Santé / Sciences

Etes-vous un «anti-psychopathe»?

Temps de lecture : 2 min

Ils débordent d'empathie, de gentillesse, et donneraient leur rein à n'importe qui, sans rien attendre en retour.

Super smile / Takashi Hososhima via FlickrCC
Super smile / Takashi Hososhima via FlickrCC

Du Joker de Batman au tueur du film Seven, le psychopathe fascine la culture populaire. Les chercheurs qui, depuis quelques décennies, essayent de comprendre cette maladie, se posent aujourd’hui une autre question: l’anti-psychopathe existe-t-il?

Abigail Marsh, psychologue à l’université de Georgetown, vient de publier le résultat de ses recherches sur ce qu’elle appelle «les donneurs de rein altruistes», dont le New York Magazine se fait l’écho. A l’inverse des psychopathes, il s’agirait de personnes prêtes à donner leur rein à n’importe quelle personne qui en aurait besoin.

«En théorie, on a une espèce où personne ne veut aider personne, explique Marsh, mais ces donneurs de reins font quelque chose que j’appelle un "extraordinaire altruisme", car c’est très inhabituel.»

Et en effet, si l’on se fonde sur les données du gouvernement américain, il y aurait seulement 1.400 donneurs à travers le pays, alors que la maladie rénale fait partie des dix maladies les plus meurtrières. De plus, donner son rein à un inconnu n’est pas un geste anodin, il s’agit de renoncer à un organe parfaitement sain.

Pour mieux comprendre ce genre de comportement, Abigail Marsh et son équipe ont décidé de faire passer à 19 donneurs les mêmes tests habituellement réservés aux personnes jugées psychopathes. Les résultats sont diamétralement opposés: il apparaît même que les donneurs bénéficient au sein de leur cerveau d’un espace consacré aux émotions bien plus grand que la moyenne. De plus, ils ne réaliseraient même pas qu’ils sont gentils, «ce qui les rend encore plus gentils», souligne Abigail Marsh.

Il s’agit de personnes qui «au lieu d’être accro au mal, sont accros au bien», selon James Fallon, neuroscientifique à l’Université de Californie. Ce qui, dans notre société, n'est apparemment pas toujours positif. Dans un article de The Telegraph, James Fallon expliquait en avril qu’il y a deux sortes d’empathie:

«L'empathie cognitive est la capacité de savoir ce que les autres ressentent, et l’empathie émotionnelle, c’est le fait de ressentir ce que l’autre ressent.»

Les psychopathes, de leur côté, savent ce que vous ressentez, mais ne le ressentent pas eux-même, ce qui leur donne un «grand avantage», selon Fallon. En particulier dans le monde du travail:

«Ils peuvent travailler très vite, explique-t-il, et donner l’impression d’avoir un QI supérieur, car ils ne sont pas concernés par des questions de morale.»

Slate.fr

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