Monde / Économie

L'Italie sort de la récession... mais en partie grâce aux revenus de la prostitution et de la drogue

Temps de lecture : 2 min

Feuilles de cannabis. Manuel Martin Vicente via FlickrCC License by
Feuilles de cannabis. Manuel Martin Vicente via FlickrCC License by

L'économie italienne est de retour. En quelque sorte. Le chemin était tortueux à vrai dire. Le pays a fait face à deux récessions en six ans et son PIB, ajusté à l’inflation, n’a pas crû depuis 2000. De ce fait, les bonnes nouvelles se font malheureusement rares en Italie. C’était cependant sans compter sur la «quasi» bonne nouvelle de ce mercredi: le pays n’est plus en récession.

Ce qui empêche de céder à l’euphorie, c’est de savoir comment l’Italie a réussi à s’extirper de son marasme économique. L’Union européenne a réorganisé les calculs de données économiques, stimulant la croissance italienne revue à la hausse par rapport à sa précédente estimation. Le déclin de 0,1% du premier trimestre 2014 s'est ainsi transformé en 0%.

Alors, évidemment, ce n’est pas exactement ce que l’on appelle une consécration, mais ce qui rend ce relatif progrès encore plus relatif qu’il ne l’est déjà, c’est que l’Italie obtient ces chiffres grâce à la comptabilisation «des revenus illégaux de la prostitution, des narcotiques, du marché noir du tabac et de l’alcool», selon l’AFP.

La récession, techniquement définie par deux trimestres consécutifs de contraction, est donc officiellement évitée avec le gonflement des chiffres italiens pour afficher une croissance nulle au premier trimestre.

Et l’AFP d’expliquer:

«Le nouveau système de comptabilité, baptisé SEC 2010 (Système europpéen de comptes), vise à faciliter les calculs comparatifs de données entre différents pays, indépendamment du fait de savoir si ces derniers ont oui ou non légalisé la prostitution et dépénalisé le commerce de la drogue, tout en sachant que ces chiffres figurent déjà, pour certains, dans le calcul du PIB. »

L’Italie va sans doute se déclarer victorieuse, même si c'est par forfait. Comme mon confrère Joshua Keating le faisait remarquer plus tôt cette année, «compter dans leurs statistiques officielles des activités pour lesquels des gens sont jetés en prison, et seulement pour en tirer bénéfice, est quelque chose d’un peu étrange de la part des gouvernements. Mais après tout, qu’est-ce qu’un peu d’hypocrisie au nom de la précision comptable?».

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