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Le ministère de la Défense nie qu'un ancien agent de la DGSE ait rejoint al-Qaida

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 06.10.2014 à 15 h 49

Repéré sur McClatchy, Le Monde

REUTERS/David McNew

REUTERS/David McNew

Un agent des services secrets français a-t-il rejoint al-Qaida? C’est en tout cas ce que rapportait ce lundi matin le bureau de Washington du groupe de presse américain McClatchy.

Le ministère de la Défense français, interrogé par Le Monde, a reconnu l’existence de cet homme, mais nie qu’il puisse être un ancien de ses services.

«Ce Français existe mais ce n'est ni un ancien des services secrets ni même un ancien militaire; à notre connaissance, il se serait juste entraîné physiquement avec d'anciens membres de l'armée française.»

Même ton du côté du Journal du Dimanche

«Le ministère de la Défense, contacté lundi matin par le JDD, apporte "un démenti catégorique" à ces informations "vérifiées ce matin" et jugées "totalement fausses".»

Sans préciser lesquels, Le Monde explique que la confusion pourrait venir de propos tenus par l'individu lui-même à propos de ses faits d'armes.

Tout est en fait parti d'un long article de McClatchy accompagné de sources anonymes de différents agents de services de renseignement étrangers, qui avançait qu'un ancien agent de la DGSE avait rejoint le groupe terroriste.

«Nous ne savons pas si c’était un agent dormant ou s’il s’est radicalisé après avoir rejoint les services secrets», expliquait un agent européen qui connaît bien le parcours de cet homme. «J’imagine que mes collègues français travaillent dur pour le découvrir et s’ils le savent déjà, ils ne vont certainement pas raconter comment ils ont fini là-dedans. Comme vous pouvez vous y attendre, ils trouvent ça plutôt embarrassant.»

Jusque-là, on sait peu de choses sur lui. L’article de McClatchy le décrit comme un expert en explosifs qui se serait battu en Afghanistan et en Syrie aux côtés d’al-Qaida. Il aurait assemblé un groupe de cinq hommes qui opérait depuis une mosquée à Idlib, dans l’ouest de la Syrie.

Il détaillait également que l’homme serait un spécialiste dans son domaine, ce qui expliquerait les différentes confusions quant à son passé: membre des Forces spéciales françaises, du renseignement militaire ou de la DGSE –les spécialistes changeant de branches assez fréquemment.

Le mois dernier, en Syrie, les Américains auraient mené une série de 47 frappes aériennes afin de le tuer, mais cette mission se serait soldée par un échec. Selon un agent d’un service de renseignement européen, la décision de le tuer plutôt que le capturer viendrait de la volonté de garder son existence secrète.

«Peut-être qu’il vaut mieux enterrer certains problèmes, sous une pile de gravats.»

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