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En Afrique de l'Ouest, on peut mourir à cause d'Ebola sans attraper le virus

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 27.09.2014 à 10 h 43

Repéré sur The Washington Post

À Monrovia (Liberia). REUTERS/James Giahyue.

À Monrovia (Liberia). REUTERS/James Giahyue.

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest menace de faire des «victimes collatérales» en affectant la santé de personnes non frappées par le virus. Le Washington Post rapporte en effet que l’épidémie «provoque des perturbations majeures dans les systèmes de santé et qu’il existe de nombreux signes que des femmes enceintes au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée pourraient mourir à cause d’Ebola sans même attraper la maladie».

En effet, les hôpitaux ont peur d’accueillir des femmes enceintes de peur qu’elles n’attrapent le virus, et les femmes elles-mêmes ont peur de se rendre dans un hôpital et d’accroître leur risque d'être contaminées. Selon l’OMS, le pourcentage de femmes recevant des soins prénataux dans les six semaines suivant la confirmation de leur grossesse est passé dans la région de 49% au printemps 2013 à 25% au printemps 2014, période qui a vu le début de l’épidémie. Les données plus précises sur la mortalité maternelle et infantile ne sont pas encore disponibles mais, selon Carolyn Miles, présidente de l'ONG Save the Children, «elles ne seront pas bonnes».

Un reportage du même Washington Post au Liberia décrivait récemment comment des gens y meurent de maladies qu’on peut normalement prévenir ou guérir comme la malaria, la diarrhée, la pneumonie… Concernant le sort des femmes enceintes, le journal racontait cette histoire glaçante:

«Quand le jour de l’accouchement est arrivé pour Fatumata Fofana, dans les derniers jours de juillet, elle n’a pas pu accéder à l’hôpital JFK, le plus grand de la ville [de Monrovia, ndlr], qui était fermé à l’époque. Des membres de sa famille lui ont finalement trouvé une place dans une clinique, mais des complications sont survenues. Son frère, explique qu’il a, dans son désespoir, envoyé un ami parcourir la ville pour chercher de l’aide, en vain. Deux jours plus tard, Fofana, âgée de 35 ans, a été transférée dans une autre clinique à environ 1 km de son domicile, où un assistant chirurgien était de garde. Mais son bébé est mort. Puis peu après, Fofana elle-même.»

Selon l’OMS, les taux de mortalité maternelle en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les trois pays les plus touchés par l’épidémie d’Ebola, sont respectivement de 650, 640 et 1.100 morts pour 100.000 naissances (à titre de comparaison, en France, ce chiffre est de 9).

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