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Choisir un héritier du trône entre des jumeaux, c'est plus compliqué qu'il n'y paraît

La princesse Charlène et Albert II de Monaco. REUTERS.

La princesse Charlène et Albert II de Monaco. REUTERS.

Dans une interview au magazine Hello!, l'épouse du prince Albert II de Monaco, Charlène, a confié qu’elle attendait des jumeaux d’ici la fin de l’année. A peine annoncée, la nouvelle fait spéculer autour de l’ordre de succession du prince. Car si Albert a déjà deux enfants de 22 et 10 ans, ils sont nés hors mariage et ne peuvent donc pas prétendre au trône.

Tout se jouera donc entre les jumeaux. Comme l’explique le Huffington Post, les garçons sont prioritaires en raison de l’article 10 de la Constitution monégasque :

«La succession au Trône, ouverte par suite de décès ou d'abdication, s'opère dans la descendance directe et légitime du Prince régnant, par ordre de primogéniture avec priorité masculine au même degré de parenté.»

Donc, si l’un des deux jumeaux est un garçon, il montera sur le trône. En revanche, il existe deux scénarios où la succession pourrait se corser si les jumeaux sont du même sexe.

En cas de césarienne, le chirurgien obstétricien serait maître du Rocher pendant quelques secondes puisqu’il déciderait quel bébé il mettrait au monde en premier.

Et même en cas d'accouchement naturel, deux avis s’opposent. La loi fait du premier-né l’aîné mais, pour certains médecins et selon certaines croyances, le second bébé à naître a été conçu en premier et devrait récupérer le «titre». Dans une interview sur RTL, l’expert des familles royales Stéphane Bern a rappelé que, lorsque la femme de Louis XV accoucha de deux filles, la deuxième née, Elisabeth, fût appelée «Madame Première». Il a néanmoins avoué que le suspense reste entier et que «cela pose un problème complexe».

Pour l’instant, à Monaco, les avis divergent au sein du milieu médical. Contactée par téléphone, une gynécologue du Rocher préfére ne pas se prononcer, expliquant qu’il y a là «une petite polémique et que personne n’est d’accord». Une autre source médicale nous explique qu'il est «scientifiquement impossible de déterminer qui est l'aîné» et que «la légende populaire qui veut que le second enfant né est l'aîné est une bêtise et ne repose sur rien d'un point de vue médical!».

Ce genre de scénario n'est en tout cas pas nouveau en Europe. En Belgique, par exemple, la princesse Claire, l’épouse du prince Laurent (frère de l’actuel roi Philippe), a accouché de jumeaux en 2005, déclenchant dès l'annonce de sa grossesse un débat pour savoir lequel des deux serait le premier sur la liste des héritiers. Si Nicolas et Aymeric de Belgique sont de toute façon loin dans l’ordre de succession (respectivement 13e et 14e), les parents ont décidé de donner l'avantage au premier, né une minute avant son frère. 

Même chose au Danemark avec la princesse Mary qui, en 2011, a donné naissance à deux jumeaux, un garçon et une fille prénommés Vincent et Joséphine. Si c'est leur aîné Christian, né six ans plus tôt, qui héritera normalement de la couronne, Vincent figure devant sa sœur dans l'ordre de succession au trône car il est né avant.

Enfin, la France aussi n'est pas étrangère à ce dilemme, à commencer par la légende autour de l'homme au masque de fer, cet inconnu enfermé à la Bastille et décédé en 1703. Certains pensaient que cet homme était le frère jumeau de Louis XIV et, étant l'aîné, aurait alors dû hériter du trône. Voltaire, Alexandre Dumas et même Marcel Pagnol se laisseront tenter par cette théorie. 

Plus recémment, le Roi de France (enfin, pour le courant légitimiste) Louis XX a fait face au même cas. En 2010, sa femme a donné naissance à deux jumeaux, des garçons: il a été décidé que le premier né, le prince Louis, précéderait son frère, le prince Alphonse, dans l'ordre de succession. Et si un jour la monarchie était rétablie en France, et que le trône revenait au courant légitimiste, leur sœur aînée, la princesse Eugénie, n'y pourrait rien: en raison de la loi salique, seul un homme peut y accéder au trône. 

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