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Avec un logiciel de reconnaissance faciale, un club de comédie fait payer plus les gens qui rient plus

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 12.10.2014 à 10 h 54

Repéré sur BBC, The Verge

Facial expressions/Pedro Salinas via Flickr CC Licence by

Facial expressions/Pedro Salinas via Flickr CC Licence by

Dans le club de comédie Teatreneu à Barcelone, une tablette à l'arrière de chaque siège traque les expressions des spectateurs. Chaque rire détecté est facturé 30 centimes d'euros, avec un maximum de 24 euros - ce qui correspond à 80 rires par spectacle - pour protéger les gros rieurs. 

La direction de ce petit théâtre a élaboré ce système pour lutter contre une baisse de la fréquentation suite à une taxe du gouvernement espagnol sur les spectacles. 

Le système de reconnaissance faciale a été mis en place par l'agence de publicité The Cyranos McCann, avec le slogan: «vous ne payez que ce que vous consommez». La presse espagnole a adoré, et beaucoup de gens ont soudaiement eu envie d'aller voir du stand up. De plus, comme il est désagréable de se retenir de rigoler dans un club de comédie, le prix moyen du ticket a augmenté de 6 euros. Jusqu'ici, l'investissement en tablettes a donc été bénéfique pour Teatreneu, et d'autres clubs sont en train de copier ce dispositif.

Une fois les sketches finis, chaque spectateur peut regarder sa tablette et savoir exactement combien de fois il a ri (ou souri), comparer ses résultats avec ses amis, et même partager son score sur les réseaux sociaux: "Ce soir, j'ai ri 22 fois et ça m'a coûté 6,6 euros!". 

Un ordinateur centralisé permet de savoir exactement combien de rires un spectacle génère, ce qui pourrait être utilisé pour collecter des données intéressantes: qui est le plus gros rieur? quel est son profil? qui ne rit jamais? pour un même spectacle, y a-t-il de grosses différences dans le nombre de rires selon les soirées? 

On ne sait pas si les humoristes ont accès à ces chiffres, mais il est probablement plus sain de ne pas leur permettre de voir les statistiques. 

D'autant plus que le logiciel n'est pas assez sophistiqué pour faire la différence entre plusieurs types de rires: ainsi, un simple sourire, un petit ha ha tiède et un fou rire incontrôlable sont tous comptabilisés (et facturés) pareil, ce qui semble foncièrement injuste.

 

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