Monde

Vladimir Poutine: son tigre le quitte, et fuit pour la Chine

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 13.10.2014 à 15 h 59

Repéré sur The Wall Street Journal, The New York Times, The Washington Post

L'un des trois tigres de Sibérie que le président russe a relâchés dans la nature serait entré sur le territoire chinois. Et Pékin n'est pas rassuré.

REUTERS/RIA Novosti

REUTERS/RIA Novosti

«La Chine garde un œil sur le tigre libéré par le président russe.» Dans un communiqué, le gouvernement chinois explique qu’un tigre de Sibérie, relâché par Vladimir Poutine, aurait traversé la frontière et serait quelque part sur son territoire.

Le Wall Street Journal explique que cette intrusion sur le territoire chinois vient comme un cheveu dans la soupe des relations plutôt amicales qu'entretiennent les deux pays. «Le président chinois Xi Jinping aura du mal avec le dernier cadeau du président russe», raconte le journal.

En mai dernier, le président relâchait dans la réserve zoologique de Zheludinsky trois tigres de Sibérie orphelins, dans la région oblast d’Amour, dans l’est de la Russie. Et l’arrivée en Chine de ce tigre, prénommé Kuzya,  est prise très au sérieux par Pékin. En effet, en traversant le fleuve d’Amour, le tigre prend le risque de tomber nez à nez avec des villageois inquiets pour leur bétail. Pire, le braconnage est très répandu dans cette région, et comme le note le New York Times, une carcasse de tigre de Sibérie peut rapporter jusqu’à 10.000 dollars. «En Chine, 40 tigres sont illégalement tués chaque années», rappelle le journal. Depuis les années 1940, cette espèce frôle l’extinction. C’est pourquoi la Russie a décidé de la classer espèce protégée, portant le nombre de tigres à presque 450 aujourd’hui, et que l’on voit régulièrement Vladimir Poutine prendre part à des opérations visant à sauvegarder l’espèce.

Car les relations si particulières qu’il entretient avec les animaux font régulièrement le tour des médias internationaux. A tel point que le Washington Post s’est récemment demandé pourquoi un homme avec une réputation comme la sienne prenait autant de plaisir à se mettre en scène en compagnie d’animaux (mignons de préférence).

Avec ce type de communication, il veut dire «j’ai un cœur, mais mon amour est dur, viril», explique au journal Jan Kubik, du département des sciences politiques à l’University Rutgers. C’est un autre moyen de distinguer la Russie, et l’Europe et ses «"mâles européens efféminés"» ajoute-t-il.

Un Tumblr s’est même amusé à compiler ces apparitions publiques. Car avant le tigre, il y a eu le vol aux côtés des grues blanches, le câlin à un ours polaire qu'il aidait

Et l’inévitable bisou à un chiot, toujours devant les caméras.

Mais comme n’oublie pas de le rappeler le Washington Post, Vladimir Poutine est avant tout un chasseur (et accessoirement ancien du KGB et expert en arts martiaux). Ses excursions dans la nature pour pêcher et chasser sont un moyen d’entretenir son image de «macho», «d’amoureux de la nature qui fait des balades à cheval torse nu», explique Jan Kubik.

En 2008, les médias russes vantaient déjà la bravoure du «héros» Vladimir Poutine, expliquant qu’il a sauvé une équipe de télé des « griffes d’un tigre de Sibérie». Selon les journalistes sur place et le Telegraph, qui rapporte l’histoire, le président, en tenue de l’armée, aurait tiré sur la bête avec un fusil à sédatifs, sauvant l’équipe de télé qui s’était trop approché, avant d’aider les chercheurs à le mesurer et de le relâcher dans la nature.

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