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Les prix de l'immobilier, c'est un problème de géographie de l'offre et de géographie de la demande

Paris / André P. Meyer-Vitali via Flickr CC License By

Paris / André P. Meyer-Vitali via Flickr CC License By

Journaliste spécialisé dans les sujets environnementaux, Ben Adler revient sur le site Grist sur une proposition régulièrement évoquée pour faire baisser les prix de l’immobilier dans les villes les plus attractives: une taxe sur les logements peu ou pas occupés.

L’auteur rappelle d’abord à quel point le marché immobilier des grandes métropoles s’est internationalisé et attire une clientèle très riche à Londres, New York, Miami, Los Angeles, San Francisco, Melbourne, Sydney… Il aurait pu ajouter Paris à sa liste. La capitale compterait selon le site Data publica 193.000 logements qui correspondent à des résidences secondaires, logements occasionnels ou biens vacants, soit 14% de l’ensemble du parc parisien. Taux qui culmine à plus de 28% dans les 6e, 4e et 8e arrondissements.

Or, comme le rappelle Ben Adler, le marché immobilier est constitué d’une offre nécessairement limitée à ce que la ville peut contenir sur son territoire, et d’une demande qui, elle, est quasiment illimitée:

«La logique qui consiste à laisser le marché mettre en balance l’offre et la demande pour fixer les prix du logement dépend pour ce qui est de la demande des gens qui résident vraiment dans la ville. Quand c’est le cas, alors les prix sont limités en partie par ce que gagnent les habitants; mais quand de riches acheteurs qui ne vivent pas sur place achètent des propriétés, les prix peuvent être totalement désynchronisés des salaires des habitants, rendant le coût de la vie inabordable.»

Comme le résume le Pacific Standard:

«La géographie de l’offre est fixe. La géographie de la demande l’est de moins en moins.»

Et l’auteur de l’article de Grist de répondre par anticipation à l’accusation de xénophobie que ne manquerait pas de susciter une telle proposition. Une telle taxe s’appliquerait à ceux qui ne vivent pas sur place, sans distinction de nationalité… «Beaucoup des propriétaires de ces pieds-à-terre de luxe à New York ou San Francisco sont de riches Américains qui vivent en banlieue ou dans d’autres régions», et être de nationalité américaine ne les protègerait pas de cette taxe. A l’inverse, les étrangers qui immigrent et achètent un bien pour vivre sur place ne seraient, quant à eux, pas concernés par l’impôt. 

Jim Russel sur le Pacific Standard n'achète cependant qu'à moitié la théorie, rappelant que les libéraux, comme Ryan Avent de The Economist, mettent en général plutôt l'accent sur la construction et la densification des villes. A quoi leurs opposants leur répondent, comme un utilisateur sur Twitter, qu'ils peuvent tâter du métro en heure de pointe dans une de ces villes pour constater que l'offre n'est pas extensible à l'infini...

 

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