Dieu, fruit de l'évolution humaine?
Pour certains darwinistes, l'évolution du cerveau humain mène à la religion.
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Voilà un épineux concept à discuter alors que notre époque scientifique est dominée par la biologie. Je vais tenter de vous expliquer où nous en sommes. Voici trois ans, alors que j'étais attaché à la Templeton fellowship de l'Université de Cambridge, j'ai entendu l'une de ces idées qui, non contente de s'accrocher à votre tête, commence aussi à réaménager toute votre façon de penser. Cette idée, c'était la convergence. Simon Conway Morris était le conférencier, paléontologiste de Cambridge et auteur de Life's solution. Conway Morris affirmait que l'évolution était l'explication mécanique du développement humain et animal. Mais il disait aussi que l'évolution avait lieu dans un monde ordonné. Parce que des traits similaires évoluent toujours de la même façon malgré des contextes différents, il devait y avoir quelque chose dans le monde qui favorisait de tels traits.
Fondamentalement, rien de mystique ou de religion dans cette idée. On trouve un exemple simple de cette idée dans les célèbres diagrammes de changements de phase. A certaines températures et pressions, un élément donné passera naturellement de l'état liquide à l'état gazeux. Le fait que ces transitions puissent être expliquées mécaniquement n'empêche pas le fait que les points de changements peuvent être calculés indépendamment. Dans ce sens, ils ne sont pas simplement causés par le réchauffement ou le refroidissement mais par une structure pré-existante de l'univers.
Conway Morris va plus loin. Il suggère que de telles causalités structurelles ont lieu non seulement en physique mais aussi en biologie. C'est un pari, puisque la biologie est bien plus complexe que la physique ou la chimie. En chimie ou en physique, vous pouvez faire des prédictions solides dans un ensemble limités de données et de lois. La biologie est beaucoup plus désordonnée. Avec l'émergence de la vie, les organismes venus de la chimie et de la physique ont commencé à évoluer selon de nouveaux schémas. Les explications fonctionnelles remplacent les explications chimiques. Vous ne pouvez pas partir du principe qu'un ordre sous-jacent préside l'évolution biologique de la même manière qu'un ordre sous-jacent détermine les changements de phases physiques. Mais Conway Morris suggère que, selon la convergence évolutionnaire, c'est le cas, dans une certaine mesure.
S'il a juste, deux grandes questions commencent à devenir sérieuses. La première: jusqu'où s'étire cette architecture de l'univers? Si elle influe sur le développement à des niveaux chimiques et biologiques, joue-t-elle un rôle à un niveau supérieur de complexité, c'est-à-dire sur l'esprit? Et sur le niveau d'après: la société? Existe-t-il des lois mentales et culturelles? Est-ce qu'un quelconque ordre pré-existant favorise, et donc produit par adaptation ou sélection, certains types de développements culturels?
L'autre question est: que penser de cette architecture? Est-ce les choses sont juste comme ça et voilà? Y-a-t-il une création? Y-a-t-il un dieu?
Si vous vous intéressez à ces questions - et vu que vous êtes l'avant-garde du développement culturel et biologique, ça devrait être le cas - le gars dont l'œuvre vous intéressera s'appelle Robert Wright. Deux confessions avant toute chose: de un, je considère Bob comme un ami. De deux, depuis de longues années, il me met régulièrement ma pâtée au squash. J'ai donc abandonné le squash et me suis mis à la vulgarisation scientifique. Et devinez quoi ? Il me met maintenant ma pâtée dans ce domaine. (Voyez par exemple son dernier article pour Slate sur les chamans et leurs chantage au sexe, à l'argent, et à la protection.)
Dans une série de livres - Three Scientists and Their Gods, The Moral Animal (L'animal moral) et Nonzero - Wright a poussé, du niveau chimique aux niveaux biologiques et culturels, l'idée d'une architecture pré-existante. Il croit que la structure de notre monde a favorisé l'évolution de sociétés fondées sur la paix, le commerce, l'altruisme réciproque et les bénéfices mutuels. Son dernier livre, The Evolution of God, emmène encore plus loin l'argument: Dieu pourrait ou pourrait ne pas avoir formé notre évolution culturelle et biologique (en établissant simplement un algorithme initial), ces processus l'ont par contre définitivement formé. L'évolution du cerveau humain mène à la religion, et nos idées sur Dieu ont, par la suite, changé de concert avec le progrès culturel. Globalement, malgré les hauts et les bas de l'histoire, Dieu est devenu plus pacifique, bienfaisant et plus compatible avec une compréhension scientifique du monde.
Tout le monde ne saute pas de joie face à la version de Dieu que propose Wright. Pour beaucoup de personnes religieuses, une divinité qui n'intervient jamais dans un monde ordonné n'est pas une divinité. Mais la critique la plus intéressante est venue de scientifiques. Ils sont nombreux à ne pas apprécier le théisme, même dans la la forme déistique qu'en fait Wright. Ils préfèrent les explications simples. Ils pensent que l'évolution biologique peut expliquer l'émergence de la religion et que cette forme d'explication se passe totalement de Dieu.
