Allemagne

L'armée allemande se ridiculise avec une campagne de recrutement sexiste

Temps de lecture : 2 min

La ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen avec le général de la Bundeswehr Gert-Johannes Hagemann à Hammelburg le 2 octobre 2014. REUTERS/Wolfgang Rattay
La ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen avec le général de la Bundeswehr Gert-Johannes Hagemann à Hammelburg le 2 octobre 2014. REUTERS/Wolfgang Rattay

Bien que tous les corps de métier de la Bundeswehr, l'armée allemande, soient ouverts aux femmes depuis 2001, celle-ci peine à les attirer. À peine 10% de ses effectifs sont féminins. Afin de susciter de nouvelles vocations, l'institution multiplie les campagnes de recrutement et s'est donnée pour objectif d'atteindre le seuil de 15% de femmes dans ses rangs, comme le rappelle l'hebdomadaire Focus.

Sa dernière campagne en date a pourtant fait un flop magistral. À force de vouloir donner une image lisse et sexy d'elle-même, la Bundeswehr s'est enlisée dans un déluge de clichés sexistes, comme le résume avec sarcasme Der Spiegel:

«Une petite devinette: pour quoi fait-on ici de la publicité? Une femme est assise dans un magasin et essaye des chaussures. Derrière elle, des chaussures à talons colorées, à côté d'elle attendent ses deux filles avec une peluche. Ou bien: une femme vêtue d'une chemise moulante est face à une garde-robe. Comme si elle réfléchissait à ce qu'elle va mettre. Ou bien: une femme très maquillée en tenue de sport mettant en valeur sa plastique est assise dans un vestiaire. Employée chez Zalando? Adhésion à une salle de fitness réservées aux femmes? Faux: le commanditaire est la Bundeswehr. Et la campagne de pub ne date pas des années cinquante mais de l'année 2014.»

Un des visuels de la campagne de l'armée allemande. Via Der Spiegel

Pour la journaliste allemande Anna Reimann, le message est double:

«La campagne suggère deux choses: les femmes ne sont pas recrutées pour leurs capacités mais parce qu'elles sont belles. Deuxièmement: femmes s'intéressent seulement aux chaussures, aux vêtements et à leur apparence.»

À peine mise en ligne sur le site de la Bundeswehr ce mercredi, la campagne de recrutement a déclenché de nombreuses critiques dans la presse et sur les réseaux sociaux. Dès le lendemain, elle était retirée du site, officiellement à cause de l'étrange erreur de programmation qui l'accompagnait, rajoutant une pointe d'ironie mordante au fiasco: une des pages du site était en partie barrée par une publicité pour lingettes nettoyantes jetables, comme le montre ici une capture d'écran reprise par Der Spiegel.

Cette erreur de communication paraît d'autant plus grotesque du fait que la Bundeswehr est désormais placée sous l'autorité d'une femme, la ministre de la Défense Ursula von der Leyen (CDU), souligne Der Spiegel:

«On se demande: comment cela a-t-il pu se produire, à une époque où la chef des forces de combat est une femme?»

Annabelle Georgen Journaliste

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