Santé

Ebola: comment la France traite les cas «suspects»

Temps de lecture : 2 min

Quels sont les critères sur lesquels les autorités sanitaires établissent qu’un cas est suspect, et ceux sur lesquels elles décident qu’il ne l’est plus?

REUTERS/Adrees Latif.
REUTERS/Adrees Latif.

La France a connu, dans la soirée du jeudi 9 octobre, sa première alerte médiatisée à Ebola. Un médecin présent dans les locaux de la DDASS de Cergy-Pontoise avait donné l’alerte en constatant des symptômes potentiellement troublants chez quatre personnes qui revenaient de Guinée.

Les premiers secours sont arrivés sur place vers 18 heures. Un périmètre de sécurité a été mis en place et une cellule de crise activée en préfecture. Des effectifs du Samu équipés en conséquence ont été alertés. Le bâtiment, appartenant au Conseil général, avait été bouclé «afin de procéder à des vérifications», a déclaré le préfet du Val-d’Oise, Jean-Luc Nevache.

Outre une personne qui a fait «un malaise», une seconde présentait des symptômes grippaux, a précisé Jean-Luc Nevache, évoquant une simple mesure de «précaution». Un peu avant 20 heures, la suspicion et l’alerte étaient levées.

Comment établit-on qu’un cas est suspect et sur quels critères les autorités sanitaires décident-elles qu’il ne l’est plus?

Sylvain Baize, directeur du Centre national de référence (CNR) pour les fièvres hémorragiques virales, nous explique:

«En pratique, un "cas suspect" correspond à une personne revenant depuis moins de 21 jours [le délai maximal d'incubation, NDLR] d'un des pays touchés par l’épidémie d’Ebola et présentant des signes cliniques potentiels, le plus souvent une fièvre. À ce stade, le médecin clinicien prend des précautions de base pour éviter les contacts. Il doit informer son Agence Régionale de Santé et l’Institut national de veille sanitaire (InVS).»

Un questionnaire est alors mis en œuvre en relation avec l’InVS. Il vise à établir s’il existe ou non des facteurs de risque dits «additionnels». Il peut s’agir d’une évolution rapide des signes cliniques (signes hémorragiques, diarrhées, etc.). Il peut aussi s’agir de contacts avec un malade confirmé, de participation à des funérailles, d’un séjour dans un hôpital dans le pays touché, d’un travail de soignant, etc.

«Cet interrogatoire peut ne pas être conclusif, précise Sylvain Baize. Si un facteur de risque additionnel est avéré –ou si le moindre doute persiste–, le cas est classé "possible" par l'InVS et la machine se met en mouvement: transfert sécurisé (par Samu) du patient vers un "Etablissement de santé de référence" pour isolement en chambre en dépression; prélèvement sanguin et envoi au Centre national de référence pour un diagnostic virologique d’Ebola.»

6 à 12 h

Le temps nécessaire pour que le laboratoire du CNR fasse un diagnostic virologique

Le résultat virologique peut être rendu par le CNR dans une période comprise entre 6 heures et 12 heures après réception (ce laboratoire travaille 24h sur 24). En cas de résultat négatif, le patient est sorti de l'isolement et adressé ou non dans un service hospitalier standard.

En cas de résultat positif, le patient reste à l’isolement et une enquête épidémiologique pour traçage des contacts et surveillance des personnes à risque est mis en œuvre.

En toute hypothèse, seul le diagnostic virologique (obtenu dans des délais incompressibles à partir d’une prise de sang sécurisée) permet d’affirmer que la personne est ou non contaminée et contagieuse. Dans l’attente de ce résultat, les soignants et les autorités sanitaires doivent gérer au mieux la situation en usant, comme elles l’entendent, du «principe de précaution».

Jean-Yves Nau Journaliste

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