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Mesdames, arrêtez de vous excuser au travail

Temps de lecture : 2 min

Et si le fait de s’excuser au bureau, au lieu d’être un moyen d’apaiser les conflits, était en réalité négatif pour vos relations avec vos collègues? C’est en tout cas la conclusion de l’expérience menée par Gabrielle Moss.

National Apology Day Photo Flickr CC by butupa
National Apology Day Photo Flickr CC by butupa

La journaliste Gabrielle Moss, à qui l’on reprochait de trop s’excuser, a décidé de ne plus le faire pendant une semaine. Et les résultats de son expérience, qu’elle relate sur le site Bustle, sont étonnants.

Pendant des années, Gabrielle Moss passait son temps à s’excuser, que ce soit pour des rendez-vous manqués, des dossiers mal triés…

«Pendant longtemps je me suis inquiétée de ne pas être assez maligne ou douée pour trouver ma place dans le monde du travail, et avec cette expérience je me suis rendue compte que j’exprimais justement ce sentiment-là à mes patrons en m’excusant constamment.»

Malgré quelques réticences à l’idée de passer une semaine sans s’excuser, elle s’est vite rendue compte que ce comportement était bien plus bénéfique qu’on ne le croyait. La journaliste trouvait des alternatives aux habituelles excuses dont elle abusait par le passé. «Au lieu de dire que j’étais désolée parce que le papier que j’écrivais était en retard, je disais simplement qu’il serait prêt bientôt», explique-t-elle.

Comme le montre une étude canadienne, relayée dans l’article, le seuil à partir duquel les femmes estiment qu’un comportement est offensant est plus bas que celui des hommes. Autrement dit, elles auront tendance à s’excuser plus facilement. Les hommes, à l’inverse s’excuseront moins, voire jamais, sans que cela leur pose pour autant de problème dans leur travail.

En juin dernier, une campagne publicitaire de la marque Pantene, dont Forbes s’est fait l’écho, posait la question: «Pourquoi les femmes s’excusent-elles tout le temps?» «C’est devenu normal dans notre culture, on ne se rend même plus compte qu’on le fait», explique le journal.

Et c’est un souci pour Gabrielle Moss, qui a également constaté, tout au long de sa carrière, qu’une femme qui s’excuse trop ou qui ne s’excuse jamais a tout à y perdre:

«Excusez-vous constamment, et tout le monde vous trouve ennuyante, pleurnicheuse et avec peu d’estime de soi; ne vous excusez jamais et vous êtes simplement une connasse.»

A la fin de sa semaine de diète de l’excuse, un constat s’impose: trop s’excuser ne vous protège pas, au contraire, cela vous affecte:

«Je ne sais pas si arrêter de m’excuser au travail va complètement changer ma vie, mais je pense que ça va m’aider à réaliser que mon existence n’est pas une chose dont je dois m’excuser.»

Aux Etats-Unis, la question des excuses formulées au travail s’inscrit dans un débat plus large autour du «fossé de confiance» dont sont victimes les femmes au travail. Pour The Atlantic, dans une large enquête consacrée au sujet, l’explication vient d’une habitude récurrente chez les femmes:

«Beaucoup de femmes ont souvent tendance à prendre la responsabilité pour elles quand quelque chose va mal, alors qu’elles créditent les autres, ou les circonstances, pour leurs succès. Les hommes semblent faire l’inverse.»

Slate.fr

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