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Freud et le roman familial: l'art du désir

Hicham-Stéphane Afeissa et Nonfiction, mis à jour le 16.10.2014 à 18 h 18

Un recueil de textes du père de la psychanalyse qui permet de mieux saisir la signification centrale du concept de roman familial.

Rêve d’enfant - Sigmund Freud / Steve C via FlickrCC

Rêve d’enfant - Sigmund Freud / Steve C via FlickrCC

Le Roman Familial des Névrosés
Sigmund Freud

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«La vieille affirmation selon laquelle la nervosité croissante serait un produit de la civilisation exprime au moins la moitié du véritable état de choses», déclarait Freud en 1913[1]. Autrement dit: une telle proposition, qui fait porter la responsabilité du refoulement à la culture, est à moitié vraie, c’est-à-dire aussi bien à moitié fausse. On n’a peut-être pas bien mesuré le renversement doctrinal qu’emporte une telle déclaration, et la rupture qu’elle implique avec les hypothèses culturalistes que Freud lui-même a avancées jusqu’au début des années 1910. Car pendant longtemps Freud s’est pleinement satisfait du schème explicatif consistant à invoquer un «renoncement culturel aux pulsions» pour rendre compte de la formation des névroses, avant de se rendre compte des insuffisances d’un tel modèle et de travailler à l’élaboration d’un tout autre, au sein duquel le concept de «roman familial» va jouer un rôle déterminant. Aussi est-il nécessaire, pour pouvoir élucider le sens d’un tel concept, de présenter le cheminement qui a conduit Freud a renoncé à sa propre théorie du «renoncement culturel aux pulsions» et à se tourner vers l’«autre moitié du véritable état de choses» que le modèle culturaliste se montrait incapable d’exprimer.

Le dessein culturel de la répression des pulsions

Selon le schéma d’explication culturaliste, la répression pulsionnelle doit être tenue pour le principe fondateur secret de la culture. Cette dernière est construite, selon Freud, sur la répression des pulsions, elle est édifiée sur le refus de leur donner une satisfaction. La culture doit être comprise comme un système d’interdictions qui prive la pulsion sexuelle de satisfaction et provoque un état de frustration. Par conséquent, les progrès de la culture présupposent un enfermement de la sexualité dans l’ordre de ses exigences.

Que faut-il entendre par l’idée d’une «domestication» de la sexualité? La culture, explique Freud, n’impose évidemment pas une frustration totale, mais elle impose, ce qui est très différent, un certain type de satisfaction, elle prescrit les modalités selon lesquelles il est possible de donner une satisfaction à la pulsion sexuelle. La culture, autrement dit, invente et impose des règles du jeu de la sexualité: de tout temps, elle a investi la sexualité et en a fait un objet de codification morale.

En quoi pareille «domestication» s’avère-t-elle nécessaire à l’édification d’une culture? Pourquoi cette dernière exigerait-elle un renoncement aux pulsions? A cette question, Freud a d’abord été tenté d’avancer la réponse suivante. Lorsqu’une pulsion n’obtient pas satisfaction, la force qui l’anime sert ordinairement à la formation de névroses, mais elle peut également être disponible pour d’autres tâches. Les pulsions sexuelles insatisfaites peuvent être déviées de leurs buts sexuels et dirigées vers des buts socialement plus élevés et non plus sexuels, en vertu d’un processus auquel Freud donne le nom de «sublimation».

La sublimation, en tant que dérivation des prédispositions sexuelles qui sont restées entravées, est le ressort fondamental de la culture dans la mesure où c’est elle qui fournit la plus grande part des œuvres de la civilisation. Tout se passe comme si l’homme était condamné, sous l’aiguillon d’un certain manque chronique, à faire quelque chose. La curiosité sexuelle, par exemple, se prête à être détournée (entendez: sublimée) en direction de l’art, lorsqu’il devient possible de détacher des parties génitales l’intérêt qu’elles suscitent pour le diriger vers la forme du corps dans son ensemble. La sublimation, de manière générale, peut être comprise comme un contre-refoulement, comme un moyen de tirer un bénéfice de la frustration qui nous est imposée.

On saisit par là même pour quelle raison la culture est censée s’édifier sur la répression des pulsions sexuelles, puisque c’est elle qui libère l’énergie qui permettra à une culture de se construire par voie de sublimation des intérêts sexuels. Toute culture, en tant que telle, implique la répression, de sorte que l’alternative est la suivante: soit la répression, et alors la voie de la culture est ouverte, soit la libération des pulsions, et c’est alors la route de la barbarie. Dans le cadre de ce premier schéma d’explication culturaliste, Freud appelle de ses vœux l’avènement d’une culture qui réprimerait les pulsions en évitant la formation des névroses et en favorisant la sublimation des pulsions. Le névrosé est celui qui a échoué à convertir au bénéfice de la culture ses pulsions sexuelles insatisfaites. Freud ambitionne d’élaborer un compromis qui, en diminuant la part de refoulement, augmenterait la part de sublimation, se traduisant par un véritable gain culturel.

