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Un bijou caché de Netflix: «Bojack Horseman», la déprime hilarante

Bojack Horseman chez son éditeur (un pingouin).

Bojack Horseman chez son éditeur (un pingouin).

Le héros de cette série animée proposée par Netflix est une ex-star de sitcom des années 1990 dépressive et alcoolique. Ah, et c'est un cheval.

On ne vous fera pas l'injure de vous rappeler le principe de Netflix, l'arrivée en France mi-septembre du service de SVOD ayant été largement évoquée dans les médias. On ne peut hélas pas en dire autant d'un des bijoux de productions originales proposées par Netflix: la série animée Bojack Horseman.

Reconnaissons que, contrairement aux acteurs de Orange is the New Black ou Hemlock Grove, le casting de cette perle n'avait pas fait le déplacement à Paris pour le lancement de Netflix. Dommage: croiser Will Arnett (Arrested Developpment), Alison Brie (Community) ou Aaron Paul (Breaking Bad) à ce pince-fesse aurait sans doute provoqué une cohue hystérique de sériephiles digne d'un premier rang de show des One Direction.

Bojack Horseman, dont la première saison de 12 épisodes a donc débarqué discrètement en France le 15 septembre, se déroule dans un monde où cohabitent humains et animaux dépeints de manière anthropomorphique. Le héros est d'ailleurs un cheval, ex-star d'une sitcom culte des années 1990, qui tente de faire son come-back en achevant de rédiger ses mémoires. Paresseux et ronchon, Bojack doit faire équipe avec une auteure pour terminer son ouvrage, tout en gérant tant bien que mal son colocataire désœuvré et son agente (une chatte).

La bande-annonce rend plutôt fidèlement justice à la folie ambiante de ce programme qui dézingue les travers d'Hollywood au moins aussi bien –sinon mieux– que le dernier Cronenberg:

 

Créé par Raphael Bob-Waksberg, dont c'est la première création télévisuelle après diverses tentatives restées à l'état de pilote, Bojack Horseman évoque un mix entre les séries Kenny Powers (Eastbound & Down, en VO) et Rick and Morty. A la première, il emprunte la figure du has been mégalo et imbuvable en anti-héros; à la seconde, la frénésie visuelle et absurde permise par l'animation, avec pléthore de gags visuels subtils insérés au second plan –dont certains ajoutés de leur propre chef par les animateurs, à en croire Bob-Waksberg dans sa session de questions/réponses tenue la semaine dernière sur Reddit.

Le lancement de la série a fait l'objet d'un certain malentendu d'une bonne partie des critiques américains à qui Netflix n'avait pas daigné proposer l'intégralité de la saison avant de la mettre en ligne. Un bon nombre d'articles ont ainsi été rédigés par des critiques pas vraiment emballés n'ayant vu que six voire deux épisodes uniquement de la série.

Une hérésie tant sa richesse réside dans le basculement de ton, bien plus sombre, à l'œuvre dans la deuxième partie de la saison. Le site Vulture (dont le rédacteur avait pour le coup regardé l'intégralité de la saison) a même été jusqu'à qualifier Bojack Horseman de «la série la plus drôle jamais réalisée sur la dépression». Derrière la formule oxymorique, on tient sans doute la meilleure description possible de ce show inclassable.

Cet aspect doux-amer, alternant phases de spleen et déballages de vannes hilarantes, est parfaitement traduit par le générique de la série, illustré par un instrumental signé Patrick Carney, le batteur des Black Keys:

Et ne parlons pas du générique final, encore plus «littéral» dans ses paroles, concocté par le groupe Grouplove:

 

«And I'm trying to hold on to my past / It's been so long, I don't think I'm gonna last» («j'essaie de m'accrocher à mon passé, ça fait si longtemps, je ne pense pas que ça puisse durer»): pas vraiment le genre de bluette pop et funky qu'on imaginerait en conclusion de chaque épisode d'une comédie.

Une saison 2 de cette petite merveille a d'ores et déjà été commandée par Netflix, pour un lancement prévu à l'été 2015.

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