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La radicalisation djihadiste ne doit pas être criminalisée mais soignée, comme l'alcoolisme, selon un psychiatre britannique

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 17.10.2014 à 12 h 37

Repéré sur Telegraph

Combattants du groupe appelé Etat islamique en Irak et au Levant paradent dans la ville Tel Abyad, en janvier 2014, près de la frontière avec la Turquie. REUTERS/Yaser Al-Khodor

Combattants du groupe appelé Etat islamique en Irak et au Levant paradent dans la ville Tel Abyad, en janvier 2014, près de la frontière avec la Turquie. REUTERS/Yaser Al-Khodor

Les adolescents britanniques partis faire le djihad sont dépressifs et souffrent de solitude, selon Kamaldeep Bhui, professeur en psychiatrie et en épidémiologie à l’université londonienne Queen Mary. Après avoir interrogé plus de 600 personnes au sein de la communauté musulmane de Bradford et de Londres, Kamaldeep Bhui a conclu que la radicalisation ne devrait pas être criminalisée mais être soignée de la même façon que l’alcoolisme ou la toxicomanie, rapporte le Telegraph.

«Ceux qui avaient de la sympathie pour l’Etat islamique (Daech) étaient principalement jeunes, instruits et ont grandi dans un foyer plutôt aisé. Il y avait davantage de chance qu’ils soient isolés et déprimés, raconte Kamaldeep Bhui. Il y a une part de naïveté juvénile [dans leurs discours]. (…) Ils n’ont jamais connu la charia ou un califat, et quand ils s’en vont c’est la désillusion.»

Les jeunes femmes sont tout aussi susceptibles de se radicaliser, selon le chercheur. Des douzaines de femmes sont en effet soupçonnées d’avoir quitté le pays pour épouser des djihadistes d’après le MI5, service de renseignements britannique.

Pour contrer ce phénomène, Kamaldeep Bhui suggère un rapprochement avec les institutions religieuses locales:

«Ces jeunes sont déconnectés de leur famille et de leurs origines, c’est une bonne chose [de rejoindre une mosquée] pour avoir accès à un enseignement de l’islam plus orthodoxe.»

Dans un discours tenu le 1er octobre, à l’occasion d’une conférence organisé par les conservateurs, David Cameron annonçait que les ressortissants britanniques partis rejoindre une organisation terroriste seraient traités comme des ennemis de la nation.

Déjà un mois auparavant, le Premier ministre faisait part de sa volonté de faire voter de nouvelles lois qui permettraient de priver les ressortissants britanniques de retour de Syrie ou d'Irak de leur nationalité, y compris ceux qui n'en ont pas d'autre.

En plus de se heurter à la législation internationale au sujet de l’apatridie, cette mesure serait une «catastrophe», selon Kamaldeep Bhui, car cela reviendrait à les renier comme citoyens britanniques.

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