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L'Etat du Minnesota veut permettre aux lycéens transgenres de choisir leur équipe d’athlétisme

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 06.10.2014 à 12 h 19

Repéré sur The Washington Post, The Guardian

La proposition fait l'objet d'une campagne d'opposition d'une ligue de protection de l'enfance

Coureurs Mika Stetsovski via Flickr CC License by

Coureurs Mika Stetsovski via Flickr CC License by

La proposition n’avait (presque) pas heurté. La semaine dernière, la Ligue du secondaire de l’Etat du Minnesota se penchait sur le vote d’une directive pour permettre aux lycéens transgenres de choisir leur équipe d’athlétisme, en fonction du sexe auquel ils s’identifient, dans le respect de leur vie privée. Sauf que le projet n’a pas plu à une autre Ligue, celle chargée de la protection de l’enfance dans le Minnesota, rapporte le Washington Post.

Le week-end dernier, le groupe conservateur a fait paraître une pleine page d’annonce dans la section sport du Star Tribune, le journal local de l’Etat. Une photographie d’une douche de vestiaire interroge le lecteur: «Un homme veut prendre une douche à côté de votre fille de 14 ans. Êtes-vous d’accord avec ça ?». L’annonce a entraîné le déplacement à Minneapolis d’une centaine de membres de la communauté, l’envoi de milliers d’e-mails de protestation contre la directive, et un report du vote en décembre.

Selon MPR News, Michele Lentz, coordinatrice de la Ligue de protection de l’enfance, considère que les conséquences de la directive, et en particulier la confidentialité, pourraient être «traumatisantes»:

«Si une fille veut jouer dans l’équipe des garçons et un garçon dans l’équipe des filles, c’est une chose [...] Pensez-vous que c’est possible que dans ce genre de situation où ils utilisent les sanitaires, les douches, les toilettes, peut-être en voyage, que cette identité pourrait accidentellement être révélée?»

La Ligue va même jusqu’à envisager l’agression sexuelle.

Pour les défenseurs des lycéens concernés, ces propos déforment la directive et nient la réalité de l’identité transgenre. La Ligue de protection de l’enfance s’appuie en effet sur l’idée que le genre est un fait biologique et ne peut par conséquent pas résulter d’un choix social.

Pourtant, loin des prédateurs de vestiaires caricaturés, les élèves transgenres auraient tendance à s’isoler pour se changer, par crainte de montrer leur corps. Une parent d’élève, interrogée par le Washington Post, affirme:

«Vous n’êtes pas un garçon qui se douche à côté d’une fille [...] Il y a une différence entre vos parties génitales et votre genre, et je sais que c’est dur à comprendre [...] mais être vu comme un garçon quand vous êtes en fait une fille transgenre est incroyablement offensant.»

Les avocats soulignent du reste que les capacités physiques des filles transgenres intégrées aux équipes féminines ne surpassent pas celles de leurs camarades.

Moins de 10 personnes transgenres font chaque année une demande de changement d’équipe, ce qui fait dire aux conservateurs que l’école n’a pas à se préoccuper d’un si petit groupe. Mais pour les défenseurs de ces étudiants, le chiffre est peu élevé car ils sont complexés par leur corps et craignent le harcèlement.

Aux Etats-Unis, trente-deux Etats ont déjà pris des directives en ce qui concerne les athlètes transgenres. Plusieurs d’entre eux leur imposent de jouer avec les camarades dont le genre correspond à celui de leur certificat de naissance, et une dizaine seulement les autorise à choisir leur équipe. Dans le Minnesota, le processus envisagé incluerait des examens médicaux et un plan éducatif pour sensibiliser l’administration, le personnel et les élèves.

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