Parents & enfantsTech & internet

Le problème de l'échange de sextos entre adolescents n'est pas le sexe, c'est le texto

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 07.10.2014 à 12 h 07

Repéré sur NewYorkTimes, Washington Post

«body pictures 1» par julien haler | FlickR licence cc by

«body pictures 1» par julien haler | FlickR licence cc by

L’échange de sextos entre adolescents n’est pas nécessairement un indicateur de «comportements sexuels à risque», c'est le moyen de communication utilisé qui peut être dangereux, selon une étude de l’université de recherches médicales texane citée par The New York Times et qui s’apprête à être publiée dans la revue scientifique Pediatrics.

Les recherches menées sur 948 étudiants démontrent que ce n’est pas parce que votre ado prend des photos dénudées qu’il est susceptible de prendre de la drogue avant le passage à l’acte ou de ne pas mettre de préservatif. 

Au contraire, le sexto est une étape ordinaire du développement sexuel d’un adolescent. Jeff Temple, co-auteur de l’étude et professeur en psychologie, soutient dans The NY Times:  

«"Je te montre le mien, si tu me montres le tien" est une pratique qui existe depuis longtemps. En revanche, c’est le support qui la rend différente et alarmante car ça peut être partagé avec des individus auxquels ces photos n'étaient pas destinées. Mais en soi, l’échange de photos intimes n’a rien d’anormal.»

Les participants ont répondu à des questionnaires anonymes, détaillant leur activité sexuelle, à savoir s'ils avaient envoyé/reçu/ été sollicités pour des sextos et s'ils ont eu des comportements à risque au long des dernières années. D’après les résultats, il n’y aurait aucun lien entre le fait d’envoyer une photo de soi nu et les comportements à risque.

Le dialogue comme moyen de prévention

L’équipe de chercheurs a tout de même constaté que la probabilité de devenir sexuellement actif pour un adolescent expéditeur de sextos étaient légèrement plus élevée. Jeff Temple conseille aux adultes de ne pas s’inquiéter, mais plutôt de voir en cette occasion une opportunité «pour promouvoir des pratiques sexuelles plus sûres»

Cependant, le blog Parenting du New York Times s'interroge: 

«Qu’en est-il du point de vue dominant selon lequel le sexto en lui-même est un comportement sexuel à risque? Après tout, la façon la plus sûre de s’assurer que personne ne nous embarrasse en publiant des photos de nu volées est de [sécuriser au maximum ses photos intimes].»  

Selon Jeff Temple, c’est une différente forme de risque. Accepter la partie «sexuelle» du mot-valise «sexto» doit nous permettre d’avoir une meilleure approche pour ce qui est de la partie «texto»:

«C’est "Tu me montres le tien, puis je le montre au monde entier" qui est un problème. Nous devons mieux les éduquer sur le fait que quand c’est public, ça l’est pour de vrai. C’est une chose de leur dire de ne pas le faire, mais c’en est une autre de refuser d’envoyer un sexto quand une personne que l’on apprécie nous le demande. C’est beaucoup de pression. Nous devrions en parler comme quelque chose de commun, qu’ils ont la possibilité de faire s’ils le désirent.»

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte