Le FN compte un maire de moins, mais on ne sait pas exactement combien il compte de maires

A Paris, lors de la manifestation du FN le 1er mai 2014. REUTERS/Charles Platiau.

A Paris, lors de la manifestation du FN le 1er mai 2014. REUTERS/Charles Platiau.

Le tribunal administratif de Nîmes a invalidé, ce jeudi 16 octobre, l'élection comme maire du Pontet (Vaucluse) de l'élu frontiste Joris Hébrard, en mars dernier. La justice a retenu des litiges sur les listes d'émargement du vote qui font planer un doute sur la régularité de celui-ci, qui s'était joué à seulement sept voix entre le nouvel élu et l'UMP Claude Toutain. Le maire invalidé devrait déposer un recours.

Le nombre de maires FN ou apparentés descend donc officiellement de onze à dix, selon le décompte généralement retenus par les médias (par exemple par cette carte de Rue89): Fabien Engelmann (Hayange), Steeve Briois (Hénin-Beaumont), Cyril Nauth (Mantes-la-Ville), Franck Briffaut (Villers-Cotterêts), Julien Sanchez (Beaucaire), Philippe de la Grange (Le Luc), Marc-Etienne Lansade (Cogolin), Stéphane Ravier (Marseille-7e secteur) et David Rachline (Fréjus), qui viennent d'être élus sénateurs, et enfin Robert Ménard (Béziers), élu avec le soutien du FN sans en être membre. Le FN avait lui revendiqué douze victoires le 30 mars, en ajoutant le candidat qu'il soutenait à Camaret-sur-Aigues, et on intègre aussi généralement à la liste des mairies d'extrême droite celles contrôlées par les époux Bompard, à Orange et Bollène.

Mais au-delà du cas Hébrard, ce décompte pourrait être déjà périmé dans les faits, comme le relève cette semaine Le Canard Enchaîné sous le titre «Le FN régularise ses maires clandestins»: «On découvre que certaines communes rurales sont d'ores et déjà tombées dans l'escarcelle de Marine Le Pen», au besoin par l'intermédiaire du Rassemblement Bleu Marine, écrit l'hebdomadaire satirique. Alors que les villes conquises en mars faisaient toutes au moins 9.000 habitants, certaines communes beaucoup plus petites sont passées sous le radar (dans les quelque 27.000 communes de moins de 1.000 habitants, les candidats n'ont pas à déclarer une étiquette politique en préfecture). Le Canard a relevé au moins six exemples.

Brachay (Haute-Marne, 58 habitants). Ce minuscule village est devenu une «vitrine» du FN en lui offrant son plus haut score à la présidentielle (plus de 72%). Marine Le Pen y effectue désormais sa rentrée politique et a offert à son maire, Gérard Marchand, sa carte du parti.

Saint-Maurice (Haute-Marne, 120 habitants). Le maire Michel Perrin siège au groupe frontiste au conseil régional.

Villedieu-le-Château (Loir-et-Cher, 400 habitants). Le maire de la ville, Jean-Yves Narquin, vient d'être nommé délégué général du Rassemblement Bleu Marine. Toujours selon le Canard, il aurait notamment pour mission de «draguer» le vote des chasseurs en vue des régionales de 2015.

Saint-Bonnet-du-Gard (Gard, 780 habitants). La maire Sandrine Péridier figurait en deuxième position sur la liste FN aux sénatoriales, derrière le maire de Beaucaire Julien Sanchez.

Le Hamel (Oise, 170 habitants). Suppléant de la candidate frontiste lors de la législative partielle, le maire Jean-Jacques Adoux revendique son appartenance au parti.

Tressandans (Doubs, 36 habitants). Le maire, Jacques Ricciardetti, était tête de liste FN aux sénatoriales, dépassant les 4,4% des voix.

Bref, toutes communes confondues, le FN compte de plus en plus de maires plus ou moins «sympathisants», et la liste n'a sans doute pas finit de s'enrichir si l'on en juge par la percée du parti aux sénatoriales, où l'essentiel des élus proviennent des petites communes.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites et vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt. > Paramétrer > J'accepte