Monde

Frappes contre l'État islamique: vers une «guerre sans fin» au Moyen-Orient?

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 25.09.2014 à 10 h 13

Repéré sur Reuters, The New York Times, The Guardian

Des appareils américains au-dessus de l'Irak, le 23 septembre 2014. Air Force/Handout.

Des appareils américains au-dessus de l'Irak, le 23 septembre 2014. Air Force/Handout.

Et si, en bombardant l’État islamique –l’organisation responsable de l’exécution de deux otages américains et un britannique et dont une nouvelle «filiale» algérienne, les «Soldats du califat», vient d’annoncer l’exécution de l’otage français Hervé Gourdel– les États-Unis, et d’autres pays occidentaux avec eux, s’étaient engagés dans une guerre sans fin? C’est l’analyse développée par le chroniqueur de Reuters Jack Shafer dans un post intitulé «Guerre sans fin: les États-Unis pourraient toujours se battre en Syrie en 2024, 2034, 2044...»

Shafer parle d’une «guerre en bruit de fond», une «guerre avec une conclusion que ses participants ne peuvent pas voir et ne peuvent pas imaginer, et qui est donc une guerre sans fin», et estime que cette «guerre perpétuelle» menée par les Etats-Unis est compliquée par le fait que «les ennemis de leurs ennemis ne sont pas automatiquement leurs amis», le régime de Bachar el-Assad faisant par exemple partie des adversaires de l’État islamique.

Shafer cite Tom Ricks, journaliste chez notre partenaire Foreign Policy, qui ne sait pas s’il faut appeler ces hostilités «une nouvelle étape d’une nouvelle guerre de Trente ans» qui aurait commencé avec la première Guerre du Golfe de 1991, ou carrément «un nouveau chapitre de la guerre liée à la chute de l’Empire ottoman», qui aurait donc commencé en… 1914:

«J’ai peur que Tom Ricks, en faisant l’hypothèse d’une guerre longue de trente ans, sous-estime le chiffre par deux ou par trois. En bombardant la Syrie, le président Obama, qui a hérité de cette guerre, l'a faite sienne, en a fait celle du prochain président, en a fait la nôtre. Aujourd’hui, demain et aussi loin que nous puissions voir. La guerre perpétuelle pour la paix perpétuelle.»

Mi-septembre, le New York Times affirmait que Barack Obama lui-même, dont le mandat se termine en janvier 2017, envisageait une guerre longue. Le président américain aurait déclaré:

«C’est un problème que devra affronter le prochain président, et probablement son successeur.»

L’idée d’une «guerre de Trente ans», en référence au conflit entre catholiques et protestants qui avait déchiré l’Europe dans la première moitié du XVIIe siècle, avait déjà été développée par Richard Norton-Taylor, le chroniqueur défense du Guardian, en juin:

«Si l’extrémisme islamiste est l’ennemi commun, et qu’il n’y a pas de déploiement militaire efficace (ou même s’il y en a un), à quoi faisons nous face si ce n’est une génération de guerre et de conflit […] autour de l’éclatement des implantations coloniales et des lignes arbitraires entre les zones sunnites et chiites tracées dans le sable après la Première Guerre mondiale?»

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