a déprimé, s'est mis à tourner en rond, à ensevelir son entourage de doutes auxquels celui-ci ne pouvait pas répondre. «Avec le coworking, je mets en avant le lieu pour les mettre en avant eux», esquisse-t-il, quand on lui demande de faire le portrait de son gentil squat professionnel.

Paysage merveilleux, enveloppé d'une douceur de vivre propre à l'entre-soi d'une communauté. On entrerait presque en coworking comme on entre en religion. Sauf qu'il existe aussi quelques points noirs. «Il faut rappeler que ça n'est vraiment pas donné, au moins 300 euros par mois, raisonne Antoine, qui a connu le coworking à Paris. Si tu lances ton affaire et que tu ne gagnes pas d'argent, c'est un sacré poste de dépense». Dans la capitale, les 66 espaces de coworking identifiés pratiquent des prix qui ne sont effictevement pas donnés. Chaque lieu propose sa formule: un ticket à la journée (environ 15 à 20 euros par jour à Paris), trois jours par mois, ou la formule résident avec tout compris et des bureaux fermés.

Tout cela a un coût, d'autant plus que les espaces de coworking ne fournissent pas, contrairement aux incubateurs, de solution ou de conseil sur l'administratif. Une jeune équipe qui tente de monter une SAS ne se fera pas aider sur la partie commerciale ou sur la construction juridique de son affaire. «On n'en a pas les moyens, jure Christophe Gauthier. Et surtout, ça n'est pas dans nos compétences». «Je dis souvent qu'on est un excubateur», confirme Martine Sousse, de la Boate, à Marseille, qui reconnaît que 250 euros, «c'est un poste de dépense conséquent»

«Nous sommes surtout un accélérateur de croissance, continue-t-elle. Chez nous, on a que des projets en amorçage. Beaucoup qui sont en solo et qui ne veulent pas revenir dans la forme traditionnelle du travail. Mais notre objectif n'est pas d'aider les projets à éclore. On permet plutôt à un projet de voir le jour et de se développer: par exemple, on discute souvent d'un nom de marque avec des coworkers».

Nous sommes surtout un accélérateur de croissance

Martine Sousse, propriétaire du premier espace de coworking marseillais

Romain Lavagna souligne cet aspect «brainstorming» important pour les coworkers. Mais qui peut avoir un effet négatif. Paradoxalement, il cible le «surplus d'idée»: «Parfois, on part dans toutes les directions si on écoute tout le monde. Tout le monde n'a pas raison sur tout, explique-t-il. Chaque avis donné sur un projet est personnel et il est difficile de faire le tri. En fait, on est plongé dans une ambiance de travail collaborative si intense qu'il est parfois difficile de se recentrer sur son propre projet, d'avancer comme nous on le sent», dit-il, en appuyant bien sur le «nous».

«Très honnêtement, je n'ai pas vraiment de remarques "négatives" sur le coworking, qui reste une expérience de travail en dehors des codes établis dans la plupart des entreprises, sauf chez les habitués des nouveaux modes de management, comme Google, par exemple.  Mais je pense que le coworking peut être déroutant si l'on est pas habitué à travailler en tant que freelance, ou si la notion d'entrepreneuriat nous est étrangère»

Malgré cela la France rechigne encore à stimuler et promouvoir ce marché du petit entrepreunariat. Pour preuve, la polémique sur le statut d'autoentrepreneur, qui a enflammé les débats notamment à Marseille, où le jeune Adrien Sergent a lancé un pavé dans la mare en créant le collectif des «poussins» pour défendre ce statut.

«Beaucoup d'idées reçues circulent sur ce marché, où l'on estime le salariat déguisé à 5% du nombre total», explique-t-il. «L'autoentrepreunariat, c'est la voie royale vers la création de sa boîte», jure Martine Sousse, qui en accueille beaucoup à la Boate.   

Mais comment inciter ceux qui, justement, n’entrent pas dans les cases du marché du travail classique? Les coworkers sont certains de l'utilité de ce mode de travail: reste maintenant à convaincre les politiques et les institutions publiques...

Une prise en compte tardive des pouvoirs publics

Rodolphe Uhlmann est ingénieur physicien et travaille à l'Agence régionale pour l'Innovation et l'Internationalisation des Entreprises en région PACA (Arii). Pour lui, il faut inciter le secteur du coworking:

«La question n'est pas “faut-il ou non financer les espaces de coworking avec des fonds publics?”, mais plutôt “qui sera l'animateur du prochain espace qui sera installé sur notre territoire?”».

Du côté de la mairie de Marseille, on joue la carte du volontarisme, sans vraiment réussir à démontrer l'utilité des politiques publiques: «Notre objectif est de faire baisser le chômage, explique Didier Parakian, adjoint à l'Economie. Naturellement, on facilite ce genre d'initiatives, on les stimule. C'est ainsi que le chômage est passé de 22% à notre arrivée en 1995 à 13% aujourd'hui...».

S'il s'accorde sur le bien fondé du coworking pour lutter contre la crise, les moyens mis en place au niveau municipal restent assez maigres: à Marseille, seuls 5 espaces de coworking ont vu le jour. Toutefois, la ville est en pointe dans le secteur de l'innovation, des médias, des nouvelles technologies, avec comme vitrine le Pôle Médias de la Belle de Mai, dans le 3e arrondissement de Marseille, où se tournent notamment la série Plus Belle la Vie: «Nous pratiquons là-bas des prix qui défient toute concurrence, notamment pour les jeunes start-up qui se lancent, avec des prix de location plus faibles», raconte Didier Parakian. Seul hic: il n'y a aucun espace de coworking dans ces locaux...

«Nous avons lancé un programme de vente de foncier et allons mettre 100.000 m2 à disposition pour attirer de nouvelles entreprises sur Marseille, continue Didier Parakian. Dans tous ces lieux, il pourra y avoir des espaces de coworking, comme à la Belle de Mai 2, que l'on prépare également...».

Mais le véritable enjeu pour la ville se situe juste à côté, à la Joliette. Ici, l'Etablissement public Euroméditerranée présidé par le vice-président du Conseil régional Bernard Morel, a lancé un vaste projet de rénovation urbaine. Dans ce périmètre qui va du nouveau MuCem à la Gare Saint-Charles, il n'y a pas encore d'espace de coworking. Et pourtant, 4.500 sociétés y sont déjà installées. Les freelances n'ont donc aucune possibilité de devenir coworker. Ce qui a intrigué les responsables d'Euroméditerranée: «Depuis un an, on observe attentivement ces nouvelles manières de travailler, qui correspondent notamment aux entreprises du numérique, témoigne Sarah Bony, chef de projet à Euroméditerranée. On a donc mis en place un atelier éco-cités qui mène une réflexion sur les tiers-lieux, pour mettre en résonnance les besoins actuels et les volontés publiques, définir les besoins des uns et des autres, imaginer des solutions». Et surtout réunir les acteurs du marché avec les responsables institutionnels.

L'idée, c'est d'avoir un lieu emblématique, qui apporte à la fois des services numériques au quartier et accueille tous les opérateurs. Une tête de pont, en somme, sur lequel, pour l'instant, il existe un immobilier largement adapté à l'activité du coworking. Christophe Gauthier, de Group Union, a participé aux premiers ateliers thématiques: «Tout est encore à construire, si l'on peut dire». Dans une ville où le foncier est déjà largement saturé, les nouveaux espaces immobiliers s'arracheront surement à prix d'or. Les négociations, elles, ont déjà commencé.

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