La mystérieuse navette X-37B revient sur Terre, et on ne sait toujours pas à quoi elle sert

Extrait de la vidéo du lancement de l'engin.

Extrait de la vidéo du lancement de l'engin.

Son retour est attendu «dans la journée de jeudi», écrit Bloomberg. Après une balade de deux ans en orbite autour de la Terre, l'engin spatial X-37B revient sur le plancher des vaches, plus précisément du côté de la base Vandenberg de l'Air Force, en Californie. Et rapporte avec lui son lot de mystères et de fantasmes.

Car la mission X-37B est «top secrète», a déclaré un porte-parole de l'Air Force repris par Bloomberg. Qui répète finalement ici la seule chose que l'on sait depuis 1999, date à laquelle la Nasa a commencé à se pencher sur cet engin. Outre l'agence spatiale américaine, Bloomberg explique que ce programme associe des technologies «développées par Boeing, l'Air Force et l'Agence pour les projets de recherche avancée de défense» –la fameuse Darpa, laboratoire qui réfléchit au futur de l'armée américaine. 

Tout ça cumulé a évidemment de quoi alimenter les théories les plus folles sur ce qu'a bien pu faire ce vaisseau spatial, quatre fois plus petit que le modèle de navette américaine, pendant ces deux années autour de la Terre. A en croire la description laconique de Boeing, le X-37B «est utilisé pour l'Air Force des Etats-Unis dans le but d'explorer des technologies de véhicules réutilisables dans le cadre d'objectifs spatiaux à long terme».

Mais d'autres paroles moins officielles affirment que l'engin a également des objectifs militaires. Au moment de son décollage en décembre 2012, certains ont ainsi avancé que le X-37B permettait d'espionner la Chine. Comme nous l'écrivions alors, «des observateurs indépendants ont remarqué que sa trajectoire est très similaire à celle de Tiangon-1, la station spatiale chinoise».

Une thèse rapidement démontée, notamment par le site Space.com, qui notait que le procédé (des engins lancés à grande vitesse) était loin d'être le plus commode. 

Lancement de X-37B, le 11 décembre 2012

D'autres passionnés du sujet, notamment cités par le New York Times en 2010, lors du premier lancement de X-37B, ont par ailleurs remarqué que le véhicule survolait des pays aussi sensibles que «l'Irak, l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan et la Corée du Nord», spéculant sur d'éventuelles missions de surveillance. Une théorie crédible selon Popular Mechanics, qui passait en revue trois missions hypothétiques de X-37B, en 2012.

La plus terrifiante restant celle qui associe l'engin à une arme potentielle. Popular Mechanics doute néanmoins, experts à l'appui, que le véhicule puisse un jour devenir un bombardier, en raison du carburant qu'une telle mission nécessiterait. Même si «oui, ajoute le site, le Pentagone a financé le développement d'un véhicule hypersonique réutilisable supposé pouvoir délivrer des munitions n'importe où dans le monde dans les deux heures».

Autre hypothèse terrifiante: le X-37B serait le premier pas vers une arme spatiale, qui permettrait de tirer des cylindres de tungstène depuis l'espace, ou «tiges de Dieu» («rods from God»), pour reprendre l'expression qui désigne ce projet un peu surréaliste, qui n'a par ailleurs rien de nouveau.

Comme l'écrivait le New York Times il y a quelques années, cette idée remonte aux années 1950, et à Jerry Pournelle, auteur de science-fiction qui travaillait alors pour Boeing, et qui avait donné le nom de «Thor» à cette arme potentielle. Rassurez-vous néanmoins: le journal américain précisait alors que les physiciens émettaient de sérieuses réserves quant à la réalité d'un tel projet.

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