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Les utilisateurs n'aiment pas Messenger, mais Facebook s'en fiche. Peut-être à tort

Temps de lecture : 2 min

La séparation entre Facebook et sa messagerie instantanée à beau réussir à Mark Zuckerberg, elle reste très controversée et pourrait même se retourner contre lui, selon The Daily Dot.

Facebook Messenger est certes l'application gratuite la plus téléchargée sur l'Apple Store américain depuis le mois de juillet, elle est pourtant loin de susciter la satisfaction de ceux qui y sont obliger de passer par elle pour continuer à lire leurs messages. A moins de consulter le site mobile en passant par un navigateur Internet, il est en effet impossible de dialoguer avec ses amis en privé sans passer par Messenger depuis un smartphone ou une tablette.

Il ne suffit pas d'aller plus loin que sur Twitter pour constater que les utilisateurs sont mécontents de s'être fait forcer la main.

Le site d'information TechCrunch notait en juillet que, malgré le ressentiment des utilisateurs, Facebook semble convaincu que l'application aura un grand succès:

«Facebook rétorque que ses utilisateurs envoient plus de photos, de vidéos et d’autocollants avec Messenger. Ce qui suppose qu'ils en tirent une meilleure expérience. Avec ses 12 milliards de messages échangés par jour sur Messenger, Facebook veut concentrer ses efforts sur l’application et zapper la maintenance du code d’une version parallèle sur l’application principale.»

Pour Facebook, multiplier les applications est une «stratégie de long terme», comme nous le relevions sur Slate en avril. Une façon pour des grands groupes comme Google de gagner encore un peu plus «d’espace sur l’écran», constatait Quartz dans un article également publié en avril. Un grand réseau social parfaitement efficace et auquel il ne manque rien aurait ainsi intérêt à se décomposer en une galaxie de petites applications à buts spécifiques pour étendre son empire.

Une stratégie qui pourrait même rapporter à Facebook de l'argent au vu de l'éventuelle option de e-paiement, qui serait d'après Mashable, bientôt disponible sur Messenger.

Mais le procédé pourrait tout aussi bien se retourner contre Facebook. The Daily Dot commente:

«Forcer ses utilisateurs à télécharger une toute autre application pour profiter d'un service dont ils se servaient déjà peut fonctionner à court terme, puisque ces derniers y sont contraints. En revanche, (...) Messenger ne bénéficie pas de la popularité réelle dont a besoin une application pour subsister.»

Cette stratégie fait le pari que les internautes réussiront à tolérer Messenger, comme ce fut le cas pour tous les autres défauts du réseau social.

The Daily Dot relève que le réseau a suscité ces derniers temps de nombreuses polémiques, notamment avec la politique rigoureuse du «vrai nom» qui oblige un individu à présenter sa véritable identité sur son profil (depuis, Facebook a rebroussé chemin avec les drag queens) ou avec les récentes révélations sur les expériences sociales menées sur les internautes, à leur insu.

The Daily Dot conclut:

«Facebook, ces dernières années, a montré un désintérêt croissant pour sa communauté, en dépit du slogan “People first”, comme le démontre le déploiement de Messenger. Cela pourrait être sa perte, quand une communauté s'agite, elle peut se retourner contre ses maîtres.»

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