Culture

Les Timorous Beasties, as écossais du papier peint sous acides

Temps de lecture : 2 min

Détail de «Omni Splat» des Timorous Beasties.
Détail de «Omni Splat» des Timorous Beasties.

En fiers Glaswegians qu'ils sont, peut-être les deux membres écossais des Timorous Beasties n'apprécieraient-ils pas la comparaison. Pourtant, il y a chez eux quelque chose d'Agatha Christie ou de Ruth Rendell, vieilles dames anglaises à boucles bien ordonnées, qu'on imagine fleurer le talc Yardley à la lavande et siroter du thé à petites gorgées tout en écorchant d'une plume sans pitié innocentes victimes et clichés éculés de l'establishment.

Ils sont comme ça, les Timorous Beasties. Les deux solides gaillards qui se cachent sous cet ironique nom de code (rien de timoré chez ces bestioles-là) ont fondé leur studio de design graphique et textile en 1990. Paul Simmons et Alistair McCauley –respectivement diplômés du Royal College of Art de Londres et de la Glasgow School of Art– militent depuis pour la survie du fauteuil tapissé, du sacro-saint rideau de chintz, du papier peint et de la toile de Jouy. Mais en version trash, tatouée, in your face. Et en utilisant des techniques d'impression nouvelle génération, qui font hurler les couleurs.

Merian Palm

Un design réalisé pour la marque Tektura

On les avait justement connus avec leur détournement de toile de Jouy: les scènes bucoliques d'amour courtois y sont remplacées par les instantanés réalistes d'un Glasgow ou d'un Londres peuplé de junkies, d'hommes d'affaires pressés, de membres d'Anonymous, de détritus et d'architecture avant-gardiste.

Les plus récentes collections de tissus et papier peints des Timorous Beasties, à l'instar d'Opera Botanica ou de Bloody Empire, ne sont pas loin d'évoquer une collaboration sous acide entre William Morris et Gustave Moreau.

Bloody Empire

«Surréaliste et provocant», de leur propre aveu. L'Ecosse a dit «non», mais ce n'était pas son dernier mot.

Opera Botanica

Elodie Palasse-Leroux

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