Culture

Ne faites pas l'erreur de dire que «Twin Peaks» est une série culte

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 14.10.2014 à 16 h 01

Repéré sur Salon, Le Monde

Alors que les fans attendent le retour de la série avec une impatience fébrile, le magazine Salon rappelle que David Lynch n'a jamais fait ce qu'on attendait de lui.

La femme à la bûche dans «Twin Peaks». (via Allociné)

La femme à la bûche dans «Twin Peaks». (via Allociné)

Pendant des semaines, David Lynch a joué avec les fans de la série. Distillant des indices à droite à gauche, c’est finalement le 6 octobre qu’il est sorti du bois: Twin Peaks reviendra en 2016 avec une nouvelle saison de neuf épisodes. Vingt-cinq ans après le dernier épisode. 

Et forcément, la communauté de fans n'a pas manqué de se replonger dans cette série qui a traumatisé toute une génération au début des années 1990. Il y quelques jours, Le Monde expliquait, comme de nombreux autres journaux, que Twin Peaks était aujourd'hui «toujours culte».

Loin de partager l'avis général qui fait de Twin Peaks un «classique», la journaliste du site Salon Martha P. Nochimson estime que nous ne devrions pas appeler Twin Peaks «une série "culte"».

Lynch lui-même n'aime pas ce mot, puisque, selon la journaliste qui connaît bien le réalisateur, il réduit la portée de la série à un petit groupe d'initiés entrenant leur idôlatrie. Si elle reconnaît que, dès son apparition sur les écrans américains, Twin Peaks a laissé une trace et a influencé de nombreuses séries par la suite, elle refuse de laisser aux seuls fans l'héritage de la série. 

Pour elle, le danger serait de vivre dans la nostalgie d'une série que l'on a adorée. Lorsque David Lynch réalisa le film Twin Peaks: Fire Walk With Me (Les 7 derniers jours de Laura Palmer) en 1992, les journalistes et une bonne partie du public furent déçus car il ne correspondait pas aux attentes. Mais comme l'explique Martha P. Nochimson, c'est justement là qu'est le danger:

«Notre nostalgie est trop forgée par les attentes de ce que l'on sait déjà.»

Or, la force de la série originale, c'était justement de ne pas répondre aux attentes, aux interrogations. En demandant au téléspectateurs de lever le voile sur l'univers qu'ils ont créé et en refusant à la chaîne ABC de faire la série qu'ils attendaient, David Lynch et Mark Frost ont lancé un mouvement de liberté créatrice dans la télévision. Depuis, les Etats-Unis peuvent s'enorgueillir d'une production qui a d'ores et déjà trouvé sa place auprès de Twin Peaks au panthéon de la télévision: Les Sopranos, Mad Men, Breaking Bad... 

Et Martha P.  Nochimson de prévenir: 

«L'amour ne sera meilleur la seconde fois que si l'on accepte de s'ouvrir aux paradoxes d'un retour authentiquement neuf.»

 

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