L'une de ces critiques scientifiques les plus notables vient de Nicholas Wade, reporter au New York Times. Wade est l'auteur de Before the Dawn, une reconstitution ingénieuse de la préhistoire humaine à partir de preuves génétiques et linguistiques. Cet automne, il sortira un autre livre: The Faith Instinct. Dans un extrait publié sur le site du Times, il est d'accord avec Wright pour dire que «la moralité a des bases génétiques et pourrait très bien avoir évolué, depuis des millénaires, dans des formes objectivement supérieures.» Mais Wade pense que la fonction originelle de la religion est claire: «apprendre, à travers la cohésion du groupe, à être moral envers ceux à l'intérieur du groupe et hostile contre ceux à l'extérieur. C'est ainsi que, dans les premières sociétés humaines, les groupes aux forts comportements religieux ont dominé des adversaires à la cohésion moindre. Nous sommes les descendants de ces groupes religieux, l'argument continue, et c'est pour cela que tout le monde ressent un instinct religieux...»
Et Wade de conclure: «la sélection naturelle explique aussi très bien pourquoi des comportements religieux ont permis de tels avantages dans les premières sociétés humaines et pourquoi ces comportements sont devenus inhérents à la nature humaine.»
Wright n'est pas d'accord. Pour lui, la religion est un «sous-produit secondaire» de l'évolution biologique. «La religion émerge d'un monceau de mécanismes mentaux dont les bases génétiques ont été conçues par la sélection naturelle pour poursuivre des buts sociaux», écrit-il. Ces mécanismes incluent le biais conformiste (croire la même chose que vos pairs, afin de vous intégrer), une tendance à expliquer les événements en termes d'action personnelle (parce que la machinerie mentale qui nous permet de penser la causalité a évolué dans un contexte d'interaction sociale) et l'intérêt dans une commande à distance (un biais vers les croyances qui promettent une influence sur les prédateurs, les maladies et le mauvais temps). En fonction de ces biais, nous sommes portés à croire en des divinités puissantes, jalouses et tempétueuses.
Mais Wright ne pense pas que nos systèmes de croyances religieuses qui ont suivi ont évolué de la même manière que ces mécanismes sous-jacents. Il soutient que: «l'évolution biologique n'est pas le seul grand «designer» qui travaille sur cette planète. Il y a aussi l'évolution culturelle: la transmission sélection de «mèmes» - des croyances, des habitudes, des rites, des chansons, des technologies, des théories, etc. - d'une personne à l'autre. Et l'un des critères qui forme l'évolution culturelle est l'utilité sociale; les mèmes qui permettent une plus grande fluidité sociale ont l'avantage sur les mèmes qui ne le permettent pas. L'évolution culturelle est ce qui nous a donné les entreprises, les gouvernements et les religions modernes.»
Pour Wade, sa théorie est ce qu'il appelle «une déception d'un point de vue darwinien». Ce n'est pas une «réelle évolution», conclue-t-il; c'est tout simplement le développement d'idées sur Dieu». C'est ainsi que le Dieu du titre [de Wright] ne doit rien à Darwin.»
Qui a donc raison dans ce débat? La religion est-elle un produit de la sélection naturelle, de l'évolution culturelle, ou la vérité de Dieu?
Voici une possibilité : les trois en même temps.
Je suis d'accord avec Wade pour dire que l'évolution culturelle est une métaphore exagérée. Wright déclare que «de la même manière que les gènes sont transmis d'un corps à un autre, d'une génération l'autre, les mèmes sont transmis d'esprit en esprit». Mais c'est une approximation. Les mèmes ne passent pas de génération en génération de la même façon que les gènes. Les uns demandent seulement la procréation; les autres demandent de l'éducation et un investissement parental. C'est pour cela que notre héritage culturel est vulnérable d'une façon que ne connaît pas notre héritage biologique.
D'autre part, je suis d'accord avec Wright pour dire que l'évolution biologique n'est pas le seul processus ordonné qui nous a formés. La vie s'est développée originellement à partir d'un édifice de lois physique et chimiques. La sélection naturelle n'est donc pas le premier niveau de l'ordre cosmique; c'est au moins le deuxième ou le troisième. Pourquoi supposer que l'édifice s'arrête là? Ne devrions-nous pas chercher des schémas directionnels dans notre histoire culturelle? Si de tels schémas existent, ils seront bien plus complexes que les schémas de la biologie, de la même manière que l'étaient les schémas de la biologie par rapport à ceux de la chimie et de la physique. Mais le science ne promet pas de pouvoir tout expliquer aussi facilement, ou ne serait-ce que dans les mêmes termes. Vous devez vous confronter au monde tel qu'il est et développer de nouveaux outils quand les anciens ne fonctionnent plus.
La sélection naturelle est devenue un outil prodigieux pour comprendre la biologie. Mais ce n'est pas le premier type de science que nous avons inventé, et ce ne sera pas le dernier. La notion selon laquelle de grandes composantes de notre société ou de son développement, comme la religion, se doivent d'être expliquées par la sélection naturelle n'est pas plus scientifique que celle qui veut qu'on l'explique grâce à la physique ou à la chimie. Toutes ces sciences, tous ces niveaux d'ordre, travaillent ensemble. Nous sommes des organismes physico-chimiques conçus biologiquement et orientés culturellement.
Si cette architecture complexe, à plusieurs étages, et émergeant graduellement, est le concept de Dieu vers lequel nous nous dirigeons, alors oui, Dieu est entièrement redevable à Darwin. Et Darwin doit tout à Dieu.
William Saletan
Traduit par Peggy Sastre
Image de Une: La conversion de Saint-Paul par Michel-Ange dans la chapelle Paolina au Vatican
Osservatore Romano / Reuters
Mis à jour le 19/08/2009 à 11h59










































C'est très intéressant, mais vous êtes vous déjà demandé d'où venait la conscience?
