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Au nom des lois antiterroristes américaines, Vice pourrait être poursuivi pour son documentaire sur Daech

Temps de lecture : 2 min

Vice News / YouTube
Vice News / YouTube

Le documentaire de Vice News sur l'organisation Etat islamique (Daech) pourrait bien être considéré comme illégal aux Etats-Unis. Visionnée plus de trois millions de fois, la vidéo disponible sur YouTube fait débat outre-Atlantique et n’est pas à l’abri d’un procès, explique dans The Atlantic Andrew F. March, professeur de science politique à Yale.

En vertu de la législation américaine, il est en effet possible que le documentaire viole l’interdiction de fournir un soutien matériel à des organisations terroristes. L’objectif de cette loi est d’empêcher les citoyens américains de pourvoir n’importe quel soutien matériel, financier ou stratégique et ainsi de criminaliser toutes contributions. C’est cette législation qui a, entre autres, empêché les familles des deux journalistes américains assassinés par Daech, James Foley et Steven Sotloff, de payer les rançons exigées.

Mais alors, qu’en est-il des médias? Le journaliste Medyan Dairieh, qui s’est rendu sur les territoires contrôlés par l’organisation terroriste, est selon Vice News «le premier et le seul journaliste à avoir pu documenter son infiltration au sein de Daech». L’immersion de Medyan Dairieh et la communication autour de la publication de ce documentaire relèvent-elles d’un service accordé à Daech?

Dans une affaire qui date de 2011, la Cour suprême des Etats-Unis a donné raison au gouvernement américain en condamnant à 17 ans de prison Tarek Mehanna, un citoyen de confession musulmane, pour avoir traduit des textes et des vidéos favorables aux activités et à l’éthique djihadistes, bien qu’il ne partage pas leur point de vue.

«Aucune des phrases traduites n’expliquaient comment fabriquer une bombe, falsifier un passeport ou s’infiltrer dans une zone de combat, rapporte Andrew F. March. Le discours traduit défendait un certain point de vue (qui s’est à l’époque dissocié de celui d’al-Qaida). Mais le procureur a informé le jury que si la première façon de pourvoir un soutien matériel était d’intégrer l’organisation, l’autre manière était d’en faire l’apologie auprès de ses amis qui seraient susceptibles de vouloir intégrer un groupe terroriste en lisant les traductions.»

Pour Andrew F. March, il s'agit d'une atteinte à liberté d’expression. Actuellement, rien n’empêche le gouvernement américain de poursuivre Vice pour crime fédéral pour avoir montré une autre facette de Daech que celle diffusée par la plupart des médias occidentaux.

« Vous n’avez même pas besoin d’avoir l’intention de rejoindre un groupe terroriste. Vous pourriez tout aussi bien être condamné pour avoir voulu répandre la paix (…) ou en [étant journaliste]. (…) Il est peu probable que Vice soit poursuivi par le gouvernement, cependant cela prouve à quel point les lois antiterroristes peuvent donner un aspect criminel à un comportement qu’il est difficile d’imaginer comme tel. »

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