Monde

La guerre du houmous, l'autre conséquence du conflit israéo-palestinien

Temps de lecture : 2 min

Détail d'une affiche de la campagne de publicité de la marque de houmous Tribe.
Détail d'une affiche de la campagne de publicité de la marque de houmous Tribe.

A New York, une campagne publicitaire lancée cet été et qui durera jusqu'à mi-octobre ne passe pas inaperçue. Pour combler son retard sur le marché par rapport à sa concurrente Sabra (67% du marché), la marque de houmous israélien Tribe a créé des affiches qu'elle a publiées dans les médias et accrochées dans les stations de métro. Ce ne sont pas les slogans à double sens («Si bon, il donne même un meilleur goût à votre doigt» [So good, it even makes your finger taste better]) qui ont créé la polémique, raconte New York Mag, mais la signature: «Soit vous êtes un membre soit vous ne l'êtes pas» [You're either a member or you're not].

En effet, lorsque les premières affiches sont accrochées, on est au coeur de l'opération Bordure protectrice pendant laquelle les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait 2.200 morts. Cette campagne publicitaire a donc posé problème à certains.

Un mouvement de protestation s'est élevé: de nombreuses affiches ont été taguées pour appeler au boycott du produit et des autocollants «Apartheid» ont été collées dans les métros ou les stations.

En réponse, une contre-campagne publicitaire a été créée et accrochée dans la ville.

Ellis Verdi, président de DeVito/Verdi, l'entreprise qui a créé la campagne, s'en défend: on ne parle ici que de houmous. Pour lui, les affiches ne sont pas politiques et il maintient que si certains y voient une référence à Israël, elle est tout à fait accidentelle.

Les publicités auraient donc été sorties de leur contexte. Mais selon le BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanction), «Osem [le groupe qui a importé aux Etats-Unis la marque Tribe en 2008, NDLR] est un partisan et un partenaire du fonds national juif, une organisation qui contrôle 93% des terres en Israël et dans les colonies illégales».

Au-delà de cette problématique politique, le houmous lui-même est un sujet sensible. Libanais, Palestiniens et Israéliens se disputent sa paternité depuis des années. Plus qu'un aliment, le houmous est un symbole culturel. En 2013, le film Make hummus, not war, «Faites du houmous, pas la guerre», tentait de tirer un trait sur les rancunes historiques pour unir ces trois peuples.

Newsletters

Renvoyer les demandeurs d'asile chez eux est une erreur

Renvoyer les demandeurs d'asile chez eux est une erreur

Rapatrier les réfugiés dans des pays dangereux contrevient au droit international et alimente les conflits, l'instabilité et les crises. Il existe de meilleures alternatives.

En Iran, les balles qui tuent les protestataires sont facturées à leurs proches

En Iran, les balles qui tuent les protestataires sont facturées à leurs proches

Selon des témoignages recueillis par Amnesty International, des officiels ont demandé à certaines familles de donner de l'argent pour obtenir la dépouille des personnes tuées.

Pourquoi les malheurs du prince Andrew fascinent l'Amérique

Pourquoi les malheurs du prince Andrew fascinent l'Amérique

Trempé dans les affaires de Jeffrey Epstein, le prince Andrew a démissionné de ses fonctions royales. Hypocrisie ou déontologie, au moins la Couronne marque-t-elle le coup.

Newsletters