C'est tout de même mystérieux. C'est à se demander si le corps peut à lui seul "fabriquer" cette conscience..
La conscience n'a rien de spectaculaire, ni de mystérieux d'ailleurs, c'est juste fortement complexe comme un certain nombre de choses. Ensuite pourquoi parler de "fabrication" ? On est là dans la pensée utilitariste qui biaise l'étude sereine de notre essence et de notre existence, c'est dommage.
Personnellement, je pencherais pour une construction linguistique complexe de "modes d'emploi" pour la survie qui tenteraient, de façon plus ou moins performante, de transcrire notre compréhension de notre biologique, du fonctionnement de notre corps dans notre rapport au monde.
Je ne résiste pas, même si athée, au plaisir de proposer un regard sur cet hommage poétique trouvé sur le net:
http://www.youtube.com/watch?v=wYXdF6dDr0E
Imaginer que Dieu est une émanation de notre propre cerveau me semble aussi ridicule que d'expliquer le Créationnisme par la lettre de la Bible.
Tout enseignement religieux est allégorique et confus. Aucune religion sans doute ne détient la "Vérité", le Scientisme pas davantage, et je doute que la Science puisse un jour expliquer la totalité des mystères de l'Univers et remplacer la foi. Je serais même tenté de croire que plus la Science avance, et plus on a de questions sans réponses... mais c'est déjà bien de trouver les bonnes questions à poser, s'il fallait en plus avoir les réponses, que resterait-il comme but dans la vie ?!...
On a la religion qu'on peut, en général celle que nous ont enseigné nos pères, qu'ils soient croyants, athées ou sans foi. Mais même s'ils sont sans foi, ils ne sont pas sans lois, car le Cosmos nous impose les siennes propres (gravité, forces faibles et fortes, magnétisme, etc.) et nous, enfants de la Terre, misérables petits vermisseaux bipèdes, devons bien nous y plier.
Le modèle sociétal, tant animal qu'humain, nous a conduit à penser qu'en amont de chaque loi il y a un législateur. Nous l'appelons chef ou président quand il s'agit d'un système sociétal où l'on peut intervenir, et Dieu lorsqu'il s'agit du système cosmique échappant à notre contrôle.
A partir de là, même si nous nous devons d 'être assez curieux pour essayer de le comprendre dans ses aspects les plus infiniment grands comme les plus microscopiques, nous ne pouvons en attendant être que de braves sujets obéissants à l'auteur supposé de ces lois (le "Grand Architecte" des maçons), si tant est que l'on doive attribuer l'édiction de lois à une quelconque entité supérieure.
L'argument de Wade
«apprendre, à travers la cohésion du groupe, à être moral envers ceux à l'intérieur du groupe et hostile contre ceux à l'extérieur. C'est ainsi que, dans les premières sociétés humaines, les groupes aux forts comportements religieux ont dominé des adversaires à la cohésion moindre. Nous sommes les descendants de ces groupes religieux, l'argument continue, et c'est pour cela que tout le monde ressent un instinct religieux...»
est incontestable. Ce n'est peut etre pas le but premier de la religion, mais toujours est il que ce qui suscité est visble dans toute religion...
L'idée de Wright sur l'évolution de Dieu est une des plus seduisantes que je n'ai entendue sur ce sujet.
Article et commentaires m'inspirent à tirer un parallèle entre deux branches de la connaissance humaine qui sont plus souvent citées comme antagonistes: science & religion.
A mon entendement, ces deux branches sont issues d'un même besoin humain, peut-être d'une même peur, celle de l'homme devant l'infini, l'inconnu.
Confronté à un univers trop complexe pour être intimement connu par l'être humain, celui-ci prend peur. Pour se rassurer, il nomme son entourage, le décrit, le faisant ainsi sien. Que se soit par la foi ou par la connaissance, l'humain s'approprie petit à petit son univers, en diminue l'altérité, s'appropriant toute chose par le pouvoir du verbe.
Pour moi, science et religion sont donc deux réactions possibles de l'homme lorsque son niveau de conscience lui permet de s'élever au-dessus des simples automatismes vitaux (recherche de la nourriture et procréation).
Philosophe ou chercheur font progresser ces deux branches en s'affranchissant des limites connues pour aller rechercher de nouveaux paradigmes, en décrivant et nommant ces nouveaux domaines, ils amplifient le champ des connaissances humaines. Au contraire, le théologien ou l'épistémologue - qui par leur spécialité cherchent à renforcer la structure intrinsèque de leur branche respective de la connaissance humaine - éloignent l'humain de la réalité objective, en le cantonnant à des principes souvent dogmatiques.
On le voit, l'univers est vaste et essentiellement inconnaissable. En édifiant des murs entre l'homme et l'infini, science comme religion augmentent notre confort tout en nous éloignant de la réalité objective souvent inconfortable. Les opposer en confrontant les éclairages différents qu'elles proposent sur la réalité est dénué de sens au même titre que d'additionner des choux et des pâtés.