Le destin culturel de la pulsion sexuelle 

Mais, aussi puissant que soit ce modèle à certains égards, il est miné par une contradiction interne. En effet, si la culture est à l’origine de la répression des pulsions, qui dérive de cette répression la force nécessaire à sa propre édification, n’est-elle pas alors à la fois cause et effet d’elle-même? Si l’on fait l’hypothèse d’une répression culturelle pour rendre compte de l’édification de la culture, comment éviter de tomber dans une régression qui obligerait à remonter sans fin la chaîne des causes et des effets? C’est de cette difficulté que Freud semble avoir pris conscience au début des années 1910, le contraignant à réviser en profondeur son première modèle d’explication et à avancer l’idée neuve, non plus d’un dessein culturel de la répression des pulsions, mais d’un destin culturel de la pulsion. A la lumière de ce nouveau modèle d’explication, il convient de dire que la sublimation est, non pas une réaction à un état de frustration subi, mais une destination que la pulsion atteint en passant par la frustration voulue. Le refoulement n’est pas un effet second de la frustration, il est originaire, et c’est ce que veut dire Freud lorsqu’il écrit qu’«il y a quelque chose dans la nature même de la pulsion qui n’est pas favorable à la pleine satisfaction»[2]. Le refoulement n’est pas l’effet d’une intériorisation des interdits; la sublimation n’est pas ce qui rend légitime après coup la frustration; c’est en vue de la sublimation que, depuis l’origine, la frustration se produit. C’est à l’origine que la pulsion est coupée de la satisfaction qu’elle vise. Il y a un raté originaire, un déphasage originaire, quelque chose d’originairement «cafouilleux», comme le disait Lacan, dans la sexualité humaine.

La sexualité des hommes est un fait de culture. Il y a une pulsion et une seule qui est capable d’être détournée de son but –mieux: qui est capable de se détourner elle-même de son but–, pour viser autre chose que ce qu’elle vise, une pulsion capable de bifurquer, et c’est la pulsion sexuelle. Le destin de la pulsion sexuelle, chez l’homme, n’est rien d’autre que la culture. Ce que Freud demande alors, dans le prolongement de son premier modèle d’explication culturaliste, est que l’on prenne enfin au sérieux cette particularité anthropologique dans le cadre d’une «éducation sexuelle» dont il commence alors à former le projet. Qu’enseignerait-on au juste?

«Nos meilleures qualités, répond Freud, ont crû, comme formations réactionnelles et sublimations, sur le terrain de nos pires dispositions. L’éducation doit se garder soigneusement de tarir ces précieuses sources de forces et de se limiter à favoriser des processus par lesquels ces énergies sont conduites sur les bons chemins».

Les professeurs d’éducation sexuelle devront s’attacher, autrement dit, à aider la pulsion à accomplir son destin culturel, ils devront favoriser les processus de sublimation en offrant un autre objet à la pulsion sexuelle. Cette éducation interdira elle aussi, elle réprimera, mais de sorte à rendre impossible la formation de névroses et à favoriser la sublimation. Elle devra trouver son chemin entre la répression à effets dommageables qui est celle de la culture telle qu’elle existe à ce jour, et le laissez-faire qui empêche la pulsion de réaliser son destin culturel.

L’éducation sexuelle ne visera donc pas du tout à promouvoir une quelconque libération sexuelle, mais à une conversion des intérêts sexuels au bénéfice des intérêts pour la culture. Par conséquent, l’éducation sexuelle dont il est question ne désigne pas un enseignement spécifique, mais l’horizon d’une réforme de la culture s’employant à faciliter la sublimation des pulsions, laquelle n’est possible qu’à la condition de donner aux pulsions un objet qui soit à leur mesure, un objet dont elles puissent s’emparer et qu’elles puissent investir avec autant de passion et d’énergie que l’objet sexuel. L’éducation doit pouvoir susciter des objets du désir dans l’ordre du savoir.

Scène primitive, fantaisie originaire et roman familial

Quel est le sens du concept de «roman familial» dans ce dispositif théorique? Dès lors que l’on a compris que la culture a toujours-déjà prise sur nous, le refoulement demande à être interprété comme étant un effet second d’une disposition originaire à refouler. Le refoulement ne mutile pas le désir en lui contestant son objet ou la légitimité de son but, parce que le désir est toujours-déjà entamé. Le désir a toujours-déjà rompu avec son objet, de sorte que l’on peut bien dire que la perte est ici antérieure à ce qui est perdu.

