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«Le stalker bienveillant», comment un amoureux transi devient un traqueur

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 15.10.2014 à 11 h 28

Repéré sur Jezebel

Man in the dark Adrian Tombu via Flickr CC License by

Man in the dark Adrian Tombu via Flickr CC License by

Imaginez un instant qu’un harceleur décide de se confesser. Richard Brittain est le champion d’un jeu télévisé britannique, Countdown, mais aussi un stalker en puissance, si l’on en croit un article de son blog personnel relayé par le site Jezebel. Dans cette publication intitulé «The benevolent stalker» («Le stalker bienveillant»), le Britannique raconte sa rencontre avec une jeune fille lors d’un quiz à l’université, puis la manière dont il l’a suivie et a continué à lui faire des avances alors qu’elle avait coupé les ponts avec lui.

Rien ne permet d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’une fiction. L’auteur a cependant classé sa prose dans la catégorie «vie réelle» de son blog, et affirme que le personnage féminin a inspiré celui de son e-book The World Rose, une «romance de conte de fée», selon Amazon. 

Réelle ou pas, cette histoire permet de revenir sur le comportement d'un stalker.

Après le premier contact, Richard Brittain a commencé par calquer ses habitudes sur celles de la jeune fille:

«J’ai fréquenté le bar étudiant où elle travaillait. J’ai trouvé quels horaires elle faisait chaque jour et j’y suis allé à ces moments-là.»

Celle-ci en est venue à le trouver trop envahissant et a pris ses distances. Ce qui n’a pas découragé le blogueur, qui a poursuivi son oeuvre les semaines suivantes:

«Je lui ai écrit des lettres d’amour. J’avais encore son adresse, obtenue sur les formulaires qu’elle avait remplis pour le défi de l’université. [...] J’ai aussi laissé des messages sur son téléphone [...] Cela peut sembler un peu trop, mais j’aurais eu l’impression de renier mon amour si je n’avais rien fait. Finalement, elle a contacté la police.»

Encore une fois, dans les mois qui suivent, Richard Brittain raconte s’être immiscé physiquement dans le quotidien de la jeune fille, lui avoir envoyé des cartes, et l’avoir suivie pour lui proposer de simuler un enlèvement romantique afin de faire la une des journaux. Il finit par conclure à la fin de leur histoire.

Le plus inquiétant, selon Jezebel, est que le texte reflète la vision d’un homme qui rationalise le comportement du stalker:

«Tu penses que ta relation est finie maintenant ? Tout d’abord, tu n’as jamais eu de relation! [...] Brittain n’a absolument aucune idée de ce qu’il a fait à cette pauvre femme [...]»

Loin d’émettre des regrets, l’auteur s’identifie à un amoureux maudit. Selon lui, son obsession pour sa camarade n’est mal vue que parce qu’elle n’est pas réciproque:

«J’ai pensé longuement à ce que je faisais. Je pense que c’est à ce moment-là que j’ai accepté pour la première fois le fait que j’étais devenu un stalker. Avant cela, j’étais un admirateur. Mais que signifie vraiment le stalking? On dirait que ça signifie que vous êtes sincèrement amoureux de quelqu’un qui ne vous aime pas en retour.[...] Et si Juliette avait rejeté Roméo? Serait-il devenu un harceleur?»

La différence est pourtant de taille, rappelle le magazine Cosmopolitain:

«Le stalking signifie suivre quelqu’un à sa remise de diplôme six mois après que la police vous a demandé de garder vos distances, vous placer à côté d’elle et finir sur sa photo de diplôme (il a fait tout cela aussi, au fait) [...] Juliette n’a pas rejeté Roméo, n’est-ce pas? Parce qu’elle l’aimait aussi. Ce qui est l’ingrédient clé ici.»

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