Il faut sortir du biais cognitif lié à notre culture monothéiste pour expliquer correctement le fait religieux. L'idée de Dieu unique, un peu simple, est tout à fait culturelle et il est même très facile de la lier à un contexte historique. D'ailleurs les étude mémétiques, même si elle ne se conçoivent pas au départ autour de ce principe du mème qui est assez moderne, existent depuis belle lurette (genre l'histoire), appelons ça "sciences humaines" même si elles ne sont pas aussi systématiques que la biologie par exemple. En fait on fait avec ce qu'on a et les principes de diffusion des mèmes sont si complexes que pour l'instant nous sommes obligés d'utiliser des méthodes empiriques pour les étudier (comme la psychanalyse que Freud utilisait en constatant l'absence de moyens techniques suffisamment développés pour étudier directement le cerveau à son époque). D'ailleurs se peut-il d'obtenir des modélisation purement théoriques de la diffusion des mèmes ? L'économie a aussi essayé de le faire quelque part et pour l'instant nous savons que nous n'avons à notre dispo que des modélisations grandement incomplètes.
En ce qui concerne la "génération" il est faux de considérer les générations génétiques et culturelles de la même manière. Il serait d'ailleurs bon de penser l'individu culturel indépendamment du corps, il n'y aurait alors pas d'unité complète (la mode est au "dividu"). Il n'y a donc pas de lien direct entre diffusion des mèmes et instruction-éducation-intégration... voire les mèmes peuvent se diffuser en nous-même (par exemple il est possible de se servir de conceptions acquises dans une discipline dans une seconde disjointe, le concept de mème en est justement une représentation).
Quant à la sélection naturelle mémétique, si elle existe, elle serait d'un tout autre ordre que celle qui est étudiée sur les gènes. Faut-il d'ailleurs continuer de parler de "sélection" ? Il s'agit plutôt, encore une fois, d'un jeu de diffusions multiples, voire de jeux concurrents.
En ce qui concerne la religion on sait qu'elle est formée de plusieurs couches. Mais, que ce soit au sujet de sa place par rapport à soi et à l'univers (par la foi), à ses alter-ego (par la communauté), à son milieu (par le rite), il s'agit avant tout de donner du sens aux choses qui n'en ont pas a priori, par le langage, l'empathie ou la mise en scène. A partir du constat que les choses ont bien un comportement et que en tant que sujets nous avons, entre autres, des intentions temporalisée, il faut nécessairement mettre en perspectives ces comportements dans un projet ou dans une simultanéité. La religion, monothéiste, polythéiste, animiste ou même rationaliste (on peut considérer certaines élucubrations déviant de la science comme étant de l'ordre de la religion) est un bon système pour combler les trous d'une mise en récit forcément incomplète de la réalité (comme représentation symbolique du monde matériel ou du paysage). Il est tout autant possible de manipuler un certains nombres de mises en récit incomplètes et disjointes, et d'accepter une négociation toujours recommencée de la réalité, de former des connexions complexes entre représentations. La religion n'est pas plus "naturelle" qu'une autre construction culturelle, cependant celle-ci est assez puissante.
Depuis l'origine, l'homme a eu besoin de se rassurer face à la nature, soit en rationalisant avec l'explication scientifique de ce qu'il vivait, ou par une explication irrationnelle de type religieux.
L'avantage de l'explication religieuse, elle qu'elle ne coûte rien en terme de moyen matériel et de masse de connaissances à accumuler pour pouvoir expliquer les mystères de la nature. En outre elle n'est pas vérifiable comme l'explication scientifique.
L'explication religieuse a toujours été un moyen de contrôle des populations par le pouvoir. L'explication scientifique, elle, diffuse ce pouvoir dans la population et lui permet de mettre en doute le pouvoir des dirigeants.
Bref, une démocratie ne peut reposer que sur des explications rationnelles basées sur des preuves scientifiques vérifiables des explications des mystères de la nature.
Ce commentaire est intéressant. Il raconte un des mythes modernes (mystification) les plus communs. Malheureusement pas une seule phrase, pas une seule affirmation qui soit juste ni scientifiquement assurée. Tout est faux, irrationnel, dans cette argumentation. Chacun peut s'y essayer, phrase par phrase. C'est comme cela que fonctionnent les croyances les plus irrationnelles.
Quand on se réfère à la science il faut en accepter les exigences et cesser d'affabuler comme vous le faites et confondre science et idéologie.
Il est intéressant de noter que la science s'épanouit mieux dans les démocraties qu'en dictature. Les dictatures essayent bien de développer les technologies pour s'imposer par la force mais les grandes inventions viennent presque toujours des plus efficaces démocraties. Exemples, qui ne font pas une démonstration, j'en conviens par avance : . Le gâchis que l'adoption des théories de Lyssenko a entrainé en Union Soviétique. . Manque de leaders de rechange : Korolev mort, l'astronautique soviétique cesse d'avancer à pas de géant. . La Corée de Nord, l'Iran, pays au combien libéraux, fabriquent en masse des missiles de toutes tailles ? Les démocraties inventent nombre d'antimissiles pour diminuer la menace. . Internet, une technologie inventée en démocratie et qui devient un outil de contestation...
Maintenant, les pays capitalistes étant toujours prêts à vendre la corde pour les pendre (Lenine dixit), rien n'est non plus joué d'avance.
Oh, excusez-moi, j'ai parlé d'idéologies... Oui, il y a du flou dans la réponse de durandal mais tout n'est pas à jeter.
Felicitations d'avoir autant de temps ( et de budgets ...Publics ou prives...) pour vous instruire et induire vos congeneres humains de telles theories.
Si l'on esst Darwinien, on ne peut aboutir a la notion de religiosite et de divin que par la passerelle elementaire de la Schizophrenie.
Si c'est de cela que l'on parle a Cambridge et corollaires : ce ne sont plus que des Lapalissades tortueuses peu-etre , mais Lapalissades quand meme !