Par conséquent, le refoulement n’est jamais que l’amorce conjoncturelle et occasionnelle d’une disposition originaire à refouler que l’on peut comprendre comme la marque d’une destination culturelle. C’est pourquoi également la réalité historique de l’événement épinglé par le sujet comme traumatique (consciemment ou pas) n’a, pour Freud, à partir des années 1910, plus guère d'importance: la scène primitive (Urszene) –scène précoce où s’est noué le conflit primitif, en référence à laquelle s’est mis en place le refoulement originaire, et qui a donc décidé de l’évolution libidinale du sujet– n’a vraisemblablement aucune réalité historique. Que ce soit le spectacle du coït parental, un acte de séduction par le père, la mère, le frère, un étranger, etc., que ce soit la menace de castration elle-même, tout cela relève, aux yeux de Freud, de la catégorie de «fantaisies originaires».

«L’observation du commerce amoureux des parents, écrit Freud en 1915, est une pièce rarement absente du trésor des fantaisies inconscientes que l’on peut retrouver par l’analyse chez tous les névrosés, vraisemblablement chez tous les enfants des hommes. Ces formations de la fantaisie, celle de l’observation du commerce sexué parental, celle de la séduction, de la castration et d’autres, je les appelle fantaisies originaires.»[3]

Il importe donc peu de savoir si les scènes de séduction, l’observation du commerce amoureux des parents, etc., ont réellement eu lieu (même si leur effectivité n’est pas cliniquement négligeable). Les fantaisies originaires sont largement indépendantes du vécu du sujet, elles sont l’expression de la disposition originaire à refouler qui s’accroche à n’importe quel matériau visuel ou auditif, dûment réinterprété, pour donner matière après coup au refoulement.

«J’ai découvert ce qui me manquait dans le problème de l’hystérie, notait Freud dès 1897, c’était une nouvelle source d’où découle un élément de la production inconsciente. Je veux parler des fantasmes hystériques qui, chaque fois, je le constate, se rapportent à des choses que l’enfant a entendues de bonne heure et dont il n’a que longtemps après saisi le sens».

Ou encore, à la même époque: «Elaborées à l’aide de choses entendues qui ne sont utilisés qu’après coup, les fantasmes combinent les incidents vécus, les récits de faits passés (concernant l’histoire des parents ou des aïeux) et les choses vues par le sujet lui-même»[4]. Des bruit sourds provenant de la chambre des parents sont réinterprétés des années plus tard, pour les besoins de la cause, dans un sens érotique; l’observation du commerce sexuel animal est réutilisée pour fournir le matériau visuel de la fantaisie d’enfance de l’observation du coitus a tergo des parents:

«La scène d’observation du commerce sexuel des parents dans une enfance très précoce (…) n’est en vérité pas une rareté dans les analyses de nos frères humains névrosés. (…) Cependant, chaque fois que j’ai pu par analyse faire dérouler une telle scène, elle présentait cette même particularité de se rapporter à un coitus a tergo qui seul permet au spectateur l’inspection des organes génitaux. Il n’y a donc pas lieu de douter plus longtemps qu’il s’agisse là seulement d’une fantaisie, que suscite peut-être régulièrement l’observation du commerce sexuel animal.»[5]

Seul compte dans la scène primitive, non pas l’événement déclencheur lui-même, mais le sens qu’il revêt dans l’histoire que le sujet raconte à propos de son propre désir. L’intérêt de la scène primitive tient à la façon dont la disposition originaire à refouler donne une consistance biographique rétrospective au refoulement. Par les fantaisies originaires présentées comme souvenirs d’enfance, le sujet indique simplement de quelle manière son désir s’est organisé, autour de quel objet fondamental dans l’économie de sa libido (le père, la mère, le phallus, etc.) il s’est organisé.

En s’articulant les unes aux autres, les fantaisies d’enfance prennent les dimensions d’un véritable roman familial. La sémantique du désir, pour Freud, est structurellement narrative: le sujet du désir se fait littéralement son cinéma, il se raconte des histoires. Le névrosé n’est pas simplement quelqu’un qui a des problèmes avec son affectivité, c’est quelqu’un qui a un problème avec la structure même d’administration de sa vérité: ce n’est pas un simulateur, pas davantage un menteur, il dit la vérité, mais il a besoin, pour la dire, d’une fiction ou d’un mythe.

Mythologie et littérature en psychanalyse

De ce point de vue, Wittgenstein est parfaitement fondé à présenter la psychanalyse comme la mythologie des temps nouveaux: le mythe n’a-t-il pas vocation étiologique, en tant qu’il se donne pour fondement événementiel d’explication? Le mythe n’est-il pas un enchaînement de motifs à valeur explicative?

«Freud, écrit-il, a proposé un nouveau mythe (…). Par exemple, l’idée selon laquelle toute anxiété est une répétition de l’anxiété à laquelle a donné lieu le traumatisme à la naissance, a un caractère attrayant qui est précisément le même que celui qu’a une mythologie. ‘Il n’y a là que l’aboutissement de quelque chose qui s’est passé il y a longtemps’»[6].

