Science & santé

Les requins ont de la personnalité, certains sont plus sociables que d'autres

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 03.10.2014 à 11 h 28

Repéré sur University of Exeter, The Telegraph

Grand requin blanc Elias Levy via Flickr CC License by

Grand requin blanc Elias Levy via Flickr CC License by

Des grands requins blanc des Dents de la mer à leurs homologues gentils de Gang de requins, les poissons de cinéma se suivent sans se ressembler. Dans la réalité aussi, ces animaux ont des personnalités différentes qui influent sur leurs relations avec les autres, rapporte The Telegraph. Du moins, pour une espèce.

Le phénomène a été montré pour la première fois dans une étude publiée jeudi 2 octobre par des chercheurs de l’université d’Exeter et de la Marine Biological Association du Royaume-Uni. Pour cela, ils ont étudié le comportement de dix groupes de jeunes petites roussettes tachetées en captivité, venus de trois habitats différents, au nord-est de l’Atlantique et en Méditerranée. Les animaux ont été placés dans de grands réservoirs, dans des environnements plus ou moins encombrés.

Pour survivre, une des techniques utilisées par ces requins consiste à se rassembler en groupes. Or si la structure de ces formations sociales est mouvante, les scientifiques ont constaté que certaines roussettes étaient toujours bien intégrées dans le clan qu’elles rejoignaient. Le docteur David Jacoby, un écologiste comportemental qui a participé à l’étude, indique:

«[...] Leurs positions dans le réseau social se répétaient à travers le temps et les différents habitats [...] Ce qui est intéressant, c’est que ces comportements diffèrent de manière constante parmi les individus.»

Ces manières de se comporter semblent correspondre à des stratégies de survie différentes: les requins les plus sociables échappent aux prédateurs parce qu’ils restent en groupe. En revanche, leurs camarades plus solitaires sont obligés d’utiliser le camouflage pour se protéger et font correspondre la couleur de leur peau à celle du gravier du fond de l’eau.

En Allemagne, un doctorant de l’Université de Humboldt travaille sur l’existence de personnalité chez une autre espèce, le requin-citron, dans les Bahamas, rapporte la BBC. Selon lui, les résultats obtenus au Royaume-Uni ne sont pas étonnants car le phénomène a été repéré dans presque chaque espèce animale. Ses propres recherches ont permis de détecter des preuves préliminaires que les requins sont plus ou moins doux ou agressifs.

Les résultats de l’étude menée sur les roussettes sont cependant à relativiser, selon le site io9:

«Cela vaut la peine de souligner qu’il s’agit d’une étude en captivité. Alors qu’elle a donné aux scientifiques une occasion de manipuler et de contrôler leurs expériences, le comportement qui s’ensuit n’est peut-être pas entièrement représentatif de celui des requins sauvages.»

Les chercheurs veulent maintenant savoir si la personnalité des animaux est un acquis de plusieurs siècles ou dépend de l’environnement et des prédateurs auxquels ils sont confrontés. Le professeur William Hughes, expert du comportement animal, explique:

«Nous savons que l’environnement doit affecter la personnalité. Mais comprendre dans quelle mesure, et à quel point la force de la personnalité est génétique et à quel point elle dépend de l’environnement, est le prochain champ d’étude.»

 
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