Et merci encore de nous rassurer sur l'existence voire la perennite de tels budgets Recherche...
La notion de Dieu vient à la fois de notre particularité humaine d'avoir été élevé longuement (de 14 à 20 ans) par une mère et un père avant d'être lâché dans la Nature sociale... et d'intégrer ensuite une société grégaire hiérarchisée (le petit groupe nomade ou la grande nation sédentaire), tout cela autour d'un chef unique (chef de meute). Il faut également que l'espèce soit douée d'imagination.
1) L'enfant devenu Homme ressent encore le besoin d'être protégé et accompagné par un parent invisible et immatériel qui lui indiquerait la voie à suivre ou celle à ne pas suivre. Cela est renforcé par le fait que tout le monde agit de même. Pour lui, au-delà de la sécurité de la vie en groupe, il a besoin d'une sécurité supérieure individuelle (ne serait-ce que face à la violence interne du groupe). La prière personnelle est le dialogue privilégié avec ce "parent".
2) Ce même Dieu individuel (unique ou multiple) est partagé par tous les membres du groupe et acquiert ainsi une seconde fonction : celle de réunir le groupe et, au-delà, tous les groupes épars unis autour de cette même idée. Ce qui correspond parfaitement avec l'aspect grégaire de notre espèce. Or, comme il est difficile de maintenir une large civilisation autour d'un seul chef (chaque groupe veut avoir SON chef), la religion permet d'y arriver tout de même, d'une manière virtuelle, à travers l'intemporalité, le souvenir et une même culture qui s'impose petit à petit. Car la religion n'est qu'une culture particulière qui s'amalgame avec la culture locale.
On peut en effet soutenir que la sélection naturelle biologique puisse être également sociale et culturelle mais sans forcément n'y voir là qu'un combat perpétuel. La Nature n'oppose pas systématiquement ses éléments entre eux : elle construit au contraire dans l'espace disponible en tenant compte des contraintes et des erreurs à corriger. Cette correction sans cesse renouvelée et améliorée se ressent, du point de vue des espèces, comme une "sélection", un écart, une suppression des éléments les moins efficaces... Rien n'est moins vrai : elle favorise simplement les éléments les moins erronés, dans l'environnement envisagé.
Ainsi, la prière individuelle et la religion globale (donc la notion de "Dieu") étant une nécessité psychologique et sociologique, a aidé nos civilisation à s'étendre et à perdurer. Car elle a favorisé la confiance en soi et en son avenir (prière) et la constitution de grands groupes particulièrement efficaces car extrêmement soudés (religion).
...jusqu'à ce que l'athéisme et le scientisme comprennent que leur intérêt est de formaliser nettement leur particularité pour construire une évolution supérieure : une "religion" principale. Car aujourd'hui, seuls l'esprit scientifique et la Déclaration de Droits de l'Homme s'ébattent dans un monde où cette "religion" sans prière manque d'unité, de procédures et de célébrations unitaires.
Dire que le concept d'un ou des Dieux est une étape de l'évolution m'apparait à la fois comme une fausse bonne trouvaille et aussi comme un pas important vers un nouveau regard sur la pensée religieuse.
Fausse bonne trouvaille parce qu'il me semble que d'une certaine manière, on peut concevoir que le concept de Dieu existe dans la pensée animale primitive et que l'évolution des espèces n'a fait que renforcer un processus déjà présent !
C'est aussi un nouveau regard intéressant car il place le phénomène religieux dans ce qu'il est réellement à savoir un élément de l'activité biologique dans le registre de la production imaginaire.
L'athéisme a perturbé le débat dans la mesure où il s'est placé sur le plan de la confrontation de deux croyances.
Aujourd'hui il est possible sans passion et dans l'analyse scientifique de comprendre que notre activité biologique cérébrale , fruit de l'activité moléculaire initiale, est encore très méconnue mais que l'on commence à connaitre les processus intimes de ce que l'on appelle communément la pensée et dont fait partie le concept de l'irréalité.
"..jusqu'à ce que l'athéisme et le scientisme comprennent que leur intérêt est de formaliser nettement leur particularité pour construire une évolution supérieure : une "religion" principale. Car aujourd'hui, seuls l'esprit scientifique et la Déclaration de Droits de l'Homme s'ébattent dans un monde où cette "religion" sans prière manque d'unité, de procédures et de célébrations unitaires."
Si vous pensez que l’athéisme manque d’unité c’est parce que vous préférez le voir ainsi. Il y a d’autres formes d’unité que le rite et la congrégation. De même voir l’athéisme comme une ‘religion’ est un non-sens. Il suffit de voir les définitions du mot dans le Petit Robert pour apprécier.
Cette analyse n’est que le fruit d'une vision étroite de l’humanité. Nous ne sommes pas tous de l’avis qu’il faut s’adresser, via la ‘prière’, à un être suprême pour exister. Nous sommes ce que nous sommes, responsables de nous-mêmes. Nous ne nous « ébattons » nullement.
Par ailleurs, l’athéisme est un phénomène en croissance au fur et à mesure que l’homme se rend compte qu’il a été berné par les ‘religieux’. Puis, l’homme comme l’individu libre qu’il est, n’a pas besoin de ‘célébrations unitaires’ surtout quand celles-ci mènent aux tragédies qui attristent le monde aujourd’hui tout en citant le nom de ‘dieu’.
Si fantaisie il y a, il est du côté des religieux – incapables de gérer seuls leur existence et/ou tellement imbus d’eux-mêmes qu’ils ne peuvent pas imaginer qu’à la fin de leur vie naturelle il y a une autre vie qui les attend.
