Santé / Sciences

Quand les températures s'affolent, il y aurait moins de bébés de sexe masculin

Temps de lecture : 2 min

 Une échographie Jerry Laivia Flickr CC License by
Une échographie Jerry Laivia Flickr CC License by

Si le réchauffement climatique continue, les femmes pourraient bientôt être en majorité sur la planète (aujourd'hui, selon l'Ined, il y aurait à peu près 102 hommes pour 100 femmes). Au Japon, Live Sciences rapporte que l’équipe du docteur Misao Fukuda, du M&K Health Institute d’Ako, a constaté un parallèle entre le sexe des foetus qui arrivent à terme et les fluctuations importantes de températures.

Les scientifiques ont confronté les relevés de température mensuels au Japon entre 1968 et 2012 avec les données des morts foetales après 12 semaines de grossesse et celles des naissances d’enfants sur la même période. Alors que l’été 2010 a été très chaud, ils ont constaté que le nombre de foetus mâles décédés en septembre a augmenté. Cela s’est traduit par un ratio de filles plus important dans les naissances quelques mois plus tard. Le même événement s’est produit au cours de l’hiver 2011, où à l’inverse, le mercure est descendu particulièrement bas.

Les chercheurs n’ont pour l’instant pas prouvé la corrélation entre ces deux phénomènes. En Finlande et en Nouvelle-Zélande, où les variations de températures sont bien moins importantes qu’au Japon, aucun lien n’a été établi entre les deux variables entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe.

En 2011, une étude de l’Université de Berkeley fondée sur 150 ans d’archives de familles a montré que les fausses couches de foetus masculins seraient plus nombreuses lorsque les températures sont froides, selon Motherjones. En revanche, quand le climat se réchauffe, il tromperait le corps des futures mères: elles conserveraient alors des foetus mâles qu’elles auraient dû rejeter pour leur faiblesse génétique. Si les bébés issus de ces foetus sont confrontés à des températures basses au début de leur vie, cela pourrait entraîner une augmentation de la mortalité infantile. Mais à long terme, les hommes qui survivent transmettraient leurs gènes forts, et nous devrions être capables de mieux nous adapter aux bouleversements climatiques.

Les chercheurs japonais admettent que d’autres facteurs peuvent influer sur le rapport des sexes dans la population, comme les toxines de l’environnement ou la pollution. D’autant qu’on ne sait pas exactement à quoi est due la faiblesse des foetus mâles, même s’il semble que ces derniers soient affectés notamment par le stress dû par les tremblements de terre ou les agents toxiques.

Les variations ont cependant de quoi inquiéter, comme le souligne ironiquement le site féminin The Mary Sue:

«Ce n’est probablement pas une bonne chose pour le futur de la race humaine dans son ensemble [...] Peut-être qu’il est temps pour ces gars chargés de la plupart des gouvernements mondiaux et des entreprises énergétiques milliardaires, je ne sais pas, de commencer à y prêter un peu plus attention maintenant ? Vous savez, faire un usage utile de ces stéréotypes de genre auto-suffisants?»

Slate.fr

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