Elle offre une explication en tant qu’elle procède à une réduction, mais elle est de type mythologique en tant qu’elle est assortie d’une projection dans le temps qui réfère l’explication à un procès. La psychanalyse assigne à son patient une structure tragique comme organisatrice de sa personnalité. Aussi n’est-il pas étonnant, remarque encore Wittgenstein, que la psychanalyse ait rencontré un tel succès: comment résister à la séduction de l’idée d’un monde souterrain, d’un caveau secret, par la part d’ombre de chacun? La psychanalyse a offert «un dédale dans lequel s’égarer». Ce n’est pas malgré le mystère, mais bien à cause de lui qu’on y croit: «Il y a une masse de choses que l’on est prêt à croire parce qu’elles sont mystérieuses». Le contrat entre le psychanalyste et le malade est celui que passent celui qui a besoin d’un mythe et celui qui lui garantit son mythe.

Mais ce que Wittgenstein ne comprend pas, c’est que, en lui garantissant son mythe, en cherchant avec le malade à le reconstruire, le psychanalyste ne fait que prendre son patient au sérieux, sans le tenir pour un fabulateur. Si la fascination pour l’idée d’un monde souterrain ne date effectivement pas d’hier, ce qui est en revanche nouveau, c’est la manière dont certains d’entre nous s’inventent un roman familial pour se comprendre eux-mêmes et produire la vérité de leur désir. La mythologie définit un nouveau mode de subjectivation, et c’est parce que la psychanalyse est la première à l’avoir compris qu’elle devait être, à sa façon, mythologique.

Schopenhauer pourrait légitimement être tenu, sur ce point comme sur d’autres, pour un devancier de Freud, lui qui soulignait en passant, dans Le monde comme volonté et comme représentation, la dimension narrative ou fictionnelle de certaines maladies mentales:

«Je suppose qu’un fou évoque une scène du passé et lui donne toute la vivacité d’une scène réellement présente; il y a dans un pareil souvenir des lacunes; le fous les remplit avec des fictions. (…) C’est pour cela qu’il est si difficile, lorsqu’un fou entre dans une maison d’aliénés, de l’interroger sur sa vie précédente. Le vrai et le faux se confondent de plus en plus dans sa mémoire. Le présent immédiat a beau être sainement connu, il n’en est pas moins faussé par le rapport que le fou lui attribue avec un passé chimérique; les fous se prennent eux-mêmes et prennent les autres pour des personnes qui n’existent que dans leur passé de fantaisie»[7].

La névrose des patients qu’examine Freud prend place dans une structure narrative, elle reçoit une mise en perspective fictionnelle. C’est de cette caractéristique que Freud s’est efforcé de tenir compte au moment de rédiger ses monographies analytiques. Jusqu’alors, le compte rendu du système délirant dans lequel vit un malade appelait une écriture de type journalistique, dont témoigne, entre autres exemples, La fin d’une voyante de Clérambault. Freud s'est vu comme contraint de raffiner considérablement les techniques littéraires de rédaction d’histoires de cas, sous la contrainte du phénomène: il y a en effet quelque chose dans la maladie qui se romance de soi-même, de sorte que le psychanalyste n’a plus qu’à le réeffectuer pour écrire à son tour une sorte de roman. Dans le déploiement de la maladie s’exprime une littérature sui generis. La maladie se décline comme une «œuvre d’art de la nature psychique». De là la facture littérature exceptionnelle des monographies analytiques de Freud: l’homme aux loups, le cas du petit Hans, etc., font tableau –non seulement tableau familial, mais tableau social.

1 — L’intérêt de la psychanalyse, cité par P.-L. Assoun, Freud et les sciences sociales, Paris, A. Colin, 1993, p. 47 Retourner à l'article

2 — Sur le plus général des rabaissements dans la vie amoureuse, cité par P.-L. Assoun, ibid., p. 131 Retourner à l'article

3 — Communication d’un cas de paranoïa contredisant la théorie psychanalytique, dans Œuvres complètes, tome XIII, Paris, PUF, 1994, p. 318 Retourner à l'article

4 — Cité par A. Delrieu, Sigmund Freud. Index thématique, Paris, Anthropos, 1997, p. 1249 Retourner à l'article

5 — A partir de l’histoire d’une névrose infantile, dans Œuvres complètes, tome XIII, ibid., p. 57 Retourner à l'article

6 — Conversations sur Freud, dans Leçons et conversations, Paris, Gallimard, 1992, p. 104 Retourner à l'article

7 — Le monde comme volonté et comme représentation, tr. fr. A. Burdeau, Paris, Puf, 1966, p. 248 Retourner à l'article

 

 

 

 

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