Pauvres êtres !
Monsieur,
Vous êtes ce que vous êtes et vous pensez ce que vous voulez. Mais pourquoi ce besoin presque systématique de toujours mépriser l'autre, celui qui ne pense pas comme vous.
Serait-ce votre religion à vous : la religion du mépris ?
Je suis d'accord avec vous, votre remarque sur le mépris est pertinente, il faut réussir à se maîtriser. Il est pourtant vrai que lorsqu'on est athée on subit régulièrement des agressions. Il me semble par exemple que les religions monothéistes sont par définition agressives puisque exclusives.
Ce que je voulais dire, c'est ceici : l'athéisme, c'est comme l'abstention, dans les élections, aucun camp bien défini n'est affirmé ni revendiqué. Il n'y a que des non-croyants, c'est par la négation qu'on se définit.
Or, face aux sectes ou aux religions, face au "respect" dû aux croyants (et qu'eux-mêmes nient souvent aux incroyants), dans leurs profondes qualités comme dans leurs ignonimies, les athées ne peuvent s'exprimer clairement. Car ils n'ont pas de structure clairement définie. Chaque pays gère les moeurs des athées et des croyants à sa façon, mais ces derniers ont un temps d'avance par rapport à certains sujets.
"Respecter" les religions, c'est bien souvent admettre les sectes, admettre que les croyants aient des droits spéciaux qui freinent le libre-arbitre des non-croyants. Ce type de respect, bien que légitime vis à vis de la liberté de penser, met bien souvent l'incroyant dans une position où il est obligé de laisser faire. Car le lobby religieux est plus fort que... ce vide organisationnel que représente l'athéisme. Car il n'a pas de structure propre.
Certes, dans nos pays civilisés, les lois humaines et gouvernementales s'approchent beaucoup du principe fondamental athée, en écartant formellement le fait religieux dans la sphère de la croyance privée. Globalement, la Loi du pays est au-dessus des lois religieuses. Mais ce n'est pas le cas partout. Et c'est parfois imparfait, les élus accordant une oreille plus attentive aux minorités religieuses actives plutôt qu'à celles qui ne s'expriment que dans les "raz-le-bol".
Il me semble donc qu'une organisation philosophique clairement athée pourrait avoir une raison d'être : faire évoluer la pensée humaine qui a eu besoin, pendant longtemps, de l'aide psychologique et civilisatrice des religions mais qui pourrait aujourd'hui atteindre un niveau supérieur ne faisant plus appel au mysticisme. Or, pour que cette étape évolutive puisse s'exprimer, il faudrait peut-être fonder un mouvement philosophique (j'avais mis le mot "religion" entre guillemets) clairement identifié qui se placerait au même niveau que les grandes religions, dans le but d'apporter une alternative crédible et active à la pensée humaine.
Prenez l'exemple de la guéguerre entre écoles laïques et catholiques à l'époque de Jules Ferry. Elle a contribué à faire de notre pays ce qu'il est devenu : aujourd'hui, les écoles ne sont plus dominées par une philosophie religieuse unique, mais prise en charge par un esprit laïc. Or, il a fallu une organisation clairement athée (à l'époque les partis communistes et socialistes, mais on n'est pas obligé de politiser l'anticléricalisme, on peut le rendre associatif) pour permettre cette évolution.
Je craints que cet article ne soit qu'une resucée de l'intelligent design, dont le principe de base et de tenter de récupérer le courant évolutionniste au travers de l'idée que la nature est si parfaite et logique dans son évolution que le simple hasard ne peut en être à l'origine et donc que seule une intelligence "supérieure" peut en être la source et le guide.
C'est du créationnisme intégrant l'évolution.
Quant au fait religieux, je vois ça avec recul mais, pour répondre à Peter, je doute que l'athée, soit non croyant en un dieu, aie un sorte plus enviable que le croyant, naviguant au mieux, pardon gérant sa vie "libre et responsable", entre son hystérie et sa névrose, son psy et son coach, célébrant, de façon non unitaire, le match de foot sur Canal, son anniversaire avec ses copains...
Vous vous proposez d'être libre et responsable.
par rapport à qui ou à quoi vous sentez vous libre et si vous êtes responsable de vous- même vous ne dites pas envers qui ou quoi vous l'êtes (vous-même, quelqu'un, quelque chose, rien?) et selon quel corpus de règles (droit, morale) qui vous permette de dire et de juger que ce que vous avez fait ou ce que vous allez faire est 'bien' ou 'mal' et de le sanctionner.
Si vous êtes responsable envers vous-même, ce que je crois comprendre, j'imagine, qu'en responsabilité, vous vous sentez libre de vous sanctionner seul quand vous manquez à ce qui vous est impératif, impératif que vous avez par ailleurs librement et en responsabilité défini.
Quant à savoir si une personne croyant à une forme de vie "après la mort" doit être qualifiée de "pauvre" (que je comprends comme "malheureuse"), on peut aussi imaginé que cette vision non fini d'elle-même puisse être la source d'un espoir et permettre ainsi une forme de bonheur.
Je ne cherche naturellement pas à vous mettre en cause personnellement et je vous assure que la religiosité fondée sur la superstition et l'affichage m'insupporte et que je suis incapable de répondre définitivement aux questions que je me permets de vous poser.
Je pense simplement, au travers de ma contribution, montrer que ceux qui s'attachent à une religion pour les solutions qu'elle propose sont peut être plus à plaindre que ceux qui s'attaquent aux questions qu'elle pose mais qui suis-je pour les juger.
