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Christof Koch: quand un ordinateur sera capable de ressentir qu'il est un ordinateur, et que les machines auront une conscience

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 03.10.2014 à 14 h 44

Repéré sur MIT Technology Review

Lights of ideas / Saad Faruque via Flick CC License By

Lights of ideas / Saad Faruque via Flick CC License By

La MIT Technology Review publie un entretien avec Christof Koch, chercheur spécialisé dans la conscience embauché en 2011 par le milliardaire Paul Allen, cofondateur de Microsoft dans le cadre du Allen Institute for Brain Science. L’objectif du centre de recherches est d’étudier «chaque neurone et chaque synapse» de notre cerveau, écrit la MIT, afin d’amasser une connaissance dans le champ des neurosciences comparable au projet de décodage du génome humain…

Interrogé sur la possibilité de machines dotées de conscience, Koch se défend d’être un «fonctionnaliste»: il ne croit pas que des simulations informatiques du cerveau peuvent être conscientes. Comme il l’explique:

«Vous pouvez prédire ce que sera l’intérieur d’une tempête. Mais l’ordinateur ne sera pas mouillé à l’intérieur pour autant. Vous pouvez simuler un trou noir dans un ordinateur, mais l’espace-temps n’en sera pas déformé. Simuler quelque chose n’est pas réel.»

Pour autant, Koch croit à la possibilité d’une conscience artificielle. Sa théorie («integrated information theory») est que la conscience est le produit d’une structure, le cerveau, capable de stocker un grand nombre d’informations et de développer une interconnexion entre ses parties: un «ordinateur neuromorphique», doté d’une interface neuro-biologique qui imite le système nerveux, aurait les mêmes capacités.

«Si vous étiez capable de construire un ordinateur qui a le même circuit que le cerveau, cet ordinateur aurait aussi une conscience associée à celui-ci.»

Il serait capable de ressentir qu’il est un ordinateur, affirme le chercheur. Ce qui nous rapproche de la question de l’intelligence artificielle et du fameux test de Turing, que doit passer une machine si elle veut berner son examinateur humain au cours d’une conversation et lui faire croire qu’elle est humaine.

«Il ne fait pas de doute selon moi que nous construirons des machines intelligentes qui pourront passer le test de Turing bien avant que nous ayons compris le vrai fondement biologique de l’intelligence humaine.»

Idem pour la conscience? Ce sera plus difficile, affirme le chercheur, mais l’intelligence des machines devrait suffire à nous faire peur, même et peut-être surtout si elles ne ressentent rien. Pourquoi s’en effrayer, lui demande le journaliste. Réponse:

«Quoi, vous ne regardez pas de films de science-fiction?»

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