Tech & internet

Les photos ratées de votre adolescence ne disparaîtront jamais vraiment

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 26.09.2014 à 15 h 00

Repéré sur NYmag, The Dish

 Twentyfour Students via Flickr CC License by

Twentyfour Students via Flickr CC License by

Nos clichés «appareil dentaire et boutons d'acné» n’ont –malheureusement– pas disparu en même temps que Skyblog. Pire, ils sont parfois restés stockés des années sur des plateformes en ligne sans que l’on s’en aperçoive, raconte Maureen O’Connor sur le NYmag.

Lors d’une simple recherche sur la banque d’images en ligne Flickr, elle a constaté qu’elle était déjà enregistrée en tant qu’utilisatrice. Plus jeune, Maureen O’Connor avait utilisé le service pour partager du contenu:

«Et là, devant mes yeux, s’étalaient 6,4 gigabites de photos laides et exubérantes de ma jeunesse [...] Dix ans plus tard, je n’arrivais pas à croire au contenu osé que j’avais inconsidérément rendu public [...]»

La journaliste a également retrouvé dans la messagerie liée à son compte des e-mails d’hommes qui cherchaient à rentrer en contact avec les adolescentes dont les images étaient restées figées sur Internet.

Elle s’inquiète de l’impact de ces images sorties de leur contexte, comme ont pu l’être les photos piratées de célébrités nues. Faire remonter à la surface d’anciennes informations devient un moyen de nuire à l’image que l’on veut donner aux autres:

«L’Internet d’aujourd’hui est un baril de poudre à ruiner une réputation, emballé de photos compromettantes, d’e-mails embarrassants, et les déclarations imprudentes sur les réseaux sociaux ont été considérablement traitées.»

Sur The Dish, Andrew Sulliwan estime que le problème que nous avons avec nos vieilles photos est plus dû à notre orgueil qu’à Internet. Peut-être faut-il changer le rapport que l’on entretient avec son image:

«J’ai depuis longtemps abandonné tout intérêt pour le contrôle de mon apparence physique sur les photos. Comme tout sur le web, la seule façon de rester sain d’esprit est de ne pas d’y attacher. [...] A un certain moment, je me suis rappelé que tout cela était simplement une forme mineure d’humiliation et qu’il est bon pour l’âme de l’endurer.»

Quoi qu’il en soit, ces données sont quelque part sur le web. Il est d’autant plus compliqué de surveiller leur devenir que leur suppression totale est rendue extrêmement ardue par la multiplication des supports de stockage, que l’on ne connaît pas tous:

«Les photos n’étaient pas seulement sur la pellicule de mon appareil photo, mais dans chaque application de retouche photo, de messagerie et de rencontre que j’avais utilisée [...]»

Le processus d’effacement de Flickr implique de retrouver d’anciennes adresses e-mails et mots de passe, autrement dit de réactiver des informations personnelles. La difficulté est la même pour ceux qui tentent d’exercer leur «droit à l’oubli» sur Google. La journaliste Lucie Ronfaut, qui a vu sa photo accolée à une page la qualifiant de «russophobe pathologique», s’est vue refuser sa suppression au motif qu’elle «présentait un intérêt pour le public». En France, poursuivre les démarches en France implique de déposer plainte auprès de la Cnil, qui n’y a apporté aucune réponse pour l’instant.

NB : Oui, la photo d’ado qui illustre cet article a été trouvée sur Flickr.

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