France

Affaire des hélicoptères kazakhs: qui sont Jean-François Etienne des Rosaies et Nathalie Gonzalez-Pedro, les deux personnes placées en garde à vue?

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 07.10.2014 à 18 h 36

Nicolas Sarkozy et le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev lors de la signature de plusieurs contrats, à l'Elysée, en 2010. REUTERS/Lionel Bonaventure/Pool

Nicolas Sarkozy et le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev lors de la signature de plusieurs contrats, à l'Elysée, en 2010. REUTERS/Lionel Bonaventure/Pool

Une affaire de plus. Dans un article publié ce mardi 7 octobre, Le Monde fait part d'une nouvelle affaire qui toucherait l'entourage de Nicolas Sarkozy lors de son passage à l'Elysée. Cette fois-ci, les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme se sont intéressés à un marché de vente d’hélicoptères entre la France et la Kazakhstan, pour un montant de près de 2 milliards d’euros:

«Dans la plus grande discrétion, deux juges d'instruction parisiens, saisis de faits de "blanchiment en bande organisée", "corruption d'agents publics étrangers", "complicité et recel" de ces délits, explorent les dessous de contrats signés en 2010. Ces marchés, comprenant la fabrication de 45 hélicoptères par Eurocopter, sont susceptibles d'avoir donné lieu au versement en France de rétrocommissions.»

Le Monde mentionne également que deux personnes, Jean-François Etienne des Rosaies et Nathalie Gonzalez-Pedro, «ont été placées en garde à vue dans cette affaire qui s'annonce explosive», au mois de septembre. Le journal précise aussi que des perquisitions ont été menées à leurs domiciles et au siège d'Eurocopter.

Qui est Jean-François Etienne des Rosaies?

Aujourd'hui président des haras nationaux, Jean-François Etienne des Rosaies est également membre du conseil d’administration de l’Institut français du cheval et de l’équitation.

Dans un article de Libération de 1999, Franck Johannès dressait le portrait d’un homme dont «le parcours est fort édifiant et constitue un bel exemple de réussite sociale, puisque de journaliste, il est devenu préfet. Le fonctionnaire, né le 29 décembre 1941, riche de plus de décorations que de diplômes, se penche assez tôt sur les questions de défense et devient en 1963 journaliste au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), à la direction des applications militaires.»

A partir de 1972, il fait son entrée dans le jeu politique en devenant d'abord chargé de mission auprès du président gabonais Omar Bongo, puis auprès du président de la Compagnie générale des eaux (CGE, futur Vivendi). En 1986, il rejoint le cabinet de Robert Pandraud, ministre délégué à la Sécurité du gouvernement Chirac –le ministre de l'Intérieur de l'époque, Charles Pasqua, a écrit qu'il rendait de «précieux services». Deux ans plus tard, il devient préfet de la Meuse.

En 1999, son nom a été évoqué quand a eu lieu une intrusion par effraction dans la salle des archives du ministère de l'Intérieur, lors de laquelle un seul dossier avait été consulté, celui du préfet de Corse Bernard Bonnet. Comme le relatait Libération:

«La police découvre une empreinte digitale suspecte et obtient sans peine la liste du personnel de permanence ce jour-là. Tous acceptent de bonne grâce de donner leurs empreintes. Sauf l'un d'eux, un préfet, Jean-François Etienne des Rosaies. L'affaire est ennuyeuse, mais rien n'a pu être prouvé: alors chargé de mission à la Direction générale de l'administration, le préfet saute et l'affaire est enterrée.»

Comme l’explique Le Monde, Jean-François Etienne des Rosaies est ensuite chargé de mission au cabinet de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, entre 2007 et 2010, où il est chargé de la filière équine. C’est d’ailleurs lui qui l’a nommé à la tête des Haras nationaux par décret, en mai 2010.

Depuis le départ de Nicolas Sarkozy de l'Élysée, Jean-François Etienne des Rosaies a vu son nom cité par le Canard Enchaîné à l'automne 2012: le journal satirique l'a accusé d'avoir servi d'intermédiaire entre l'Élysée et le sénateur libéral belge Armand de Decker pour aider, par le vote d'une loi sur la transaction pénale, l'homme d'affaires ouzbek Patokh Chodiev, impliqué dans un dossier judiciaire de corruption outre-Quiévrain. En échange, Chodiev aurait assuré la France «de son soutien pour un marché Eurocopter». Une accusation que reprend aujourd'hui Le Monde en assurant que «la justice postule que le président Noursoultan Nazarbaïev aurait exigé de M. Sarkozy, comme contrepartie [des] contrats, une intervention de sa part en faveur [de] trois oligarques poursuivis en Belgique.»

Qui est Nathalie Gonzalez-Prado ?

L’autre personne placée en garde à vue et nommée par Le Monde est Nathalie Gonzalez-Prado. Acteurs Publics la définit comme «une fidèle de Claude Guéant», qu’elle a rejoint en 2004. Elle le suit à la direction du cabinet de Nicolas Sarkoz, lorsque le futur président redevient ministre de l’Intérieur en 2005.

Après la victoire de Nicolas Sarkozy, Nathalie Gonzalez-Prado reste aux côtés de Claude Guéant, qui devient secrétaire général de l’Elysée. Ancienne cheffe de son secrétariat particulier, elle devient chargée de mission puis cheffe de cabinet, comme le rappellent Le Monde et Le Figaro.

En 2012, Claude Guéant, devenu ministre de l’Intérieur, l’a décorée de l'Ordre national du mérite.

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