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Ebola prouve qu’il faut verrouiller la frontière avec le Mexique: le nouvel argument des conservateurs américains

Temps de lecture : 2 min

Aéroport international de Guatemala, 13 octobre 2014. REUTERS/Josue Decavele
Aéroport international de Guatemala, 13 octobre 2014. REUTERS/Josue Decavele

A première vue, l’épidémie d’Ebola n’a pas grand-chose à voir avec l’immigration latino-américaine. Le patient libérien qui est mort d'Ebola au Texas l'avait contracté en Afrique, pas au Mexique, où aucun cas n'a jamais été détecté. Mais à trois semaines des élections de mi-mandat, de nombreux candidats républicains utilisent la peur de l'épidémie pour justifier leur discours anti-immigration.

Thom Tillis, le candidat républicain au poste de sénateur de Caroline du Nord a affirmé la semaine dernière que pour se protéger d’Ebola, les Etats-Unis devraient verrouiller la frontière mexicaine. Pourtant un site de fact-checking politique a montré que le scénario d'un Africain infecté qui viendrait au Mexique par avion et traverserait ensuite la frontière américaine est très peu probable. Ce qui n'empêche pas les collègues de Tillis d'abonder dans ce sens.

Dans un récent communiqué de presse, le candidat au poste de sénateur du New Hampshire, Scott Brown, a exprimé son «inquiétude face à notre frontière non protégée, qui permet aux gens porteurs d’Ebola ou d’autres maladies de rentrer dans le pays sans problème».

En juillet, un représentant de Georgie avait officiellement demandé au Centre pour le contrôle et la prevention des maladies (CDC) d’analyser les risques posés par l’arrivée d’enfants venus d’Amérique centrale:

«Certains rapports indiquent que des immigrés illégaux sont porteurs de maladies comme la grippe porcine, la dengue, l’Ebola et la tuberculose

La CDC a répondu que jusqu’ici, aucun cas d’Ebola n’a été diagnostiqué en Amérique latine.

En ce qui concerne les personnes venant d’Afrique de l’Ouest, plusieurs aéroports américains ont commencé à mettre en place un programme de détection qui consiste notamment à prendre la température corporelle de certains passagers.

Mais sur Fox News, le presentateur Bill O’Reilly pense qu’il faut empêcher tous les Africains de l’Ouest d'entrer aux Etats-Unis jusqu'à la fin de l'épidémie (Thomas Duncan, le Libérien qui est mort d'Ebola au Texas, avait obtenu un visa de tourisme).

En règle générale, les commentateurs et journalistes des médias conservateurs laissent libre cours à leur imagination. Dans certains talk shows, Barack Obama est surnommé président Obola, et les présentateurs de Fox News débattent sérieusement des pires scénarios imaginables: et si un terroriste islamiste porteur du virus d’Ebola pénétrait dans le pays via le Mexique pour mener une guerre biologique?

Slate.fr

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