Ainsi, deux questions pour finir :
Pourquoi y a-t-il quelque chose alors qu'il pourrait ne rien y avoir ?
Pourquoi faire tout ça si nous n'étions pas là pour le voir ?
Ces questions ne sont pas de moi. Je ne propose rien en réponse. Je pense simplement que nous sommes peut-être plus riche de nos questions que de nos réponses (sauf pour le bac, quoique...).
Chère Marianne,
Je réagissais à l'utilisation du verbe 's'ébattre' par ce correspondant pour décrire les agissements des athées et les défendeurs des droits de l'homme.
Petit Robert : 'S'ébattre : se donner du mouvement pour se divertir au gré de sa fantaisie'. Je trouve cette utilisation offensive et j'ai répondu sur le même ton. Défendre les droits de l'homme est une 'fantaisie. Ne pas être un chrétien c'est de se 'divertir'?
Je constate que vous n'aimez pas le franc parler ni la critique de vos compatriotes. Peut-être c'est votre religion à vous pour reprendre votre phrase. Pour ma part je n'ai pas de religion mais comme Voltaire je m'insurge contre toute forme d'intolérance, d'injustice et d'hypocrisie là ou ils se trouvent.
La France n'en a pas le monopole!
Alors Peter Wright, tu devrais commencer déjà par regarder du côté de Voltaire l'antisémite notoire du siècle des lumières de ta belle france !
Contrairement à ce que vous dites de manière péremptoire, comme toujours, j'aime le franc-parler et je supporte la critique, surtout sur Slate, où on a le temps de réfléchir avant de "fourbir" éventuellement sa réponse.
Ce que j'ai du mal à supporter, c'est la forme que la critique prend chez vous.
Je suis tout à fait navrée de constater que vous n'ayez pas l'air de comprendre.
Je rejoins bien sûr beaucoup vos observations concernant « l’intelligent design » et sa récupération par les créationnistes. Mais je ne vous suis pas, pas plus que M. Girel, quand vous insistez sur le besoin d’un étalon moral par rapport duquel il faut pouvoir se mesurer.
A la différence de la plupart des français, je n’ai pas fait d’études de philosophie. Mais je crois avoir raison, en reprenant Nietzsche et les existentialistes, quand je propose qu’on est responsable de, et par rapport à, nous-mêmes.
Surtout, et ici vous semblez me rejoindre, ce n’est pas en créant tout un système métaphysique qu’on va résoudre le ‘problème’.
Car il n’y a pas de problème. L’homme est la seule référence possible et utile et c’est déjà pas mal. A ceux qui me posent la question ‘et alors c’est quoi après la mort ?’ je réponds : ‘c’est exactement comme avant … votre naissance’. A savoir : rien.
Le mot très pondéré de M. Girel (Marianne pense que j’ai été trop brutale à son égard et je pense qu’elle a raison) essaie de nous expliquer que l’homme a besoin d’une organisation pour vivre – des rites, des cérémonies etc. Mais c’est comme si un enfant a besoin d’être scout pour vivre son enfance.
Bien sûr je suis heureux si certains peuvent vivre tranquillement avec l’assurance qu’à leur mort ils seront accueillis dans un monde ailleurs (même si nous voyons tous les jours le nombre de victimes innocents de ceux qui se font explosés – contre promesses d’une belle vie ailleurs) Et j’avoue que vivre sans ces ‘certitudes’ est plus exigeante.
Quant à vos deux questions, je répondrai simplement qu’il n’y a pas lieu de demander ‘pourquoi ?’ On est là c’est tout.
Profitons-en pleinement et sans crainte!
Je suis bien d'accord avec votre réponse finale. Trop de gens gâchent leur vie à se poser trop de "pourquoi". Qu'un scientifique l'emploie pour faire avancer sa discipline et les interactions de celle-ci avec d'autres sciences, c'est légitime. S'interroger sur la finalité d'une vie n'a guère de sens. Nous ne sommes, chacun à son tour, qu'un petit chaînon de la vie, au même titre qu'une fourmi. Si telle ou telle fourmi meurt, ou plus encore, ne naît pas, il ne se passera rien. La vie continuera tranquillement son cours.
Les gens religieux passent leur temps à s'interroger sur des "pourquoi" inutiles. Ce doit être une sorte de folie, des réponses leur paraissent nécessaires pour ne pas lâcher prise, pour ne pas désespérer. Un ou des dieux leur sont indispensables, pour s'y accrocher comme à des bouées. Ne pas avoir ce travers ne relève pas d'une surestimation du "moi", mais au contraire de la relativisation de ce "moi" vis-à-vis de l'univers. Chacun y est à sa place, et s'il part une autre entité prend immédiatement la place. Chacun est plein, le monde est plein. On a vraiment l'impression que ceux qui courent derrière les gourous des religions se croient vides.
Peut-être le sont-ils, après tout.
Chercher la finalité d'une vie, c'est lui donné un sens.
Ai-je parlé de chercher la finalité de la vie ? Elle a un sens, qui est chronologique, de la naissance à la mort.
A-t-elle un sens logique ? L'humain est fondamentalement a-logique. C'est sa force, et c'est ce qui fait que chacun ait tant de mal à comprendre ce que font les autres, et les raisons quand il y en a, qui poussent quelqu'un à accomplir des actes ou des actions.
