«Amazon doit être stoppé»

Le centre logistique d'Amazon à Graben en Allemagne. REUTERS/Michael Dalder

Le centre logistique d'Amazon à Graben en Allemagne. REUTERS/Michael Dalder

Franklin Foer, éditeur du magazine américain New Republic, a écrit un véritable réquisitoire contre Amazon. Une firme devenue tellement puissante et dominatrice que pour lui elle cannibalise l’économie et fait peser une menace presque totalitaire sur les modes de vie et l’accès à la culture et aux idées.

Il s’agit d’un véritable réquisitoire de Franklin Foer, l’éditeur du prestigieux magazine américain New Republic. L’objet de sa haine et de sa crainte, il n’y a pas d’autres mots, est Amazon. Une firme devenue tellement puissante et dominatrice que pour lui elle cannibalise l’économie et fait peser une menace presque totalitaire sur les modes de vie et l’accès à la culture et aux idées. Pas moins que cela.  

Pour Franklin Foer, Amazon s’est lancé il y a une vingtaine d'années avec pour ambition proclamée de créer une librairie aussi large que la mythique grande bibliothèque d’Alexandrie. «Mais rapidement cette ambition est apparue trop limitée… Amazon pourra bientôt faire apparaître à la seconde le texte complet de n’importe quel livre sur un téléphone. Ces entrepôts sont remplis d’un catalogue intégral de toutes les choses qui satisfont les besoins humains, à la fois basiques et ésotériques – juste à un clic, livrés avec une rapidité incroyable et aussi bon marché que le permet le capitalisme.»

Ce qui fascine et effraye l’éditeur de New Republic, c’est qu’Amazon n’a cessé de peaufiner et d’améliorer son système «avec des centres logistiques qui permettent la livraison toujours plus rapides des paquets, des technologies capables de deviner nos besoins et nos envies et de nous suggérer nos prochains achats... Acheter sur Amazon est devenu tellement enraciné dans la vie américaine moderne que cela est proche d’une habitude irréfléchie et cette société a atteint un tel degré de domination qu’il mérite une ancienne qualification: monopole».

Franklin Foer dénonce le sillage de destructions qu’a laissé Amazon dans sa poursuite du gigantisme. «Concurrents laminés, fournisseurs pressurés – parfois de façon nécessaire et parfois de façon très inquiétante. Et dans sa confrontation avec l’éditeur Hachette, Amazon est entré dans une phase d’agression sans précédent…».

Comme le montre cet article de Forbes, Amazon utilise son quasi-monopole pour sérieusement affecter la vente et la livraison des livres d’Hachette qui refuse d’accepter les tarifs effondrés que demande Amazon. On n’est pas loin de l’abus de position dominante.

Une situation d’autant plus inquiétante que non seulement Amazon a aujourd’hui un pouvoir économique considérable, mais aussi une influence de plus en plus grande sur la vie intellectuelle notamment aux Etats-Unis. Selon une étude réalisée par le Codex Group et publiée en mars, Amazon contrôle 67% du marché du livre électronique américain et 41% de la vente des livres neufs à la fois papier et électronique.

Pour Franklin Foer, il n’y a plus qu’une seule solution briser par une action publique utilisant les lois antitrust le monopole d’Amazon tout comme en 1911 la compagnie pétrolière américaine Standard Oil avait été divisée en 34 entités.

«Mais nous devons d’abord réaliser que nous sommes complices d’Amazon. Nous avons tous été séduits par les remises importantes, les livraisons automatiques mensuelles de couches, les films gratuits, les paquets cadeaux, les livraisons gratuites en deux jours, la possibilité d’acheter des chaussures ou des livres ou des haricots ou du papier toilette au même endroit…» écrit Franklin Foer.

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