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La pandémie de sida serait partie de Kinshasa dans les années 1920, et voici les facteurs qui y auraient contribué

Le chemin de fer de Kinshasa, dans les années 1930. Shigemitsu Fukao via Wikimedia Commons.

Le chemin de fer de Kinshasa, dans les années 1930. Shigemitsu Fukao via Wikimedia Commons.

Dans une étude que vient de publier le magazine Science (accès payant), une équipe internationale de chercheurs retrace les origines de la pandémie de sida et lui attribue une origine géographique et historique précise: les années 1920 à Kinshasa (République démocratique du Congo).

Et ce qui est fascinant, à en lire les conclusions récapitulées dans différents journaux anglo-saxons, c’est que, si l’étude est évidemment on ne peut plus médicale (les chercheurs ont eu recours à des échantillons du virus HIV pour reconstituer son «arbre généalogique»), elle offre une présentation très claire des conditions économiques et sociales qui ont formé un «alignement des planètes» qui ont aidé l'épidémie à se disséminer, là où, note le Pacific Standard, d’autres «variantes» du virus sont restées contenues.

«Cette nouvelle étude [...] met en lumière l'importance de la compréhension des forces sociales qui alimentent les épidémies autant que des mécanismes de transmission virale», explique ainsi le National Geographic.

Sur une période de quarante ans environ, des années 1920 aux années 1960, l'étude souligne notamment les phénomènes suivants:

les pratiques alimentaires de l'époque: si le virus a pu passer du chimpanzé à l'homme, c'est parce que l'animal était chassé pour sa chair par des hommes, qui ont ensuite «probablement ramené le VIH» avec eux à Kinshasa, écrit The Independent.

le développement des transports dans l'Afrique coloniale: «Quand le virus est arrivé, Kinshasa était en plein boom. C'était la plus grande ville de la région et celle qui connaissait la croissance la plus rapide», écrit le Guardian. «Le chemin de fer développé par la Belgique voyait 1 million de personnes passer par la ville chaque année et disséminer le virus dans les régions alentours», comme Brazzaville ou les mines du Katanga, pointe la BBC. A l’époque, Kinshasa s’appelait Léopoldville et était la capitale du Congo belge.

une industrie du sexe en pleine expansion: «Un grand nombre de travailleurs mâles arrivaient en ville, déséquilibrant le rapport entre les sexes dans une proportion de deux hommes pour une femme et conduisant à une explosion du sexe tarifé», écrit la BBC. A ce facteur s'ajoute un phénomène médical: dans les cliniques qui traitaient les MST à l'époque, les injections se faisaient souvent à l'aide de seringues non stérilisées.

les migrations internationales: de nombreux travailleurs haïtiens étaient présents au Congo belge, note The Independent. Leur retour au pays y amené le virus, qui a ensuite pu se diffuser aux Etats-Unis, où il a été cliniquement observé pour la première fois en 1981. Depuis sa découverte, le virus VIH a infecté environ 75 millions de personnes au total dans le monde, dont environ la moitié sont mortes.

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