A-t-elle un sens autre que logique ? Certains, pour des raisons qui leurs sont propres, lui donnent un sens, un but. C'est la performance, c'est la recherche scientifique, c'est l'argent, c'est la religion, et ils vont y mettre tout leur cœur. Il ne faut pas croire que beaucoup effectuent cette démarche, qui peut être dangereuse quand elle est le moteur unique d'une vie. Nombre de personnes ne vont pas aussi loin. Et puis, selon les aléas, les motivations peuvent changer tout au long d'une existence. Une chose est certaine à mon avis : une vie individuelle n'a de finalité que si la personne lui en donne une.
Il ne faut pas se leurrer. Sur la totalité des habitants de la terre, la moitié se contentent de survivre. Pour eux, pas question d'aller plus loin, car ils n'en ont ni la motivation, ni même la force.
Maintenant, s'il faut chercher une finalité de la Vie en général, elle est simple : juste "the show must go on", la Vie doit continuer quels qu'en soient les acteurs.
Ai-je répondu correctement à votre assertion, Ismaël ?
La finalité ne donne pas forcément un sens, surtout quand elle dépasse l'existence. J'imagine que c'est pour ça que la vie éternelle a été inventée (l'idée n'est pas du tout rassurante donc je pense qu'il s'agit plus d'une conséquence que d'un fondement de la construction d'une religion). Mais si la finalité appartient à quelqu'un d'autre alors c'est la même chose pour le sens. Mieux vaut donc se trouver un sens à soi-même d'abord, sans finalité donc, vu que celle-ci n'est pas de notre fait (vive le stoïcisme en passant).
Pour prôner une telle position il faut que la religion en question n'ait plus intérêt dans l'aliénation (le fait que le sens de l'existence individuelle appartienne à autre chose que soi), que le pouvoir temporel soit abandonné. Et là toutes les religions ne sont pas structurées pour faire ce genre de choses alors bien souvent cette perte de pouvoir découle d'une revendication et de luttes sociales plutôt que de considérations théologiques.
« Alors Peter Wright, tu devrais commencer déjà par regarder du côté de Voltaire l'antisémite notoire du siècle des lumières de ta belle France ! »
Alors c’est vrai ? Ce Voltaire, que moi et plein d’autres (nous somme des millions !), prenions pour un type bien, n’était qu’un antisémite vulgaire ? Lui qui faisait croire qu’il était contre l’intolérance, l’injustice et l’hypocrisie ?
Mais MoshelHamelehCanaan, c’est un scoop ! Donnez-moi plus de détails, des références de sorte que je puisse corriger mon erreur de jeunesse. Mieux encore, écrivez un livre. Il aurait un succès fou dans certains milieux que je connais.
Un point de détail quand même : comme mon nom devrait vous indiquer, ce n’est pas ma »belle France ». Je n’ai pas cet honneur. Mais il est vrai qu’elle est belle. Et chez vous c’est comment ?
Ce n'est pas dieu qui est le fruit de l'évolution du cerveau, mais seulement l'aptitude du seul cerveau humain à en imaginer un (ou plusieurs) Et encore ! A condition d'avoir été imprégné par un milieu croyant. C'est probablement pour compenser leur faiblesse corporelle face à la peur de la mort et par le développement du langage, que les premiers hominidés ont été pourvus par l'évolution d'un nouveau mécanisme de défense : l'aptitude à imaginer par anthropomorphisme un "père protecteur" dont ils espéraient par exemple apaiser la colère par des sacrifices.
De nos jours, l'approche traditionnelle du phénomène religieux (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, etc ... doit être complétée par les observations psycho-neuro-physio-génético-éducatives.
Même si elles resteront toujours très partielles.
C’est un fait sociologique et statistique : la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers : d’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, ensuite par l’influence d'un milieu éducatif croyant, excluant toute alternative humaniste non aliénante. L'éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale.
Les neurosciences tendent à confirmer cette imprégnation :
- Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l'homme n'aurait jamais pu survivre si l'évolution n'avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … ).
- Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l'Université catholique de Louvain, a constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu'en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l'âge adulte en dépend ( et donc l'aptitude à imaginer un "Père" protecteur, substitutif et anthropomorphique (cfr Freud !), fût-il "authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre" ...).
- Des neurophysiologistes ont constaté que si les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, donc par exemple ceux des comportements religieux, puis des inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. L'IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion. Ce qui expliquerait l’imperméabilité des croyants à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l'impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf le pasteur évangélique (iste ?) Philippe HUBINON à la RTBF : « S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! ».
Il est logique dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Henri LABORIT a écrit : « Je suis effrayé par les automatismes qu'il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d'un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d'adulte, une chance exceptionnelle pour s'en détacher, s'il y parvient jamais.(...) Vous n'êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu'on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c'est une illusion, la liberté !".
L'approche neuroscientifique devrait permettre de mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi et de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses.
Dans cette optique, il faudrait tendre vers un système éducatif qui proposerait une information minimale, progressive, objective et non prosélyte, non seulement le « fait religieux » (les différentes religions et la soumission qu’elles ont en commun), mais aussi le « fait laïque» (l’humanisme laïque, ses options, ses valeurs humanistes –universalisables car bénéfiques à tous- , la spiritualité laïque, … Les neurosciences ne démontrent pas l’inexistence de "Dieu", mais elles tendent, me semble-t-il, à démontrer son existence imaginaire et donc illusoire.
Le droit de croire n’en restera pas moins légitime et respectable, a fortiori si la foi a été choisie plutôt qu’imposée.
Michel THYS à Waterloo michelthys@base.be
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